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La Lettre des Achats - Septembre 2018 N°274
Septembre 2018

Éditorial

Disruption

Par la rédaction

Disruption

Rappelons-nous : il y a tout juste six ans, le groupe PSA était au bord du gouffre : pertes massives, fermeture du site d’Aulnay près de Paris, syndicats en ébullition, actionnaires montrés du doigt, etc.

Notre titre « Le lion est mort, vive le lion ! » (LDA 208) annonçait quand même des jours meilleurs. Depuis, la recomposition du capital (avec l’entrée du chinois Dongfeng), l’arrivée de Carlos Tavares, les efforts de l’entreprise, le lancement de nouveaux modèles qui battent des records (les SUV Peugeot 3008 et 5008 notamment) ont produits leurs effets : le lion va mieux ! Beaucoup mieux. Pour le premier semestre 2018, le groupe annonce un chiffre d’affaires de 38,6 milliards d’euros en hausse de 40,1 %, un bénéfice net record de 1,48 milliard d’euros, +18 % tout de même ! Certes, Opel, racheté à GM, contribue à l’ensemble mais le groupe souligne que la marque allemande (et son satellite anglais, Vauxhall) est désormais rentable, un résultat que n’était jamais parvenu à obtenir son précédent propriétaire durant ses seize derniers exercices… Mais pas question de s’arrêter là : Opel doit encore réduire ses coûts de 700 euros par véhicule produit d’ici 2020. Outre-Rhin, les tensions restent vives avec les syndicats. L’externalisation annoncée du centre de R&D d’Opel a du mal à passer. Mais les synergies avec le groupe en sont probablement le prix à payer…
En dépit de la crise, entre 2008 et 2018, le marché automobile mondial a progressé de 50% ! La production est passé de 69 millions de véhicules à 98 millions cette année. Les Etats-Unis et la Chine portent les trois-quarts de cette croissance. Mais que seront les dix prochaines années sur fond de guerre commerciale (Etats-Unis-Chine-Europe), de mutation technologique (fin du diesel, voitures électriques, autonomes voire volantes) et de révolution des usages (co-voiturage, millennials peu intéressés, normes d’émission de CO2 renforcées, etc.) ? Les profits reculent (Chrysler-Fiat, le groupe Daimler, Ford, etc.). Après Genève, les constructeurs désertent les halls d’exposition du prochain Mondial de Paris (trop chers ?). Et le nouveau monde des voitures électriques, comment se porte-t-il ? Tesla (US) en arrive aux recettes de l’ancien monde : demander à certains de ses fournisseurs (pas plus de dix, promis…) de leur retourner de l’argent versé pour soutenir ses besoins en cash (Wall Sreet Journal).… C’est ça, la promesse des disrupteurs ?
Dans le même temps, les vieux constructeurs redressent la tête. Renault après avoir « tué » sa marque sportive emblématique l’a finalement ressuscitée et de fort belle manière en l’intégrant dans sa stratégie sportive (F1) et Premium. Vous lirez ici l’entretien avec Yildiz KapraK, directrice des achats Alpine et Sport Premium. Vous saurez tout d’un projet où marketing, achats et fournisseurs ont combiné leurs actions pour faire renaître le mythe. Le moteur thermique n’a pas dit son dernier mot… La disruption ne vient pas forcément de là où on l’attend !
Vous n’en aurez pas fini avec l’automobile. Dans notre dossier Marché, nous revenons sur les pressions qu’exercent entreprises et utilisateurs sur les acheteurs. Un cas d’école pour la mesure d’un TCO ! Notre dossier du mois : les achats et la supply chain. Eternel sujet à propos d’un voisinage de toujours. Alors que les enjeux du transactionnel tendent à masquer les chantiers engagés en amont (nouveaux circuits de vente, nouveaux modes opératoires), le rôle des achats pour fluidifier toute une chaîne d’intervenants (jusqu’aux derniers arrivants de la blockchain) nous parait essentiel ! Bonne rentrée.

Par la rédaction

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