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Par la rédaction

Alstom Marine

Alstom mutualise l'e-sourcing avec e-euroship

Utilisant toutes les applications de l'e-achat, Alstom Marine se caractérise par des outils spécifiques : place de marché verticale pour l'e-sourcing, extension d'un ERP dédié à la construction navale pour l'e-procurement, analyse des dépenses utilisant son propre outil de gestion de la production. Chez Alstom Marine, pas de débat « intégré » contre « hébergé » : l'e-sourcing est mutualisé tandis que l'e-procurement est mené en interne.

Pour tirer profit de l’e-sourcing, Alstom Marine a adopté une démarche pragmatique : « Afin de faire le poids face aux concurrents coréens notamment, nous nous sommes associés avec quatre autres grands chantiers navals européens pour créer le portail d’e-sourcing e-euroship. Cette association a facilité l’enrôlement des fournisseurs en faisant de la plate-forme un outil incontournable pour les fournisseurs de la marine en Europe », explique Philippe de Couesbouc, le responsable du développement et du marketing achats. Une opération bien pesée financièrement : les coûts de création de la plate-forme ont été divisés par cinq et le principe de fonctionnement repose sur une cotisation annuelle des fournisseurs : 1 400 euros la première année, 1 200 les années suivantes. Les cotisations couvrent la totalité des coûts de fonctionnement.
Lancée il y a deux ans, la plate-forme de la construction navale sert à 20 % des appels d’offres passés par l’équipe achats d’Alstom Marine, une trentaine de personnes. « Pour nous, c’est un outil de travail appelé à assurer le traitement de la totalité des appels d’offres ». L’outil remplit quatre grandes fonctions : le sourcing « pur », où tout fournisseur peut se faire référencer à la condition qu’au moins l’un des fondateurs valide sa proposition ; l’appel d’offres privé auprès de fournisseurs sélectionnés ; la qualification des fournisseurs : un chantier peut décider de diffuser à ses partenaires des renseignements sur l’un d’entre eux ; enfin, la mesure de la performance, en communiquant ou non le rang d’un fournisseur. Les gains administratifs sont spectaculaires : « Le délai de passation d’un appel d’offres est passé de quelques jours à quelques heures. L’outil facilite grandement la transmission des informations aux fournisseurs, comme les plans de CAO », se félicite Philippe de Couesbouc.
Traitant tous les types d’achats, la plate-forme référence plus de 1 000 fournisseurs, dont plus de 200 actifs avec Alstom Marine. En revanche, e-euroship n’a pas créé un surcroît de collaboration entre ses co- fondateurs, les dépenses consolidées entre eux concernant toujours entre 10 % et 15 % des achats sur lesquels faire jouer l’effet volume. « Certains produits se prêtent à une négociation commune avec nos partenaires, par exemple des produits métalliques ou de soudage », détaille Philippe de Couesbouc.

Pas de recours aux enchères

Il n’est pas question d’enchères inversées car les produits achetés sont trop complexes et spécifiques. Les projets de navires sont unitaires et s’étalent sur une longue durée : 36 mois pour construire un paquebot. Pour les frais généraux, la direction des achats s’en remet à des contrats négociés selon des méthodes classiques.
Du fait de cette large part d’achats non récurrents, l’e-procurement représente une part réduite du montant des achats du constructeur, de l’ordre de 10 % à 15 % sur un total de 800 millions d’euros, mais une part nettement plus importante en nombre de commandes, environ 5 500 annuellement. Extension de son système de gestion de production Mars dédié à la construction navale (GPAO, éditeur Logimatix), l’outil héberge 300 catalogues et assure la gestion des demandes d’achats. « L’avantage d’un module intégré par rapport à un logiciel externe est que notre solution assure directement l’imputation entre la facture et l’appel de livraison », poursuit Philippe de Couesbouc. Ce logiciel intégré est interconnecté avec une application de gestion de la relation fournisseurs (SRM). Dédiée aux acheteurs, celle-ci sert au référencement des fournisseurs, à l’évaluation de la qualité ou encore à l’analyse financière. Enfin, les données des deux outils, GPAO et SRM, sont collectés dans une base de données qui permet d’effectuer toutes les analyses nécessaires et le reporting.
Au total, le responsable du développement et du marketing achats tire un bilan lucide de l’e-achat : « Il ne faut pas confondre outil et levier d’achat. Une part des réductions des coûts provient du regroupement des achats. L’outil n’est qu’un moyen de mettre en œuvre ce levier. Idem pour la mise en concurrence ou les partenariats facilités par l’e-sourcing. En revanche, l’outil apporte en plus des gains de réactivité et d’optimisation des processus administratifs ».


Portrait

Philippe de Couesbouc (55 ans, ESC Bordeaux) est responsable du développement et du marketing achats d'Alstom Marine depuis 2002. Il a effectué la majeure partie de sa carrière dans la construction navale, à différents postes liés à la fonction achats.

 

En chiffres

Alstom Marine
Construction navale
Chiffre d’affaires : 1 milliard d'euros
Effectif : 3 000 personnes
Montant des achats : 800 millions d'euros (besoins annuels), 15 % hors production
> e-sourcing : 20 % des appels d'offres (e-euroship), 200 fournisseurs actifs
> e-procurement : autour de 100 millions d'euros (Logimatix), 5 500 appels de livraison, 300 catalogues pour un marché
Effectif achats : 50 personnes

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