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La Lettre des Achats - Juillet-Août 2005 N°130
Juillet-Août 2005

Interview

Annick Gentès-Kruch - Directrice B to B - PSA Peugeot Citroën
« Un moyen d'accompagner la croissance du groupe »

Sandrine Laur-Harel - Directrice des achats groupe - Segula Technologies
« Nous avons centralisé nos demandes de voyages »

Christophe Koch - Responsable performance et support achats - Aéroports de Paris
« Accroître la part des achats sous contrat »

Par la rédaction

Sandrine Laur-Harel - Directrice des achats groupe - Segula Technologies

« Nous avons centralisé nos demandes de voyages »

Segula Technologies, PME spécialisée dans l'ingénierie technologique, s'est attaquée récemment aux voyages qui représentent 1 % du montant total de ses achats. Un poste de travel manager a été créé pour centraliser toutes les dépenses. Utilisation des low cost, développement des contrats-cadres avec les prestataires, outil de réservation en ligne sont les principaux axes de la nouvelle politique.

Qui définit la politique d’achat et veille à son application ?
Notre politique a été établie par le service achats en respectant la convention collective. Nous avons centralisé nos demandes de voyages auprès d’une personne en interne : le travel manager qui dépend des achats. Tous les mois, elle gère 300 lignes de réservation passées soit auprès de l’agence, soit avec la compagnie en direct, en fonction du coût. Cette organisation permet une application stricte de la politique et une bonne adhésion aux contrats-cadres conclus avec les compagnies aériennes. En effet, celles-ci revoient leurs tarifs à la hausse ou à la baisse l’année suivante en tenant compte du taux d’adhésion au contrat (respect à 75 %). Le travel manager veille au respect des classes fixées selon des critères de distance et de personnel. Seulement 18 % des voyages en train se font en première et 4 % des voyages en avion en classe affaires.
Outre cette centralisation, quelles sont les méthodes pour rationaliser les voyages ?
Nous avons recours à l’e-ticket qui nous a conduits à réaliser des économies sur l’aérien. Pour le moment, la SNCF n’offre qu’un système de réservation par Carte Bleue pour les particuliers mais le système de l’e-ticket devrait être lancé dans les mois à venir. Nous soustrairons ainsi le coût d’émission du billet, environ 8 euros, et le coût de livraison de 8 euros. En mai, 75 billets ont été émis et 35 livraisons ont eu lieu, ce qui nous a fait dépenser plus de 800 euros. Avec l’e-ticket pour le train, nous économiserons environ 10 000 euros par an.
Optimisez-vous les négociations avec les compagnies aériennes ?
Nous avons des filiales partout dans le monde et nous suivons nos clients à l’étranger, mais jusqu’à présent, l’essentiel de nos déplacements avaient lieu en France. Nous passions donc classiquement des contrats-cadres avec Air France. Depuis décembre, notre trafic entre la France et l’Espagne a été multiplié par quatre. Nous avons donc conclu un contrat-cadre avec Iberia. De même, notre développement en Chine et en Iran devrait nous amener à négocier des contrats avec d’autres compagnies. À noter que nous n’avons pas trop de soucis avec les miles. Le personnel est assez « discipliné ». Nous allons demander à Iberia des cartes pour accumuler ces miles : les voyageurs choisiront cette compagnie plus volontiers qu’Air France, aux prix moins attractifs.
Utilisez-vous les low cost ?
Oui, mais de façon ponctuelle, avec une Carte Bleue dédiée à ce type de déplacements. Les prix obtenus sont meilleurs quand nous passons la commande en direct sans l’intermédiaire de l’agence. Certains trajets proposés par les low cost correspondent très bien à nos axes comme le Paris-Bratislava. Nous obtenons 75 % d’économies par rapport à un plein tarif Air France même si le billet, non modifiable et non remboursable, est plus contraignant. Mais la plupart de nos destinations ne sont pas encore desservies par les low cost.
Avez-vous des contrats-cadres pour les autres postes de dépenses ?
Pour le rail, nous négocions avec la SNCF une remise de fin d’année en fonction du volume. Avec 44 % de nos billets en nombre, le ferroviaire est un axe important. Pour les locations, nous disposons de deux accords négociés avec des loueurs. Nous avons 68 sites en France : il faut donc que nos loueurs soient présents partout, sinon nous avons d’importants frais de rapatriement de voitures à régler. Il faut ensuite veiller, par le biais d’un contrôle interne, à ce que ces contrats soient appliqués car tous les sites peuvent ne pas les utiliser et nos négociations sont donc moins intéressantes. Pour l’hôtellerie et la restauration, nous n’avons des statistiques que depuis le lancement de la cellule voyages. Pour obtenir des tarifs négociés sur nos destinations les plus importantes, nous cherchons à mettre en place un accord avec le Groupe Louvre Hôtels ou Accor.
Quelles conséquences a eues la commission zéro dans votre relation avec les agences ?
Elles nous a incités à les remettre en concurrence. Nous allons en changer très prochainement, avec un prestataire proposant des prix plus avantageux. Cette réforme devrait renforcer le rôle de conseil de l’agence. Elle devrait être plus à même de faire de bonnes propositions tarifaires, de veiller au développement des compagnies low cost et à leurs éventuels changements d’horaires qui pourraient intéresser l’entreprise. Elle devrait aussi nous apporter plus d’aide pour la négociation, ce qui n’est pas encore le cas. Par exemple, nous avons eu seuls l’initiative de conclure un accord avec Iberia. Notre agence nous fournit aussi un outil de réservation en ligne où nous entrons tous nos contrats négociés. Nous n’avons qu’une personne à former en interne puisque la réservation en ligne passe par le travel manager.

Portrait

Sandrine Laur-Harel (28 ans, Essca, MAI) a travaillé pour Valeo au sein de la cellule webcatalogue frais généraux, puis en tant que coordinatrice des achats projet pour les systèmes d'essuyage. Elle est maintenant directrice des achats groupe de Segula Technologies.


 

En chiffres

Segula Technologies
Ingénierie technologique
Chiffre d'affaires : 212 millions d'euros
Effectif : 3 700 personnes
Montant des achats : 65 millions d'euros
Montant des achats de voyages : 690 000 euros
Effectif achats : 4 personnes

Par la rédaction

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