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La Lettre des Achats - Mai 2019 N°282
Mai 2019

Par Guillaume Trécan

De bonnes raisons d’acheter français

En partenariat avec la Médiation, Ecovadis a publié pour la troisième fois un comparatif mondial de ses notations fournisseurs et cette fois, les entreprises françaises intègrent le top3 mondial. Leur progression est particulièrement sensible dans le management de l’éthique.

Depuis six ans maintenant, le spécialiste de l’évaluation RSE des entreprises, Ecovadis, compile les résultats de son travail dans une étude réalisée en partenariat avec la Médiation pour comparer la performance des entreprises françaises avec celles des autres pays. Que l’on se rapporte à sa première version ou à celle de 2017, cette étude a toujours permis de mettre en valeur l’avantage concurrentiel des fournisseurs français en matière de RSE. Un argument que le Médiateur, Pierre Pelouzet ne s’est pas privé de marteler lors de sa présentation, mercredi 17 avril en clamant : « quand vous achetez français, vous achetez à un niveau de RSE exceptionnel ». Force est de constater que cet avantage concurrentiel ne perdure par seulement, il s’accroît.
Cette fois, 21 114 entreprises ont été évaluées entre octobre 2016 et octobre 2018 : 5 379 entreprises des BRICS, 12 739 entreprises de l’OCDE et 2 996 entreprises françaises. Avec une note moyenne de 51/100, les entreprises françaises ne se situent pas seulement au-dessus de leurs concurrentes du reste de l’OCDE (46,5/100) et des BRICS (37,3/100), elles affichent également la plus forte progression avec une hausse de leur note de six points, contre quatre pour le reste de l’OCDE et un pour les BRICS.

Questionnaires, preuves et 360


Pour mesurer la performance RSE des entreprises, Ecovadis emploie une méthode qui cumule questionnaires, fournitures de preuves documentaires, et consultation de sources externes (Organisations internationales, ONG, Syndicats, presse spécialisée). La base de donnée Ecovadis est ainsi nourrie par divers partenariats par exemple avec le Carbon Disclosure Project, Regulatory DataCorp (RDC) ou encore le China Labor Bulletin. Un autre partenariat est également à l’étude avec la société Ulula, qui effectue des sondages téléphoniques directement auprès des employés d’usines pour les interroger sur leurs conditions de travail.
Si l’on en croit cette méthode, la performance RSE des entreprises françaises pourrait même faire pâlir d’envie nos partenaires européens, mais néanmoins concurrents, allemands qui ne récoltent qu’une note moyenne de 46,1/100. Avec son score l’écosystème économique français se situe en troisième position derrière les Finlandais (53,3/100) et les Suédois (53,7/100).

L’éthique commence à être managée


Note en bémol des précédentes éditions de l’étude, l’éthique affiche une progression de neuf points, ramenant les entreprises françaises dans la moyenne de l’OCDE, avec une note de 45,5/100. « Il ne faut pas interpréter les résultats des années passées comme un signe qu’elles n’étaient pas éthiques, mais plutôt comme le fait qu’elles n’avaient pas un système de management de l’éthique, contrairement aux entreprises anglo-saxonnes qui sont très avancées sur ces questions », met en garde le vice-président recherche, Sylvain Guyoton, qui considère que cette question de l’éthique est en train de devenir « un sujet de management » pour les entreprises françaises. Possible aussi que les mises en œuvre progressives de la loi Sapin 2, de la loi sur le devoir de vigilance et de la RGPD incitent le tissu économique français à mettre en place des systèmes de management de l’éthique.
Sur la thématique social et droit de l’homme la France conserve la longueur d’avance qu’elle a toujours affichée depuis la première édition de cette enquête avec une note de 53,6/100, là où les autres pays de l’OCDE sont à 47,6/100 et les BRICS à 39,4/100. Même leadership sur le plan environnemental avec une note de 52/100, contre 47,4/100 pour les autres pays de l’OCDE et 38,1/100 pour les BRICS.
Si l’on se fie aux évolutions réglementaires en cours, il y a fort à parier que ces progrès des entreprises françaises vont encore continuer. Notamment sous l’effet de la loi PACTE, qui porte en elle une nouvelle définition de l’objet social de l’entreprise ; « elles vont devoir mettre en avant la RSE dans leur objet social », explique Pierre Pelouzet. La déclaration de performance extra-financière (DPEF) que les entreprises de plus de 40 millions d’euros de chiffre d’affaires vont devoir intégrer dans leur rapport de gestion 2019, va également rehausser le niveau de reporting auquel elles seront tenues. « Ce positionnement RSE qu’aujourd’hui on a du mal à quantifier va se retrouver demain de plus en plus dans la valeur de l’entreprise », estime ainsi Pierre Pelouzet.


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