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La Lettre des Achats - Janvier 2005 N°124
Janvier 2005

Interview

Alain Gautier - P-DG, - Alençon Plastic
« 80 % de nos achats sont réalisés à travers un GIE »

Paulo Rato - Responsable des achats - CETAM Automatismes
« Rationaliser les achats nous a valu la certification »

Christelle Obambo - Responsable des achats de la production - IMMOTEC Systèmes
« Être présente plus en amont dans les processus »

Fabrice Zamparutti - Responsable des achats - Potain
« Mettre plus de matière grise dans les achats »

Denis Forgues - Responsable des achats - DEHOUSSE Industries
« Acheter 70 % à 80 % du produit fini à terme »

Par la rédaction

Fabrice Zamparutti - Responsable des achats - Potain

« Mettre plus de matière grise dans les achats »

Pour le service achats du fabricant de grues Potain, la hausse du prix des matières premières devient un levier pour accélérer les démarches d'optimisation des achats. Dans un contexte difficile, les achats usent de tous les moyens d'action : travail en externe avec les fournisseurs, en interne avec les bureaux d'études, redesign to cost mais aussi recours à la Chine pour les produits les moins sensibles.

Pour le service achats du fabricant  de grues Potain, la hausse du prix  des matières premières devient  un levier pour accélérer les démarches d'optimisation des achats.  Dans un contexte difficile, les achats usent de tous les moyens d'action : travail en externe avec les fournisseurs, en interne avec les bureaux d'études, redesign to cost mais aussi recours  à la Chine pour les produits  les moins sensibles.

Quel est l’impact de la hausse du prix des matières premières sur vos achats ?

Cette hausse touche tous nos composants et un très grand nombre de matières premières. En effet, nos moteurs électriques ou nos réducteurs contiennent de l’acier, du  cuivre, de l’aluminium, mais aussi des dérivés du pétrole. Avec nos fournisseurs, nous nous sommes mis d’accord pour établir des formules de révision des prix. Elles sont indexées sur des valeurs de référence représentatives du métier, selon les différents  produits. Cette démarche a un avantage important : elle libère du temps pour nos acheteurs qui peuvent se consacrer ainsi à un travail plus approfondi sur les coûts. Nous avons pris le sujet à bras-le-corps depuis juillet dernier et c’est l’un de nos objectifs majeurs pour 2005.

Dans cet objectif, à quels moyens  recourez-vous ?

Il faut prendre en compte le fait que ce  phénomène est mondial et incontournable, et non pas le considérer comme une fatalité. Nous devons être plus intelligents et plus compétitifs que nos concurrents qui sont dans la même situation que nous. En quelques mots, il faut mettre plus de matière grise dans les achats. La situation est malgré tout favorable aux réductions de coûts et nous sortons toutes les idées des cartons, pour revisiter les cahiers des charges, retravailler nos spécifications, élargir nos tolérances et travailler avec d’autres matières.

Ce qui suppose aussi un travail sur les panels de fournisseurs.

Effectivement, ce travail sur les cahier des charges amène aussi à ouvrir nos panels pour élargir la concurrence. De même, nous demandons à nos fournisseurs de trouver des produits plus compétitifs que les générations antérieures. Souvent, ces projets ont pu être mis de côté parce qu’ils ne présentaient pas d’intérêt à un moment donné ou parce qu’ils ne fédéraient pas l’entreprise.  60 à 70 de nos articles sont potentiellement concernés par la substitution. Ils s’agit de produits interchangeables, à la criticité très faible et presque sans impact sur le produit final. Nous commençons par les plus simples. Pour des démarches plus complexes, nous travaillons en étroite collaboration avec le bureau d’études. D’autant que la hausse des prix ne semble pas conjoncturelle mais bien là pour durer.

Les pays à bas coûts sont-ils aussi  un moyen de réduire les coûts ?

La faiblesse du dollar nous ouvre effectivement de nouvelles opportunités. Tous les pays rattachés à la zone dollar sont extrêmement compétitifs, et plus particulièrement les pays à bas coûts. Nous travaillons actuellement sur le sourcing en Asie : il y a, dans cette région du monde, un potentiel très important, avec également beaucoup de  travail, notamment en termes de validation préalable. En Chine, pour nos grues, il existe un véritable savoir-faire.

Quels types de produits achetez-vous  en Chine ?

Nous pouvons y sourcer nos composants non stratégiques. Pour roder les processus et la logistique, nous commençons avec des produits simples, comme de la visserie par exemple, avec une technicité et une criticité réduites. La faiblesse des prix nous permet de multiplier les tests et les essais pour garantir la qualité. Sur ces sujets simples, les gains sont rapides et les risques quasiment nuls. Notre présence est facilitée par notre usine en Chine qui fabrique des grues depuis une dizaines d’années. Elle dispose d’un service achats et d’un service qualité efficaces.

Au final, pensez-vous réussir à limiter  la hausse ?

Notre but est bien d’annuler la hausse et de dégager des points de productivité. Nous sommes dans un marché très concurrentiel, avec des prix de vente très tendus. De plus, au sein d’un groupe américain, nous sommes challengés en permanence sur nos résultats financiers. Notre objectif prioritaire reste donc la rentabilité. Il ne faut pas se résigner : cette situation positionne les achats au  centre de l’entreprise, dans une nouvelle  dynamique.

PORTRAIT
Fabrice Zamparutti
(33 ans, Desma) a travaillé pour Renault V.I., notamment comme chef de projet développement fournisseurs, avant de rejoindre Tecumseh Europe au poste  de chef de groupe achats. Il a  intégré Potain en septembre 2002 en tant que  responsable des achats international. Depuis mars 2004, il est responsable des achats.
EN CHIFFRES
Potain
Fabrication de grues ; division grues de Manitowoc Crane Group
Chiffre d'affaires groupe : 1,3 milliard de dollars
Montant des achats : 80 millions d'euros pour quatre sites en France, un site au Portugal et un site en Italie :
– composants électriques : moteurs, variateurs de fréquence, composants d'armoire, câbles, capteurs
– composants électroniques : cartes, capteurs, composants électroniques de puissance,
radiocommandes
– composants mécaniques : réducteurs, forge, fonderie
– transport, frais généraux (consommables,
énergie, etc.), investissements de production
Effectif achats : 10 personnes

Par la rédaction

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