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La Lettre des Achats - Avril 2018 N°270
Avril 2018

Matières premières

Acier
« Les acheteurs d’acier doivent s’organiser pour se prémunir contre la volatilité »

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Par la rédaction

Acier

« Les acheteurs d’acier doivent s’organiser pour se prémunir contre la volatilité »

Avec une production d’acier cinq fois plus importante que celle de l’Europe, la Chine fait la pluie et le beau temps sur le marché de l’acier, qu’elle a sérieusement déstabilisé ces derniers temps.

Les prix de l’acier sont-ils élevés ?

Depuis le point bas de janvier 2016, le prix de l’acier a pratiquement doublé. Sur le segment des produits plats, le coil à chaud en Europe du nord se négocie désormais autour de 600 dollars la tonne, contre 315 dollars début 2016. Au regard des interdépendances entre les prix du coil à chaud et du minerai de fer, ce cours de 600 dollars se situe dans une fourchette haute à court et moyen terme. Le prix du minerai de fer s’est également renchéri. Tombé au-dessous des 40 dollars la tonne, à environ 37 dollars en janvier 2016, le CFR Qingdao d’une teneur de 62 % en fer, principal benchmark de l’industrie mondiale, s’échange aujourd’hui à 75 dollars. Mais le prix du minerai de fer reste extrêmement volatil. Fixé en grande partie dans le cadre de transactions quotidiennes entre la Chine, l’Australie et le Brésil, son cours oscille au fil des mois entre 60 et 80 dollars la tonne.

L’acier va-t-il continuer à bénéficier d’une demande soutenue ?

La demande d’acier dans le monde devrait rester positive, suivant en cela la bonne santé de l’économie mondiale. Les évolutions des PIB sont encourageantes, sauf à craindre une crise par nature imprévisible. En 2017, la demande mondiale d’acier a progressé de 3,2 %, dont 1,9 % en Europe, selon l’association professionnelle Eurofer, et de 3,5 % en Chine. Mais les cours de l’acier devraient malgré tout durablement connaître des soubresauts et afficher une grande volatilité. Tous les regards seront une fois de plus tournés vers la Chine qui représente 49,2 % du marché mondial de l’acier. Son poids est devenu tellement important que même une petite variation de sa demande peut avoir des effets dévastateurs, à la hausse comme à la baisse, sur les prix en Europe et aux Etats-Unis. La production chinoise est cinq fois supérieure à celle de l’Union Européenne et cinquante fois plus importante que celle de la France.

Les surcapacités mondiales d’acier ont-elles une chance de s’estomper ?

En réduisant ces dernières années sa politique d’investissement dans les grandes infrastructures, la Chine s’est retrouvée confrontée à des surcapacités de production. Dans un premier temps, Pékin a exporté ces excédents sur les marchés internationaux, avant tout en Asie du Sud-Est, en Afrique et en Amérique du Sud, mais en réalité très peu vers l’Europe et les Etats-Unis. La conséquence a toutefois été une baisse généralisée des prix de l’acier au niveau mondial. Cette politique de vente à très bas prix, voire à perte, a fortement pénalisé l’industrie de l’acier, y compris en Chine. Les autorités chinoises ont ainsi été poussées à réduire leurs capacités de production. Mais fermer des usines prend du temps. L’Europe fait en l’occurrence face à la même problématique. Les coûts sont à la fois sociaux, politiques et économiques.

Comment les acheteurs peuvent-ils se protéger contre la volatilité de l’acier ?

Les acheteurs d’acier doivent indéniablement s’organiser pour se prémunir contre la volatilité. C’est plus important que d’espérer des prix hauts ou des prix bas. Mais les protections existantes sont encore imparfaites. La première consiste à indexer les prix de vente des produits utilisant l’acier sur le cours de l’acier. Mais encore faut-il que les paramètres qui entrent dans ces formules soient correctement calibrés. Le recours aux marchés à terme constitue la seconde solution. Cela confère de sérieux atouts à leurs utilisateurs. Mais à ce jour, les marchés à terme sur l’acier sont beaucoup plus développés en Chine qu’en Europe.
Portrait

Marcel Genet,
Consultant spécialisé, fondateur de Laplace Conseil

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