Publicité
La Lettre des Achats - Février 2005 N°125
Février 2005

Tendances

Actualités

États-Unis - Kentucky
Une ligue pour les achats

Déchets industriels dangereux
Une nouvelle mission pour l’acheteur

Vensys
Des achats entre France et Bulgarie

SNR Roulements
Des achats localisés en Roumanie

Investissements
Des acheteurs impliqués

ECA
Pays à bas coûts et standardisation

Patrick Rafin - Directeur des achats France, Schneider Electric
« Faire entrer le sous-traitant dès la conception du produit »

États-Unis
US Communities fédère les achats

AMUE
Aider les universités dans leurs achats

Caroline du Nord
Des enchères partagées pour les municipalités

Solihull Council - Royaume-Uni
Les achats prennent la main

Champagne Louis Roederer
Le luxe se penche sur l’e-sourcing

Angela Stieglitz - Directrice des achats techniques, BASF
« Les catalogues électroniques sont des outils standard »

Doug Gabel - Chef de produit senior, Schneider National
« Les enchères ne sont pas adaptées au transport »

Par Sylvain Chanourdie schanourdie@lettredesachats.fr

Angela Stieglitz - Directrice des achats techniques, BASF

« Les catalogues électroniques sont des outils standard »

En moins de quatre ans, l'e-procurement est devenu un outil familier au sein de BASF. Pour une partie de ses achats techniques, le groupe chimique allemand recourt à la plate-forme cc-hubwoo dont il est actionnaire. D'ores et déjà, 60 catalogues électroniques gèrent plus de 1,4 million de références. Un résultat qui a supposé une implication des utilisateurs internes mais aussi des fournisseurs. Mais BASF n'en reste pas moins discret sur ses gains…

Comment s’est construite la stratégie  d’e-procurement de BASF ?

C’est en 1999 que BASF a pris la décision d’introduire l’e-procurement dans ses outils d’achat. Nous souhaitions nous approprier ces nouvelles technologies le plus tôt possible, pour bénéficier des améliorations qu’elles apportent et pour en faire un moteur de changement auprès de nos équipes achats. Selon les besoins de nos différentes activités, nous avons fait appel à plusieurs plates-formes d’e-procurement.

À quels outils avez-vous recours ?

Nous utilisons principalement le hub électronique Elemica et l’extranet WorldAccount pour les matières premières. Pour les achats techniques, nous utilisons cc-hubwoo, cofondé par BASF en 2000. Les premières transactions électroniques avec intégration complète à notre ERP SAP ont eu lieu mi-2001. En tant qu’actionnaire de cc-hubwoo, BASF peut exprimer ses souhaits en termes de développement et de solutions novatrices. La consolidation récente de la plate-forme nous est favorable, c’est une garantie de pérennité et un élargissement du panel des fournisseurs potentiels.

À ce jour, où en êtes-vous  de l’implantation de l’e-procurement ?

Près de quatre ans après la mise en place des premiers outils, nous avons accompli plus de la moitié du chemin. Les catalogues électroniques sont des outils standard. Nos acheteurs gèrent environ 60 catalogues pour  1,4 million de références. Plusieurs centaines de donneurs d’ordres se montrent satisfaits de nos services. Ils sélectionnent leurs articles à travers une interface web conviviale présentant l’article, son prix, sa photo, etc. La commande est ensuite traitée automatiquement dans notre ERP, et finalement arrive chez le fournisseur à travers cc-hubwoo. Aujourd’hui, plus de la moitié des transactions d’achats techniques est effectuée via cc-hubwoo, c’est-à-dire en transfert électronique de données. Libre au fournisseur d’être lui aussi intégré à la place de marché et donc de recevoir la commande directement dans son ERP.

Quelles améliorations restent  à apporter ?

Le chemin à parcourir ne se mesure plus en nombre de catalogues supplémentaires à mettre en ligne mais selon deux axes. D’une part, l’amélioration du contenu des catalogues, par une meilleure standardisation et définition du portefeuille, des descriptions d’articles optimisées, des mises à jour régulières, etc. D’autre part, la diffusion géographique des catalogues doit être étendue  à une partie des filiales du groupe.

Élargirez-vous le périmètre des achats techniques via l’e-procurement ?

Nous mettons à disposition essentiellement des articles de type C, avec un nombre de transactions très élevé et un chiffre d’affaires commandé relativement faible. Pour  les articles de types B ou C, le donneur  d’ordres a souvent besoin, pour des raisons techniques, d’entretenir un contact en aval avec les acheteurs et les fournisseurs. Dans ce cas, le catalogue électronique n’est pas approprié. En revanche, après une réflexion stratégique, menée parfois à l’échelle européenne, sur une famille d’achats spécifique, il peut s’avérer que l’implantation de nouveaux catalogues soit judicieuse.

Comment s’est déroulée l’adoption  des outils d’e-procurement ?

L’e-procurement est très exigeant techniquement et demande un important effort d’adaptation en interne. Nous avons dû mener des plans de communication interne pour nous assurer de la bonne implication des équipes, au travers d’ateliers de formation, d’événements de communication, d’entretiens, d’une hotline dédiée aux achats. Nous en retirons de multiples bénéfices comme la réduction des tâches administratives, l’intégration à notre chaîne d’approvisionnement, la standardisation des transactions et des produits. Autant de gains qui permettent à nos acheteurs de se concentrer sur  les aspects stratégiques de la fonction et de passer moins de temps sur l’opérationnel.

Cela change-t-il la relation  avec vos fournisseurs ?

La réussite de notre projet passe par un effort conjoint avec nos fournisseurs. Disposer d’une capacité à faire de l’e-commerce devient un pré-requis pour être fournisseur de BASF. Nous leur demandons une capacité à livrer des catalogues électroniques pour les familles où leur rentabilité a été prouvée et/ou une connexion supplémentaire pour le remplacement automatique des stocks. La sélection des fournisseurs se fait aussi sur des critères plus classiques comme le prix, la capacité à livrer à temps ou la qualité de service.

Portrait
Angela Stieglitz (microéconomie en Allemagne et au Royaume-Uni, doctorat de logistique de l'université de Mannheim) est entrée chez BASF en 1998. Elle a rejoint le service achats globaux en 2001 et est devenue responsable du reporting et du contrôle de gestion de l'ensemble des achats techniques du groupe, ainsi que du développement des outils d'e-procurement et des processus associés. Elle a été promue directrice d'une partie des achats techniques en 2003 : technologies de l'information, informatique, équipements et produits de laboratoire et d'atelier, matériel de bureau.
En chiffres
BASF
Chimie
Chiffre d'affaires 2003 : 33,3 milliards d'euros
Montant global des achats : 15 milliards  d'euros (deux tiers de matières premières, un tiers d'achats techniques)
Effectif : 87 000 personnes
Effectif achats : 1 300 acheteurs

Par Sylvain Chanourdie schanourdie@lettredesachats.fr

Le dernier numéro

Dernier numéro

N°286 - Octobre 2019

Le catalogue

Le catalogue Silex

Nos partenaires

Retrouvez la revue en format tablette

Apple store Google Play