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La Lettre des Achats - Février 2005 N°125
Février 2005

Tendances

Actualités

États-Unis - Kentucky
Une ligue pour les achats

Déchets industriels dangereux
Une nouvelle mission pour l’acheteur

Vensys
Des achats entre France et Bulgarie

SNR Roulements
Des achats localisés en Roumanie

Investissements
Des acheteurs impliqués

ECA
Pays à bas coûts et standardisation

Patrick Rafin - Directeur des achats France, Schneider Electric
« Faire entrer le sous-traitant dès la conception du produit »

États-Unis
US Communities fédère les achats

AMUE
Aider les universités dans leurs achats

Caroline du Nord
Des enchères partagées pour les municipalités

Solihull Council - Royaume-Uni
Les achats prennent la main

Champagne Louis Roederer
Le luxe se penche sur l’e-sourcing

Angela Stieglitz - Directrice des achats techniques, BASF
« Les catalogues électroniques sont des outils standard »

Doug Gabel - Chef de produit senior, Schneider National
« Les enchères ne sont pas adaptées au transport »

Par Claire Rousseau crousseau@lettredesachats.fr

SNR Roulements

Des achats localisés en Roumanie

SNR, équipementier automobile spécialiste des roulements, s'installe en Roumanie. Un premier pas dans une démarche qui vise, à terme, à réaliser un quart de ses achats dans les pays à bas coûts. L'équipementier n'en poursuit pas moins ses investissements en France, et plus particulièrement sur ses sites d'Annecy, pour un montant de 23,5 millions d'euros. Dans les deux cas, les achats sont au premier rang.

En juin 2004, SNR a démarré la production de sa nouvelle usine de fabrication en Roumanie. Avec ses 200 employés, l’entreprise a pour objectifs d’accompagner ses clients automobiles, dont sa maison-mère Renault et sa filiale Dacia, et de répondre à leurs attentes en termes de productivité. À l’heure actuelle, son directeur des achats et de la logistique, Patrick Désire, pilote un plan de localisation des achats qui vise à rendre
« autonome » cette nouvelle usine. Selon les familles concernées, acheter localement pour le site roumain conduirait à des réductions de coût pouvant aller jusqu’à 30 %, celles-ci restant proportionnelles à la part de main-d’œuvre dans le coût total du produit. Mais ce re-sourcing ne peut être fait au détriment de la qualité : le niveau des compétences techniques et la qualité doivent être identiques à ceux des fournisseurs traditionnels. « C’est pourquoi nous donnons une priorité absolue aux fournisseurs du panel actuel qui proposent de s’implanter en Roumanie pour nous suivre. Jusqu’ici, un peu moins d’un quart de nos fournisseurs a un projet pour nous accompagner », affirme Patrick Désire.

