Publicité
La Lettre des Achats - Avril 2019 N°281
Avril 2019

Marchés

Conjoncture

Confiance : les chefs d’entreprise n’ont pas le moral

Les chefs d’entreprise n’ont pas le moral

Témoignage

Philippe Waechter - Chef économiste - Ostrum AM
« Les commandes à l’industrie sont franchement à la baisse »

Par la rédaction

Philippe Waechter - Chef économiste - Ostrum AM

« Les commandes à l’industrie sont franchement à la baisse »

Comment analysez-vous la perte de confiance des chefs d’entreprises dans le monde ?

La confiance des chefs d’entreprise s’est sensiblement dégradée depuis fin 2017 au niveau mondial. Cette baisse du moral des patrons souligne la montée des incertitudes pesant sur l’économie mondiale, qui est d’ores et déjà passée d’une phase de croissance robuste à une croissance modérée. L’Europe se situe au cœur de cette inflexion, et les pays émergents sont beaucoup plus fragiles depuis avril 2018. L’appréciation du dollar a en particulier renchéri le coût de la dette des émergents majoritairement libellée en devise américaine. Les Etats-Unis ne sont pas épargnés. La fin des effets de la réforme fiscale de Donald Trump semble commencer à peser sur les indicateurs économiques américains. Dans ce contexte, nous tablons sur une croissance de la zone euro de 1,3 % en 2019, dont 1,1 % pour la France, de 2,3 % à 2,4 % aux Etats-Unis et de 6,2 % en Chine, dont la croissance devrait encore ralentir sur les cinq prochaines années, compte tenu de son passage à une économie de services.

Assiste-t-on à un simple passage à vide ou une réelle déprime de l’économie mondiale ?

Face au tassement observé de la croissance mondiale, aucun facteur laissant entrevoir un rebond ne saute aux yeux à court terme. Il est en particulier difficile d’imaginer que le commerce mondial puisse rapidement retrouver des couleurs car les tensions entre la Chine et les Etats-Unis dépassent le cadre de la guerre commerciale. L’enjeu concerne en réalité leur leadership technologique. En attendant, toutes les grandes zones économiques sont affectées. En Asie, le ralentissement des exportations depuis septembre n’épargne aucun pays. Chine, Corée du sud, Taïwan, Japon et Singapour, tous sont affectés. Personne n’avait anticipé un ralentissement aussi brutal.

L’Europe a-t-elle les moyens de résister à ce ralentissement ?

Tous les indices de confiance des chefs d’entreprise en Europe envoient globalement des signaux négatifs, à l’exception de la France où un léger rattrapage s’est opéré en février avec la perte d’intensité du mouvement des « gilets jaunes ». Outre le ralentissement de l’économie mondiale et la guerre commerciale de Donald Trump, l’Europe doit affronter une montée des incertitudes internes avec l’Italie et le Brexit. A l’approche des élections européennes, la défiance prévaut en l’absence de politique coordonnée à l’échelle de l’Europe susceptible d’amortir le choc négatif du commerce mondial. Sur un autre plan, les commandes à l’industrie sont franchement à la baisse. Derrière, la question est de savoir comment se comportera l’investissement des entreprises. A priori, un net ralentissement est attendu pour le premier semestre 2019.

Par la rédaction

Le dernier numéro

Dernier numéro

N°284 - Juillet - Août 2019

Le catalogue

Le catalogue Silex

Nos partenaires

Retrouvez la revue en format tablette

Apple store Google Play