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La Lettre des Achats - Janvier 2019 N°278
Janvier 2019

Management

Chroniques

Conduite du changement
Des fournisseurs en gilet jaune ?

Achats responsables
Solliciter la différence pour être différenciant

Déplacements et voyages d’affaires
Du Corporate Travel Management au Corporate Mobility Management ?

Par Brigitte Jakubowski

Déplacements et voyages d’affaires

Du Corporate Travel Management au Corporate Mobility Management ?

Le marché mondial des dépenses de voyages d’affaires s’inscrit dans un cadre global de tendances lourdes à caractère économique, sociétal et technologique qui impactent de plus en plus les politiques de déplacements des entreprises.

« Nous sommes tous connectés à internet comme des neurones dans un cerveau géant. ». Cette phrase a été écrite par Stephen Hawking (1942-2018). L’IoT (Internet Of Things ou Internet des objets connectés) est devenu notre quotidien. À l’instar de ceux de la nouvelle économie, les agrégateurs de mobilité tels Citeazy, Ector ou Travel Spirit proposent de nouvelles expériences clients qui vont bousculer les acteurs historiques autour du concept de Maas (Mobility as a service). L’IoT (Internet Of Things ou Internet des objets connectés) est devenu notre quotidien. Les fournisseurs du marché des voyages d’affaires (Agences de voyages, éditeurs etc.) seront de plus en plus déstabilisés par les effets d’un marché hautement technologique. Certes de nouveaux outils se développent mais répondront-ils pleinement à la demande des clients et n’est-il pas déjà trop tard ?

Les limites du système


Les entreprises souhaitent maintenir le cap en s’appuyant sur des fondamentaux rassurants tels que le maintien des règles, les achats aux meilleurs prix et la conformité des processus existants. Malheureusement, le taux de respect des politiques de déplacements est en berne et le système a atteint ses limites. Déjà, 50 % des entreprises considèrent qu’elles ne peuvent pas faire ou très peu d’économies. La pratique d’achats en direct dite d’Open Booking s’affiche en croissance constante et atteint presque 30 % des budgets d’entreprises.
En outre, le besoin de bien-être au travail pousse les collaborateurs à une irrésistible autonomie. Le voyageur fait fi des obligations et dispositifs mis en place en termes de RSE et de RGPD. Il s’agit à la fois d’une remise en cause fondamentale des procédures de l’entreprise, d’un refus de se déplacer dans des conditions considérées trop restrictives, et d’un choix assumé par le collaborateur d’être considéré ou partie prenante dans les décisions de déplacements
Pour tenter d’arrêter cette hémorragie, les entreprises placent [enfin] l’utilisateur au centre de la gestion des déplacements. Elles souhaitent désormais stimuler les voyageurs, notamment par de la rémunération, pour qu’ils respectent des règles qu’ils rejettent pourtant de plus en plus. Cette approche pourrait se substituer aux programmes de fidélité qui ont désormais perdu de leur attractivité. Ou comment renforcer le respect des politiques de mobilité sans pour autant considérer qu’il s’agit malgré tout d’un aveu d’échec… Cette option de bonification intuitu personae risque d’être rapidement adoptée via des startups proposant en direct rémunération, bons d’achats ou troc… Ce qui ne répondra pas aux objectifs de l’entreprise car hors de leur périmètre d’actions et de contrôle.

Le comportement voyageur au cœur


Alors ne devrait-on pas plutôt intégrer dans la stratégie de Travel Management, la prise en compte de la culture de l’entreprise, la typologie de voyageurs en fonction des générations présentes (XYZ par exemple) et réfléchir à des dispositifs adaptés ? Intégrer de nouveaux talents est désormais crucial et la politique de voyages en est un des éléments majeurs. Comprendre les comportements d’achats, adapter ses négociations en fonction de ceux-ci, admettre que la compétitivité tarifaire est devenue une jungle qui n’est plus sous contrôle seraient autant d’axes de réflexion salvateurs.
L’IA (Intelligence Artificielle) sera-t-elle notre bouée de sauvetage pour un pilotage optimal de l’activité Voyages ? Peut-être, mais la réponse sera non si au cœur du système ne se trouve pas le comportement du voyageur qui reste encore méconnu en termes d’indicateurs et de gestion des risques. Une approche plus souple mais maîtrisée intégrant non pas un renforcement des contrôles mais une meilleure écoute des voyageurs permettra un glissement progressif du Corporate Travel Management vers le Corporate Mobility Management de demain.

Brigitte Jakubowski – JK Associates Consulting
Auteure de « Stratégie et Management du Voyage d’Affaires » Editions Dunod
bj@jk-ac.com
www.jk-ac.com

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