Publicité
La Lettre des Achats - Mai 2019 N°282
Mai 2019

Support

Par la rédaction

Gilles Collet - Responsable achats de la DSI - Pôle Emploi

« Le passage au SaaS change tout ! »

Alors que 90 % de ses logiciels sont encore On Premise, Pôle Emploi observe avec intérêt et prudence la montée des logiciels hébergés sur le cloud.

A combien s’élève votre budget achats informatiques ?

Les achats informatiques représentent 280 millions d’euros par an. Nous avons 199 fournisseurs dont une vingtaine en gestion de sites et 221 procédures en 2018. L’On Premise constitue nos plus gros volumes et 90 % de nos logiciels, même si le recours au SaaS est en croissance constante. Les éditeurs le proposent de plus en plus et les modes de comptabilisation et de services sont en train de bouger.

Passer du On Premise au Saas, qu’est-ce que ça change ?

Tout ! Le passage au SaaS change tout ! Avec l’On Premise, nous sommes propriétaires des licences installées sur nos environnements de production. En termes de budgétisation, nous parlons d’investissement et d’amortissement. Donc une recherche de financement importante. Alors qu’avec le SaaS, nous accédons à des services sur étagère payés à l’usage que nous paramétrons pour installer les interfaces dans nos environnements. Ce qui change aussi c’est que le On Premise concernait plutôt la DSI alors que le SaaS aujourd’hui concerne davantage les utilisateurs.

Avez-vous des réticences à confier des données en mode SaaS ?

Il est en effet nécessaire de bien mesurer les risques car la question de la confiance envers l’éditeur est primordiale. Les données que nous allons lui confier sont en effet, sensibles. Toutefois, lorsque ces informations sont trop sensibles, nous choisissons de rester sur
du On Premise.

Les économies sont-elles possibles avec le SaaS ?

Ce n’est pas forcément vrai. Quand nous déployons nos propres logiciels, nous avançons à notre propre rythme alors que pour le mode SaaS, nous payons dès l’ouverture du service même s’il n’est pas toujours valide dans les premiers temps d’exploitation. Du point de vue des économies, nous avons dû essuyer quelques plâtres car nous avons procédé à une ouverture réduite au départ, avec un déploiement progressif. Pôle Emploi, c’est 55 000 salariés.

Les prix peuvent-ils être négociés ?

Oui au regard du volume mais aussi par rapport à l’ajout de services. En fait, négocier pour un SaaS, est plus facile que pour un On Premise car sur ce mode, nous parlons de financement. Nous ne sommes pas sur les mêmes registres de négociations. En SaaS, il existe moins de leviers de négociation qu’en On Premise. Par exemple, quand nous optons pour du SaaS, les éditeurs cherchent à nous imposer leurs contrats, alors qu’en On Premise, nous imposons les nôtres.

Au niveau du ROI, les choses sont aussi différentes…

En effet. Alors qu’en SaaS, la question de la fin de l’abonnement se pose, en On Premise, la question de la vente des logiciels, parfois à l’éditeur lui-même, peut être soulevée. Auquel cas, nous basculons alors vers un autre produit de cet éditeur. Autre exemple, nous pouvons acheter des licences Microsoft d’occasion. Ainsi, en On Premise la question du devenir du patrimoine informatique se pose toujours.

Et concernant l’amortissement des financements ?

Un achat On Premise est amorti en cinq ans alors que le Saas ne l’est jamais puisque c’est un abonnement. De plus, le SaaS devrait normalement se payer à l’usage mais il n’existe pas encore d’éditeurs qui font de vrais SaaS et le prix de l’abonnement ne sera pas vraiment à l’usage mais plutôt au nombre d’utilisateurs. Le passage d’un mode à l’autre change vraiment tout !
En chiffres
Pôle Emploi
Opérateur de l’État
Budget (2018) : 5,2 Mds d’€
Effectif total : 55 000 personnes
Montant des achats informatiques : 280 M d’€

Par la rédaction

Le dernier numéro

Dernier numéro

N°287 - Novembre 2019

Le catalogue

Le catalogue Silex

Nos partenaires

Retrouvez la revue en format tablette

Apple store Google Play