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La Lettre des Achats - Avril 2018 N°270
Avril 2018

Tendances

Entretien

Julien Lesaicherre - directeur EMEA - Workplace by Facebook
« Plus qu’une plateforme nous proposons un processus de changement »

Par la rédaction

Julien Lesaicherre - directeur EMEA - Workplace by Facebook

« Plus qu’une plateforme nous proposons un processus de changement »

Quand le roi des réseaux sociaux déploie son savoir-faire dans le champ du BtoB, cela donne Workplace by Facebook. Conçue pour ses équipes à partir de 2014, cette plateforme s’est progressivement tournée vers les autres entreprises. Elle est aujourd’hui utilisée par près 30 000 d’entre elles dans le monde. Un nouvel exemple qui montre comment les usages du BtoC gagnent du terrain chez les pros pour bouleverser leurs modes d’échange.

Qu’est ce qui a poussé Facebook à lancer une plateforme pour les les entreprises ?

C’est très simple : Facebook a remarqué très tôt, dès 2010, de plus en plus d’utilisation de sa plateforme à des fins professionnelles par le biais de la création de groupes notamment au sein d’environnement très décentralisés et ne disposant pas a priori d’outils. Le plus souvent dans des usines, dans des magasins, dans des activités de service, autant d’organisations qui n’attribuent pas forcément d’e-mails sans parler d’ordinateurs personnels. Seuls 20 % des effectifs d’une entreprise disposent d’une adresse mail. Les autres utilisent essentiellement la voix pour travailler. Les gens de terrain se sont donc organisés pour communiquer, tandis que de plus en plus de managers, cette fois aux sièges des entreprises, ont adopté la plateforme pour échanger avec leurs équipes. C’était plus simple, plus mobile, plus en adéquation avec ce qu’ils utilisaient dans leur vie personnelle !
Nous-mêmes, chez Facebook, nous avons eu l’idée de nous servir de nos propres outils pour communiquer mais nous avons pris des précautions en termes de confidentialité des données, de sécurité, d’où ces deux versions : l’une pour le grand public, l’autre pour les employés. Donc deux environnements bien séparés. Sur ce que qui s’est appelé d’abord Facebook at Work, il n’y avait pas de contenus extérieurs, pas de jeux, pas de publicité. C’était uniquement fait pour partager des informations. Cette plateforme a accompagné notre croissance et nous a permis de passer de quelques milliers de personnes à plusieurs dizaines de milliers.

Comment avez-vous identifié les besoins des entreprises ?

Nous étions souvent interrogés par les entreprises qui venaient nous rencontrer sur notre culture, notre organisation en interne, nos modes de travail, etc. Notre principale réponse, c’était Facebook at work. Nos interlocuteurs ont été séduits ! Nous avons assisté dans le même temps à un premier phénomène, d’abord dans le grand public puis dans l’entreprise : la montée en puissance du mobile qui a littéralement cannibalisé le PC, fixe ou portable, et a profondément modifié la façon de consommer, créer, partager l’information. Deuxième phénomène : cette caméra hi-tech dans nos poches permettait davantage d’échanges d’images. Le screenshot, c’est le nouveau PDF ! Le phénomène a gagné l’entreprise. Les utilisateurs n’ont pas attendu que l’on mette à leur disposition des outils professionnels. Troisième phénomène : nous sommes passés d’une communication asynchrone, très pauvre, de type email, à une communication connectée, simultanée, en image, photo ou vidéo, en attendant la vision 360°, voire la réalité virtuelle.

Les entreprises ont donc pris la mesure de nouveaux modes de communication, y compris avec leurs collaborateurs ?

