Publicité

Par la rédaction

France Barter

« Revaloriser les actifs inoccupés »

France Barter a importé le concept de troc entre entreprises de modèles anglo-saxons. La start-up propose à ses 1 400 adhérents depuis quatre ans d’échanger produits et services… contre produits et services. Samuel Cohen explique en quoi la plateforme relève de l’économie circulaire.

A quoi sert France Barter ?

Nous nous sommes aperçus que les entreprises en France ont souvent des problèmes d’achat liés à la trésorerie parce que les délais de paiement sont longs et certains achats doivent attendre des rentrées d’argent. La solution, c’est le troc. France Barter est une plateforme qui permet de mettre en ligne des offres et de définir ses besoins achats pour acheter et vendre des marchandises et des services sans sortir de cash. Nous avons une monnaie virtuelle qui est en réalité une unité de compte. Elle permet de réaliser des achats sans sortir d’argent. C’est un véritable outil de financement alternatif.

Comment votre plateforme fonctionne-t-elle ?

Par exemple, un avocat qui a besoin d’un site web pour 6 000 euros et d’un séminaire pour 8 000 euros va recevoir une facture pour chaque achat, TVA incluse. La seule différence avec une facture classique sera le mode de paiement : par compensation, et non numéraire. Il sera ainsi débité sur son compte Barter. Pour l’instant, France Barter est une start-up qui a réalisé un volume de transaction de 2,4 millions d’euros l’an dernier. Nous prenons une commission de 5 % par vente et 5 % par achat en numéraire.

En quoi participez-vous de l’économie circulaire ?

Nous permettons une revalorisation d’actifs inoccupés. Par exemple, j’ai une salle de réunion place Vendôme que j’utilise toutes les deux semaines, ou j’ai deux photocopieuses que je voulais jeter. Je peux les proposer sur la plateforme. Les industriels ont beaucoup à y gagner : ils ont souvent des entrepôts, des flottes de véhicules qui dorment dans un garage. Certains secteurs sont déjà très actifs. Par exemple, sur la plateforme, les traiteurs achètent des palettes d’eau et les surplus de stocks de l’industrie agroalimentaire. Nous avons aussi l’hôtellerie qui propose les chambres inutilisées sur certaines périodes de l’année. Quand nous travaillons avec une entreprise, nous essayons de comprendre ses besoins mais nous réalisons également un audit sur ses actifs inutilisés.

Quelle est la place de l’acheteur ?

Les acheteurs ont une vision du groupe à 360°, ils connaissent les besoins et peuvent identifier des actifs inutilisés. Ils représentent de bons interlocuteurs pour nous. Et c’est surtout vrai pour les PME. Mais dès que le groupe a une certaine taille, les process deviennent parfois un peu rigides. L’une des difficultés est ainsi de trouver des fournisseurs qui facturent en Barter et ont suivi le processus de validation pour intégrer le panel. Cela peut bloquer certaines directions achats qui doivent absolument qualifier les fournisseurs selon des processus parfois longs et contraignants. Nous avons aussi rencontré de grandes organisations achats qui étaient très intéressées par la possibilité d’assouvir des besoins sans trésorerie mais les Achats ne pouvaient pas identifier les actifs inutilisés. Ce n’était pas du ressort de la fonction. L’économie circulaire nécessite de repenser certaines organisations, d’insuffler de la souplesse et de décloisonner les silos. Nous faisons un travail très simple d’identification des besoins des actifs inutilisés avec une cartographie et une mise en réseau. C’est pragmatique, mais innovant.
Portrait

Samuel Cohen, cofondateur

Par la rédaction

Le dernier numéro

Dernier numéro

N°284 - Juillet - Août 2019

Les indicateurs

Les indicateurs Commoprices

Le catalogue

Le catalogue Silex

Nos partenaires

Retrouvez la revue en format tablette

Apple store Google Play