Publicité
La Lettre des Achats - Avril 2019 N°281
Avril 2019

Management

Par la rédaction

Jean-Marc Barki - PDG - Sealock

« Les certifications et évaluations nous coûtent tous les ans entre 50 000 et 60 000 euros »

Après avoir demandé l’ouverture du label RFAR aux PME et ETI, le patron du fabricant de colle industrielle français milite pour que les directions achats des grands groupes valorisent plus systématiquement les efforts consentis par leurs fournisseurs en matière de RSE.

Vous êtes à l’origine de l’ouverture du label Relations fournisseurs et achats responsables (RFAR) aux PME…

C’est une démarche vertueuse et intelligente qu’il faut faire bouger. Nous avons fait du lobby car l’objectif est que les grands groupes s’engagent en retour, à faire travailler les PME labellisées comme c’est le cas aujourd’hui pour les entreprises appartenant au mouvement de la French Fab. Pour l’instant, cette labellisation n’a rien apporté à Sealock en France car nous faisons plus de volume d’affaires avec le leader des spiritueux italiens que français.
À l’origine ce label n’était ouvert qu’aux grands groupes et j’ai considéré qu’il devait s’ouvrir aux ETI et aux PME. Nous avons fait partie du galop d’essai de l’évaluation et après une période de probation, le premier label officiel nous a été attribué au mois de décembre dernier.

Le label serait donc une manière de consolider un volume d’affaires ?

En tous les cas, c’est une manière de faire prendre conscience aux grands industriels qu’ils ont une responsabilité envers le tissu économique français et qu’ils cessent de se servir de nous comme des marionnettes. Quand nous répondons à des appels d’offres, ces grands groupes nous demandent de nous conformer à leurs chartes, labels et notation RSE mais en échange, leurs acheteurs ne font pas travailler davantage les PME françaises, il faut se battre autant.

Avez-vous l’impression que les choses ne sont pas équitables ?

Ces grandes entreprises qui nous demandent de faire allégeance et de montrer patte blanche, ne s’appliquent pas les mêmes devoirs ! De plus, elles nous demandent de mettre en place des procédures qui n’ont rien à voir avec la structure d’une PME comme la formation interne ou la gestion de personnel.

Vous pensez que la démarche RSE ne sert à rien ?

Pas du tout ! C’est un outil de progrès. Il faut continuer car ce n’est pas une démarche égoïste et les entreprises pionnières doivent être dans une position de bâtisseurs pour éclairer les autres. Ce label est un bon système car il possède des vertus d’améliorations continues mais il faut que les grandes entreprises s’engagent à nous contacter en premier. Nous étions engagés dans la RSE bien avant le label !

C’est une démarche de longue haleine ?

Tout à fait ! Nous sommes déjà certifiés ISO 9001 et ISO 14001 puis nous avons concrétisé cet engagement avec l’évaluation ISO 26000 pour le développement durable mais plus encore pour la RSE. Cette évaluation ISO 26000 est un moyen de faire progresser l’entreprise pour répondre aux exigences de l’industrie et nous améliorer au niveau humain en tenant compte de l’environnement dans lequel nous vivons. C’est une vision à 360° de notre environnement interne et externe. C’est un cercle vertueux à mettre en place car ces certifications RSE coûtent très cher !

Combien vous coûtent ces certifications tous les ans ?

C’est colossal ! Les certifications et évaluations nous coûtent tous les ans entre 50 000 et 60 000 euros. Cela représente environ 1 % de notre chiffre d’affaires ! Un audit d’évaluation ou de certification coûte par exemple entre 3 000 et 4 000 euros. De plus, mes équipes doivent préparer ces certifications et ces audits. J’ai par exemple, un ingénieur qui passe du temps sur ces sujets et des personnels dans chaque service sont impliqués dans ces procédures. C’est très lourd car c’est un système d’amélioration continue. C’est vertueux mais il faut que ce soit vertueux complètement et des deux côtés !

Par la rédaction

Le dernier numéro

Dernier numéro

N°284 - Juillet - Août 2019

Le catalogue

Le catalogue Silex

Nos partenaires

Retrouvez la revue en format tablette

Apple store Google Play