Les entreprises ont d’autant mieux compris avec l’émergence des millennials. D’ici 2020, cette génération représentera près de 50 % de la force de travail dans le monde ! Des profils qui n’auront presque connu internet qu’à travers un mobile. La technologie a influencé les comportements mais au-delà, le digital va entraîner une véritable disruption. Les entreprises savent que cela va changer leur façon de commercer. Le statu quo n’est pas possible sauf à se mettre en danger. Déjà, d’ici 2030, 40 % des entreprises du Fortune 500 n’existeront plus.
Les changements majeurs attendus dans les orientations stratégiques des entreprises ne pourront pas s’accomplir avec des modes d’échanges datés. Aujourd’hui, beaucoup ne correspondent plus ni aux besoins ni aux attentes des collaborateurs. Il y a en gros cinq outils de communication en interne : l’email, l’intranet, le poster sur les murs, le magazine d’entreprise et le… bulletin de salaire. Comparez avec l’évolution des canaux employés par les entreprises auprès de leurs clients : elles sont passées du print, à la télé, au web, au réseau social et maintenant au messaging…

Comment vous positionnez-vous face aux autres acteurs du cloud ?

Notre métier, c’est la communication d’entreprise. Notre positionnement, c’est réduire la distance ! Workplace fonctionne dans toutes les entreprises, de la plus grande à la plus petite, dans tous les secteurs d’activités, avec tous les types d’utilisateurs, du CEO au barista ! Ce sont les mêmes outils que Facebook grand public, version web ou mobile, pour Workplace et Workchat, la même interface, la même convivialité. Avec tout de même trois différences : l’entreprise contrôle ses accès (l’active directory, ses entrées/sorties de collaborateurs), leur authentification (intégration dans le système d’information) et reste propriétaire des données. Contrairement à d’autres réseaux sociaux. C’est très important. Nous avons une approche freemium : avec une offre gratuite (utilisateur individuel) et une offre payante (avec des fonctions d’administration) pour les entreprises. C’est un abonnement mensuel par utilisateur actif. Pas de profiling, pas de publicité et en parfaite conformité avec les différents standards de sécurité et de règle de protection des données personnelles.

Qui dans l’entreprise prend la décision d’adopter la plateforme ? Les Achats en font-ils partie ?

La plupart des entreprises n’achètent pas un applicatif mais un agent de changement. Certains clients nous ont dit que c’était une façon pour eux d’envoyer un message très fort à leurs équipes du passage de l’entreprise au digital. Une façon pour eux de leur faire comprendre plus vite les attentes des clients. Une forme de légitimation de la démarche. Et cela fait l’objet d’u consensus dans l’entreprise. C’est souvent un trio composé de la direction de la communication, de la DSI et selon, d’un responsable du digital ou des ressources humaines ou encore du marketing. Le Comex s’engage dans tous les cas. Ce sont surtout des déploiements massifs. Une grande multinationale, c’est 50 000 utilisateurs d’un coup. L’outil n’a de sens que s’il est déployé sur l’ensemble. Nous sommes aussi très sensibles au taux d’engagement. Notre pricing s’appuie sur ce principe. Une façon pour nous de nous remettre en permanence en question sur la pertinence de nos outils. Sur le marché de l’Enterprise Network, les taux d’utilisation d’autres acteurs peuvent être plus limités…
Les Achats se sont révélés des utilisateurs très engagés, des porteurs de projets invitant leurs fournisseurs à se connecter. Un simple accès gratuit par fournisseur suffit. Nous avons des exemples. Encore une fois, notre force, c’est de pouvoir créer autant de communautés d’intérêt que nécessaire. Facebook, c’est aussi 2,13 milliards d’utilisateurs actifs. De quoi faciliter son adoption dans un cadre professionnel. Il n’y a pas de résistance au changement. Dernier atout : nous sommes mobile first ! Peu d’acteurs du monde professionnel peuvent le revendiquer autant que nous. Sur Facebook, 90 % des accès se font depuis un mobile. C’est 60 % pour Workplace.
Portrait
Julien Lesaicherre (36 ans, Toulouse Business School, Master Management of Technologie and Innovation Université Paris Dauphine, Master Marketing HEC) est directeur EMEA de Wokplace depuis janvier 2016. Il était précédemment en charge des partenariats (Rocket Internet, Blablacar, Wallapop, etc..) toujours au sein de la région EMEA de Facebook qu’il a intégré en avril 2014. Avant de rejoindre le réseau social, il a occupé différents postes chez Microsoft où il est entré en janvier 2004. Il a dirigé la division Windows 7 pour les entreprises avant de lancer Azure Cloud Business en France. Il a débuté comme consultant chez Grand Thornton en 2003.

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