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Par Matthieu Maury

A la recherche de nouvelles compétences

Si le rajeunissement des équipes achats et leur installation à l’étranger marquent le pas, la féminisation et le recrutement externe poursuivent leur ascension. Pour améliorer la performance, les directeurs achats plébiscitent la gestion de projet et le leadership, les outils et le contrôle de gestion.

A l’instar des budgets de fonctionnement, les effectifs des organisations achats restent dominés par la stabilité. Comme l’an passé, c’est le cas pour deux tiers des entreprises. Toutefois, la proportion de directions achats avec des équipes à la hausse gagne cinq points, à hauteur de 24 % (contre 33 % il y a quatre ans). Dans le même temps, le pourcentage d’équipes réduites cinq points, ne représentant plus que 9 % des répondants. Les effectifs achats stables sont plus répandus dans les services (71 %) que dans l’industrie (63 %), où la baisse atteint 12 %. L’énergie (27 %) et le BTP (17 %) connaissent les plus grandes proportions d’équipes achats en diminution. La pharmacie (33 %), le BTP (33 %) et la chimie (30 %) affichent plus de hausses. La banque-assurances (94 %), l’agroalimentaire (83 %) et l’automobile (78 %) sont marqués par la stabilité.

Le recrutement externe enfin dominant


Concernant le recrutement des acheteurs, la solution externe (52 %) passe pour la première fois devant l’interne (48 %). Elle avait atteint 48,5 % l’an dernier et a gagné onze points en cinq ans. Si l’embauche en dehors de l’entreprise reste (de très peu) minoritaire dans les services (49,9 %), elle domine en revanche plus nettementdans l’industrie (54 %, contre 50,1 % en 2014).
Le recrutement externe est plus répandu dans la pharmacie (73 %), le BTP (71 %), l’agroalimentaire (63 %) et l’automobile (58 %). L’embauche d’opérationnels à former à la démarche achats ou d’acheteurs professionnels en mobilité interne reste dominante dans la chimie (59 %), l’aéronautique (63 %) et l’énergie (64 %).

Les limites du rajeunissement


Le rajeunissement des équipes achats semble atteindre sa limite. Cette année, l’âge moyen des acheteurs affiche 39 ans et trois mois, contre 38 ans et demi l’an dernier. Il retrouve presque le niveau de 39 ans et demi atteint en 2011, mais reste inférieur aux 41 ans et demi d’âge moyen de 2008.
La moyenne d’âge est légèrement plus élevée dans l’industrie (39 ans et demi) que dans les services (38 ans et 11 mois). L’aéronautique (43 ans), l’énergie (42 ans et demi) et la banque-assurances (41 ans) se distinguent par des équipes achats dans la quarantaine. Dans la pharmacie (38 ans et demi), l’automobile (38 ans), l’agroalimentaire (38 ans) et le BTP (37 ans), l’âge moyen se situe en fin de trentaine. Avec des moyennes entre 47 et 50 ans, les effectifs achats les plus expérimentés se trouvent plutôt dans les groupes publics ou privatisés. Entre 27 et 30 ans, les plus jeunes œuvrent surtout dans les services.

De plus en plus de femmes


En revanche, la tendance à l’accroissement du nombre de femmes dans les équipes achats poursuit son offensive. Représentant 48 % des effectifs achats, contre 46,5 % l’an dernier, les femmes se rapprochent encore de la parité. À 51,5 %, elles sont toujours majoritaires d’une courte tête dans les services. Avec trois points de plus qu’en 2014, elles progressent dans l’industrie à hauteur de 45 %, mais restent en minorité.
Les secteurs les plus féminins demeurent la pharmacie (64 %) et la banque-assurances (55 %). Les hommes conservent une large majorité dans l’aéronautique (68 %), le BTP (66 %), l’automobile (60 %), l’énergie (59 %) et la chimie (59 %).
Plutôt dans le tertiaire, les organisations achats les plus féminines affichent des taux de 75 à 90 % (et même 100 % dans la filiale française d’un grand groupe pharmaceutique). Plutôt dans l’industrie et le BTP, les directions achats les plus masculines atteignent des taux de 80 à 90 %.

Un quart des effectifs basés à l’étranger


Alors que les grands comptes français attribuent 59 % de leurs achats à des fournisseurs hexagonaux (lire page 26), 73 % de leurs acheteurs restent positionnés en France. Une proportion qui n’a pas évolué depuis un an, mais qui a diminué de trois points en quatre ans. Près de 12 % sont basés dans le reste de l’Europe (20 % des achats), 5,5 % en Asie (8 % des achats) et 3,5 % en Amérique du Nord (7 % des achats). L’Afrique et le Moyen-Orient accueillent 2,5 % des acheteurs français, l’Amérique du Sud 2 % et les autres zones géographiques 1,5 %. Plus internationalisés, les groupes industriels ont localisé 38 % de leurs équipes achats à l’étranger, en particulier 12 % en Europe, 10 % en Asie et 6,5 % en Amérique du Nord.
Plus focalisées sur les marchés intérieur et européen, les entreprises tertiaires comptent 85 % de leurs acheteurs dans l’Hexagone et 12 % sur le vieux continent. La banque-assurances (92 %) et la pharmacie (76 %) sont les secteurs les plus franco-centrés.
L’aéronautique (36 %) et l’énergie (18 %) affichent les plus grandes proportions d’acheteurs basés dans le reste de l’Europe. La chimie et l’énergie se distinguent par les plus gros contingents achats en Asie (respectivement 17 % et 10 %) et en Amérique du Nord (10 % et 8 %). Les secteurs plus portés sur l’Amérique du Sud sont l’agroalimentaire (7 %) et la chimie (5 %). L’énergie (6 %) et le BTP (4 %) sont les plus présents en Afrique et au Moyen-Orient.

