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Par la rédaction

Directeurs achats : expérimentés et exposés

Avec cette année un turn over important, particulièrement dans les très grands groupes, la fonction de directeur achats affirme sa présence à proximité des instances dirigeantes. Le sujet achats est régulièrement porté à l’attention des DG et dans de nombreux cas, la fonction leur est directement rattachée.

Les directions achats ont beau s’efforcer d’inscrire leurs actions dans le long terme avec 33 directeurs achats ayant pris leurs fonctions depuis moins de dix mois dans la liste des 245 directeurs achats qui entrent dans le panel du TOP250* la fonction de directeur achats continue de s’affirmer comme particulièrement propice à la mobilité. Ce turn over reste sans comparaison avec l’année 2014-2015 où 45 directeurs achats avaient changé d’entreprise (voir La Lettre des Achats n°243), mais c’est plus que l’an dernier avec 28 changements enregistrés.

Changement de têtes dans les grands groupes


Cette année, c’est apparemment dans les très grands groupes que le vent du changement a soufflé le plus fort, avec huit nouveaux directeurs achats parmi les 13 premières entreprises françaises. AXA, Carrefour, EDF, PSA, Engie, Auchan, Orange, Saint-Gobain. Et cette année encore, les métiers d’origine de ces nouveaux entrants apparaissent très variés. On trouve parmi eux deux directeurs achats chevronnés venus d’un autre groupe du TOP250, un DG de business unit, une experte du contrôle de gestion, un financier, un patron de l’immobilier et une spécialiste des RH.
Sous l’influence de ces nouveaux – dont beaucoup ne le sont pas puisqu’ils ne font que passer d’une direction achats du TOP250 à une autre – la sociologie du directeur achats évolue légèrement. Du point de vue de l’équilibre entre hommes et femmes, elle suit l’évolution des équipes achats, puisque l’on peut noter une augmentation de la part des femmes, à 27,75 % au lieu des 27 % enregistrés l’an dernier. A ce rythme-là, la parité n’est pas pour demain, mais c’est tout de même beaucoup mieux qu’il y a huit ans, quand seul 12 % de notre panel n’appartenait pas à la gent masculine.
Pour ce qui est de la moyenne d’âge en revanche, là où les équipes achats rajeunissent un peu, le directeur achats type vieillit de 10 mois par rapport à l’an dernier, à 50 ans et dix mois. En 2014 il avait 48 ans et deux mois, en 2016 49 ans et dix mois… Les pessimistes diront que l’écart entre les managers et leurs équipes se creuse et que le choc des générations menace. Optons plutôt pour une vision positive de cette tendance et gageons que la fonction appelle des profils de plus en plus expérimentés.








Un accès régulier au codir


Premier signe de cette montée en puissance de la fonction de directeur achats, la présence de ce dernier au comité de direction était jusqu’ici un indicateur en hausse constante. Cette année, pas de hausse : un peu plus de 34 % des directeurs achats affirment appartenir au comité de direction de leur entreprise. Une proportion déjà très importante. Encore plus si l’on se focalise sur les directions achats de grandes entreprises industrielles, au sein desquelles plus de 40 % des directeurs achats ont un fauteuil au comité de direction.
Pour autant, ceux dont ce n’est pas le cas n’en ont pas moins leurs entrées auprès des dirigeants de leur entreprise. Ainsi, la proportion de directeurs achats n’ayant accès que de manière irrégulière ou lointaine au comité de direction pour présenter des projets diminue sensiblement. Les directeurs achats n’ayant accès au codir que semestriellement passe de 10 % à 8 % et ceux qui ne s’y rendent que de manière irrégulière passe de 29 % à 25 %.
Les directeurs achats appelés tous les mois pour faire un point sur l’avancement de leurs dossiers sont désormais les plus nombreux et représentent 34,5 % du panel. Ils sont 43 % dans l’industrie. Enfin, 7 % des directeurs achats interrogés sont présents au codir une fois par semaine.
Un autre indicateur montre l’attention de plus en plus soutenue que les directions générales accordent aux sujets portés par les Achats. Dans beaucoup d’entreprises, le directeurs achats a mis en place un comité de pilotage des achats où siègent des fonctions associées aux Achats comme la supply chain ou la qualité et des directions variées suivant les thématiques abordées. Dans 54 % des cas, un membre de la direction générale de l’entreprise siège également dans ce comité de pilotage.






De plus en plus de directeurs généraux en « sponsors »


Les directeurs rattachés au directeur général ou a un directeur général délégué sont d’ailleurs de plus en plus nombreux, soit 46 % cette année, contre 45 % l’an dernier. C’est notamment le cas de la quasi-totalité de nos répondants du secteur du BTP, un secteur qui a particulièrement investi dans la fonction ces dernières années et qui en attend sans nul doute un fort retour sur investissement. Un secteur également où l’implication directe du DG n’est pas de trop pour s’assurer que les acheteurs trouvent une oreille attentive sur le terrain. Parmi les secteurs où l’on trouve proportionnellement le plus grand nombre de directeurs achats reportant à un directeur général, on trouve l’industrie automobile (66 %), l’industrie aéronautique (60 %), les industries mécaniques diverses (58 %)
Pour ce qui est du rattachement du directeur achats à un DG, le secteur tertiaire fait presque jeu égal avec l’industrie – respectivement 44 % et 48 %. Les différences apparaissent ensuite, avec la direction financière qui est le deuxième N+1 le plus fréquemment cité par les directeurs achats dans des proportions de 29 %, là où leurs homologues de l’industrie ont plutôt tendance à être rattachés à un directeur industriel ou un directeur des opérations (32 %). 

*256 entreprises sont recensées dans notre tableau. Certaines n’ont pas de directeurs achats groupe, ou bien de façon transitoire ou bien parce qu’elles ont une organisation par division. En revanche les organisations achats de plusieurs entreprises sont bicéphales.

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