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Par la rédaction

Karistem

« L’économie circulaire nécessite de penser en coût complet »

Comment a débuté l’économie circulaire ?

Historiquement, son émergence est liée à la réglementation et notamment à la responsabilité élargie du producteur. Par exemple dans les emballages, l’émetteur a l’obligation de contribuer au recyclage au moins financièrement. Cela a permis de mettre en place toute une filière. L’industrie papetière a été fortement précurseur. L’économie circulaire ne peut être décrétée par un acteur seul dans son coin. Les nouveaux schémas doivent s’instaurer entre différentes organisations. Le rôle de l’acheteur est de susciter les bons réflexes économiques et d’être force de proposition.

Comment se dessine la logique de filière ?

Et dès lors qu’il existe une filière de recyclage, la collecte et le stockage sont réalisés avec d’importantes quantités de matériaux secondaires. Lorsque les volumes sont suffisants, ils permettent de réaliser des économies d’échelle. Dès lors que toute la papeterie recycle, les prix deviennent abordables. Il y a un marché.

Y a-t-il des secteurs en pointe, en retard ?

C’est trans-secteurs : beaucoup de filières ont été créées dans une multitude de domaines. Beaucoup de secteurs sont en phase ascendante. Tous montent en volontarisme. Il existe des filières sur tout type de produit, sur les produits dangereux, sur les véhicules avec le démantèlement. Celles sur les 3E (équipement électrique et électronique) fonctionne très bien et son démarrage a également été impulsé par la réglementation. Même l’industrie du luxe utilise des flacons en verre recyclé, ou des emballages en partie recyclés, sans forcément le mettre en avant. Il y a trois ou quatre ans, l’alimentaire était en retard. Sur le yaourt, par exemple, on ne voyait de possibilité d’économie circulaire. Mais aujourd’hui, on est capable d’introduire une partie recyclée dans l’emballage alimentaire.

Où en est la France ?

L’économie circulaire reste encore très marginale. Elle nécessite de penser en coût complet et parfois de consentir des investissements. Prenons l’exemple d’une entreprise qui commercialise des jus de fruit et recycle déjà ses briques alimentaires. Que faire de plus vertueux ? Elle peut commercialiser ses jus en vrac, en brique de 25 litres, alors les clients viennent chercher leur jus avec leur propre emballage. Et l’entreprise récupère les briques chez les distributeurs. Il faut ici une forte dose de volontarisme pour trouver les fournisseurs, convaincre les distributeurs et les clients, dont certains peuvent être choqués par le changement. Il faut une forte dose de volontarisme pour mettre en place de nouvelles manières de fonctionner. C’est une révolution douce.
Portrait

Pierre Ravanel, Responsable du pôle développement durable

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