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La Lettre des Achats - Janvier 2019 N°278
Janvier 2019

Marchés

Conjoncture

Industrie française : le Fabless est mort, vive la French Fab !

Le Fabless est mort, vive la French Fab !

Témoignage

François Pellerin - Animateur du projet - Usine du Futur, région Nouvelle Aquitaine
« Les entreprises françaises sont loin d’être entrées dans l’ère du 4.0 »

Par la rédaction

François Pellerin - Animateur du projet - Usine du Futur, région Nouvelle Aquitaine

« Les entreprises françaises sont loin d’être entrées dans l’ère du 4.0 »

Quel regard portez-vous sur le niveau d’industrialisation de la France ?

La désindustrialisation du tissu économique français n’apparaît plus comme une fatalité. Selon l’observatoire Trendeo, les ouvertures d’usines ont dépassé en 2017 les fermetures pour la première fois depuis la crise de 2008. Sur les deux dernières années, notre industrie nationale a par ailleurs recommencé à créer de l’emploi dans le sillage du CICE et du Pacte de Responsabilité, même si pour plus d’efficacité ces dispositifs auraient gagné à se concentrer sur les entreprises exportatrices. Cette embellie reste bien sûr à confirmer, mais les pouvoirs publics et les entreprises se mobilisent. Le chemin à parcourir sera toutefois long, la part de l’industrie dans le PIB en France ayant pratiquement été divisée par deux en vingt ans. L’âge moyen de notre parc de machines avoisine en outre les dix-neuf ans contre neuf en Allemagne.

Comment le made in France peut-il regagner en compétitivité ?

Il faut inciter les entreprises à investir dans les nouvelles technologies, pour moderniser à la fois leurs systèmes d’information et leur outil de production, afin de gagner en compétitivité et accroître leurs marges. Une étude de BPI France montre que pour 87 % des patrons de PME le numérique ne représente pas une priorité. De fait, les entreprises françaises sont loin d’être entrées dans l’ère du 4.0. Aujourd’hui, le niveau technologique des PME françaises se situe plutôt autour de 2.5. Beaucoup ne sont pas automatisées. Concrètement, la robotique et l’automatisation ne sont massivement présentes que dans les secteurs de l’automobile et de l’électronique. Avec les programmes Usine du futur, développés à l’échelle des grandes régions françaises, dont la Nouvelle Aquitaine, les entreprises ont l’opportunité de se faire accompagner et de bénéficier de sources de financement pour investir dans leur appareil de production.

Que doit changer l’industrie française pour attirer de nouveaux talents ?

Parallèlement à leur modernisation technologique, nos entreprises doivent repenser leur organisation industrielle. En l’état, elle constitue un frein au développement. Nos entreprises restent les parfaits élèves de Taylor, ou seuls le chef et le bureau des méthodes sont censés savoir, quand il faudrait capitaliser sur l’expérience des opérationnels de terrain. Nos entreprises doivent aussi développer l’autonomie des équipes, pour gagner en efficacité et associer plus fortement leurs employés à leur croissance. En redonnant de l’attractivité à ses emplois, l’industrie française attirera à nouveau les jeunes talents qui lui font défaut pour mieux produire et innover.

Par la rédaction

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