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La Lettre des Achats - Février 2017 N°257
Février 2017

Éditorial

Chansons

Par la rédaction

Chansons

The Times They are A-changin’.” chantait Bob Dylan, musicien et poète de la Beat Generation. C’était il y a longtemps dans une Amérique pacifiste. Il a obtenu il y quelques semaines le prix Nobel de littérature. Fin de l’époque.

Le monde aujourd’hui, c’est Donald Trump à la Maison Blanche, Theresa May et son hard Brexit, la Méditerranée version Poutine, le président chinois, Xi Jinping, qui depuis Davos, en Suisse, donne des leçons de libre-échange. Revenons en Chine justement où depuis le dernier G20, à Hangzhou en septembre, la photo des dirigeants du monde a bien changé : exit l’Américain Obama, la Brésilienne Dilma Roussef, l’Italien Matteo Renzi et bientôt le Français Hollande. En attendant la suite. En septembre, l’Allemagne remet en jeu le titre d’Angela Merkel. En mai, la France, qui continue de se perdre dans ses calculs (dettes, déficits, emplois regagnés, primaires, fiscalité du travail, assistance, indemnisation, santé, etc.) désigne son nouveau chef. Nous aurons entre-temps écouté les douces chansons des candidats et leurs mesures (compétitivité, dépense publique, emploi des jeunes, fiscalité, développement des PME, des startups, etc.). Pourvu que l’on ne s’égare pas dans de fausses propositions (le revenu universel) ou de méchants débats (l’achat français). Le pire n’est jamais sûr…
A ce propos, Il y a des études qui ont le mérite de faire parler d’elles. C’est moins la qualité des répondants, la méthode voire même les résultats qui déclenchent les commentaires qu’une question en particulier. La dernière mouture de l’enquête AgileBuyer X Achats pose à nouveau la question des achats français à un panel d’acheteurs. Si de grands quotidiens populaires et une radio d’information continue reprennent les chiffres, c’est gagné ! De quoi s’agit-il ?
Selon cette enquête, « en 2017, seulement 16 % des Départements Achats auront des achats orientés vers le « Made in France » (sic). En fait, ils sont 15 % dans les entreprises privées et 32 % dans le secteur public à se préoccuper d’acheter français. Soulignons simplement que Bruxelles interdit formellement la préférence nationale voire locale dans les marchés publics. Des politiques se sont bien sûr emparés de cette question. Faudrait-il réserver 80 % des marchés publics aux PME ou TPE locales ? Qui n’auraient donc comme seule qualité que la couleur de leur drapeau ? Quid de leur compétitivité ? De la qualité de leurs produits ? De leur management ? De leur capacité d’innovation ? Sans prétendre détourner les critères d’attribution, la proximité ne pourrait-elle pas être valorisée ? La même enquête le souligne : rien ne fait obstacle aux offres des fournisseurs français. Si pour 69 % des répondants, ce n’est pas un critère d’attribution, 65 % n’y voient aucune contrainte. Ils sont certes 14 % à évoquer des coûts trop élevés et 13 % à relever que certains produits ne sont pas disponibles sur le territoire. Voilà sans doute les vraies questions à évoquer : nature des écarts de coûts, disparition de certaines filières, etc. Pas un supposé « manque d’envie » d’acheter sinon français au moins en France (50 % des achats du Top 250 des organisations achats passent par des entreprises basées en France). Nous voulons des entreprises compétitives à l’international, des dépenses publiques contenues ? Alors nous sommes sur la bonne voie. Ne pas se garantir serait naïf mais se protéger le serait tout autant. Nos entreprises valent mieux qu’un système protectionniste. Alléger leurs contraintes, les aider à se développer, oui, mais sur la base de critères objectifs et vérifiables. Les achats sont faits pour cela.

Par la rédaction

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