10 à 20 % de réduction sur le prix d’achat

Parallèlement à ce plan, Patrick Désire réfléchit à une politique plus générale de sourcing incluant un axe « low cost » pour toutes les familles de produits du roulement. Elle devrait mener à des économies de 10 à 20 % sur le prix d’achat. « De nouveau, nous ne faisons pas de concessions sur la qualité. Nos clients doivent nous donner leur accord sur le panel des fournisseurs que nous avons choisi », précise Patrick Désire. Deux acheteurs spécifiques ayant un parcours interne chez SNR sont chargés du sourcing dans ces pays. « À noter qu’en Chine et en Bulgarie, nous avons identifié des fournisseurs pour des pièces forgées, en Inde, en Turquie et au Viêt-Nam pour l’étanchéité des roulements (joints). Malgré les coûts de logistique et de douane, les réductions de coût sont significatives », note le directeur des achats qui annonce son intention de sourcer aussi en Slovaquie et en Pologne. À terme, il vise une part d’achats de l’ordre de 25 % dans les pays à bas coûts, mais cette démarche, longue et coûteuse, nécessite une vigilance extrême sur le retour sur investissement.
Autre axe majeur de la politique d’achat de SNR : l’optimisation de la relation avec les fournisseurs. Avec ces derniers, l’un des objectifs est de relancer un plan de trois ans, « Autrement pour réussir », afin de changer les méthodes de travail. L’enjeu n’est plus uniquement d’agir sur les prix mais aussi sur d’autres leviers comme le supply chain management, la consolidation des achats hors production et la qualité, avec la volonté de réduire les litiges et les réclamations. Bien sûr, la réduction des coûts globaux est toujours au cœur du programme. Pour atteindre cet objectif, une des méthodes est l’utilisation de moyens de production plus compétitifs : les fournisseurs peuvent par exemple proposer des nuances d’acier différentes, plus couramment utilisées donc moins chères. Pour réduire les coûts, la standardisation des achats s’impose également. Entre autres, les acheteurs mènent une démarche commune avec les fournisseurs de matières pour diminuer le nombre des références de tubes et standardiser ces derniers en diamètre et en épaisseur. Patrick Désire souligne : « Nous avons très précisément défini avec eux une politique PRO autour de trois axes : la performance (P), la réactivité (R) et les objectifs (O). Nous cosignons des contrats de progrès pour valider avec eux les objectifs retenus ».
En interne, un travail en commun est aussi effectué avec la production. Chaque développement produit est suivi par un groupe de projet. Un acheteur participe systématiquement aux discussions de ce groupe. Il est chargé d’anticiper les besoins des achats et éventuellement les besoins en nouveaux fournisseurs. Encore plus en amont, avant toute décision d’investissement, au stade du comité marketing, le directeur des achats et de la logistique est consulté pour savoir si le marché fournisseurs et les délais sont compatibles avec les besoins exprimés.  

En chiffres

SNR
Spécialiste des roulements
Chiffres d'affaires : 479 millions d'euros
Montant des achats : 280 millions d'euros
Effectif achats : 47 personnes


Portrait

Patrick Désire (37 ans, ingénieur) est entré chez SNR Roulements en 1990 en tant qu'ingénieur qualité. Il a ensuite été responsable marketing et ventes dans le secteur de la rechange automobile avant d'être nommé directeur des achats et de la logistique.


L'organisation achats

Avec une vingtaine d'acheteurs, une quinzaine d'assistantes, une équipe qualité fournisseurs de sept personnes et quatre approvisionneurs, Patrick Désire couvre l'ensemble des achats centralisés sur Annecy (70 % du montant total) : matières premières, bagues forgées et usinées, composants de roulement (joints en caoutchouc, cages en plastique) non fabriqués par SNR, achats hors production centralisés (machines de production, outillage, prestations de maintenance, d'intervention sur les bâtiments, d'installation générale et prestations techniques, logistique ou transport). Les 30 % d'achats décentralisés sont gérés dans les sites de production ou les secteurs spécialisés et recouvrent les achats spécifiques : aciers spéciaux, opérations de sous-traitance de petites séries, formation, publicité et certaines prestations tertiaires.
95 % des achats réalisés par SNR passent par un acheteur professionnel. Chaque acheteur est responsable d'un ou plusieurs segments et d'un panel de fournisseurs. Les décisions quant au choix des fournisseurs sont prises une fois par an, dans un « comité panel » animé par l'acheteur. Après la phase de négociation et la contractualisation, les acheteurs organisent les décisions d'attribution des marchés sous forme de comités achats qui peuvent avoir lieu très fréquemment. L'acheteur ne décide pas seul, il est force de proposition et associe clients et prescripteurs internes à toute décision d'attribution : il peut demander qu'un fournisseur soit écarté de la consultation pendant une certaine période ou proposer qu'un fournisseur entre dans le panel. La stratégie définie par l'acheteur est donc obligatoirement validée au préalable par le comité panel et doit être appliquée strictement.
Patrick Désire nuance cependant : « Tous ces axes du plan d'achat de SNR sont malheureusement très difficiles à développer dans un contexte de hausses matières très importantes : elles impactent toutes les sources d'acier que nous avons potentiellement dans le monde et perturbent les négociations et les contrats en cours. Mais ce serait certainement pire sans ce plan ». 

Par Claire Rousseau crousseau@lettredesachats.fr

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