Les acheteurs site et famille majoritaires


Du point de vue des profils de poste, les acheteurs sites, pays ou région dominent toujours les effectifs des organisations achats, puisqu’ils en représentent 34 %. Avec 22 %, les acheteurs famille arrivent en deuxième position, devant les approvisionneurs (16 %) et les acheteurs projet (10 %). Près de 6 % des équipes achats sont affectées au support (systèmes d’informations, performance, communication, innovation…), 2 % à la qualité et 10 % à d’autres tâches plus administratives. Dans l’industrie (23 %), la proportion d’acheteurs famille est plus importante que dans les services (16 %), qui, de leur côté, comptent plus de collaborateurs en support (13 % contre 3 %).
Les acheteurs site sont très majoritaires dans la pharmacie et les cosmétiques (60 %), la chimie et les matériaux (56 %), ainsi que dans l’agroalimentaire (49 %) et l’énergie (47 %). A l’inverse, ils ne représentent que 16 % des effectifs achats du BTP, qui comprend 26 % d’acheteurs projet et 27 % d’approvisionneurs. Ces derniers constituent 32 % des équipes achats de l’aéronautique, contre seulement 5 % dans l’industrie pharmaceutique. L’automobile reste le secteur comptant le plus de qualiticiens (9 %, contre moins de 1 % dans l’énergie et la banque). L’aéronautique se distingue par la plus grande proportion d’acheteurs famille (44 %), tandis que le plus gros contingent de support achats se situe dans la banque et les assurances (25 %).

Les outils et le contrôle de gestion pour plus de performance


En ce qui concerne les fonctions support dédiées aux achats présentes au cœur de l’organisation achats ou au sein d’une autre direction les systèmes d’information (76 %) et le contrôle de gestion (73 %) demeurent les plus répandues.
Suivent la RSE (55 %), le juridique (54 %), la performance achats (53 %) et les process achats (48 %). Par rapport à l’an dernier, les ressources humaines (48 %) chutent de la troisième à la septième place, mais restent devant la qualité (42 %) et la communication (39 %). L’innovation achats ferme toujours la marche, avec seulement 24 % d’organisation achats consacrant des ressources dédiées à cette thématique.
Dans l’industrie, les fonctions support aux achats les plus courantes sont le contrôle de gestion (85 %), les systèmes d’information (80 %) et la qualité (57 %). Dans les services, le contrôle de gestion (59 %) et la qualité (24 %) sont beaucoup moins présents, de même que l’innovation achats (13 % contre 34 %). Pour la RSE, la situation est inversée : 63 % dans le tertiaire, contre 49 % dans l’industrie.
Dans l’aéronautique, la chimie et les matériaux, le contrôle de gestion, les systèmes d’information et la performance achats constituent les trois fonctions support les plus répandues. Dans le BTP, l’agroalimentaire, la pharmacie et les cosmétiques, le juridique accompagne le contrôle de gestion et les systèmes d’information. Dans l’industrie automobile, la qualité est aussi souvent présente que le contrôle de gestion. La RSE se distingue dans l’énergie et dans la banque-assurances, l’innovation dans l’automobile et l’énergie.

Développer les compétences généralistes


Par recrutement ou via des formations, la gestion de projet, le leadership et la négociation restent les trois compétences à développer en priorité selon les directeurs achats. En gagnant cinq points (à 52 %) par rapport à l’an dernier, la gestion de projet double le leadership, qui en perd quatre (48 %). La négociation (39 %) conserve sa troisième place de l’an dernier, devant les relations fournisseurs (34 %), le marketing amont (32 %) et la communication (31 %). En perdant huit points et trois places, le sourcing (30 %) se retrouve en septième position, devant l’innovation (29 %), le business développement (28 %), les systèmes d’information (25 %) et les langues (23 %). Les finances (21 %), l’expertise technique (20 %) et le juridique (19 %) sont considérés comme des compétences secondaires.
Dans l’industrie, le leadership constitue la compétence numéro 1 à développer, devant la gestion de projet, la négociation, le marketing amont et les relations fournisseurs. Dans les services, les directeurs achats plébiscitent la gestion de projet avant le leadership, la négociation et les relations fournisseurs. En dehors de la gestion de projet (plus 18 points pour le tertiaire) et le juridique (plus onze points pour les services), les scores sont assez similaires. L’automobile, l’aéronautique, la pharmacie et les cosmétiques donnent la priorité au leadership. L’énergie, la banque et les assurances privilégient la gestion de projet. Les directeurs achats de l’agroalimentaire misent avant tout sur l’innovation et ceux du BTP sur l’expertise technique et le sourcing. 



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