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La Lettre des Achats - Décembre 2014 N°233
Décembre 2014

Par la rédaction

Jean Louis Gauroy - Directeur juridique des achats - Orange

« Le contrat n’arrive jamais à échéance sans qu’il se soit passé quelque chose »

Dans un environnement en perpétuel évolution, le groupe télécom fait régulièrement évoluer ses contrats tout au long de leur durée de vie, grâce au rôle d'intermédiaire que jouent les achats entre fournisseurs et utilisateurs.

Combien Orange gère-t-il de contrats-cadres ?

Nous achetons pour 15 milliards d’euros par an, dont la moitié en France et l’autre moitié dans les autres filiales du groupe. Nous avons transféré une partie de nos achats dans une filiale commune avec Deutsche Telekom. Cette filiale – qui s’appelle Buyin – s’occupe des achats corporate, c’est-à-dire les terminaux mobiles, les infrastructures réseaux et les plates-formes de services. Les achats informatiques et les achats généraux (communications, marketing,  moyens généraux, etc.) restent sous la compétence d’Orange. Nous avons plusieurs centaines de contrats-cadres, dont ceux gérés par Buyin, et leur durée de vie est généralement de trois ans.

Comment sont gérés vos contrats-cadres après signature ?

Il y a deux cas de figure. Soit nous considérons que le contrat n’a pas besoin d’évoluer parce que le service ou le produit est bien défini et il n’y pas d’autre renégociation à faire. Soit il faut le renégocier, et nous le faisons par voie d’avenants précisant les évolutions. Nous sommes dans un environnement où les choses évoluent vite. Et il faut bien comprendre que dans un contrat, si les deux parties sont d’accord, nous pouvons avancer très vite. De fait, si des baisses de coût, des effets de volume ou des évolutions des technologies n’ont pas été complètement envisagés au début, nous proposons au fournisseur un avenant pour prendre en compte ces évolutions.

Comment évoluent vos contrats ?

Tout cela se gère en permanence : pendant les trois ans de durée du contrat, il y a un dialogue permanent entre l’acheteur – qui est en quelque sorte le porte-parole du fournisseur – et les prescripteurs, c’est-à-dire les services utilisateurs. Et le contrat n’arrive jamais à échéance sans qu’il se soit passé quelque chose. Nos contrats ne font pas en principe l’objet de reconduction tacite.

Quel outil utilisez-vous ?

Nos contrats sont gérés dans un workflow électronique, appelé Sprint. C’est un outil pour les acheteurs qui y gèrent plusieurs paramètres : réductions de coût, modifications du cahier des charges, etc. Les services juridiques n’interviennent pas vraiment sur Sprint, sauf en cas de validation finale. En tant que directeur juridique achats, je valide seulement les contrats supérieurs à 3 millions d’euros.

Effectuez-vous un travail de rationalisation de vos contrats en chassant les doublons

Nous n’avons pas vraiment de doublon. Selon les cas, nous avons des contrats en mono-source ou en double source : sur une commodité donnée, nous avons deux ou trois fournisseurs selon la nature de la prestation, le degré d’innovation, etc. C’est le cas pour la location de véhicules, l’énergie. Il y a peu, le marché de l’énergie était monopolistique. Aujourd’hui, l’énergie est importante pour Orange, pour alimenter les data centers notamment. Donc nous avons plusieurs fournisseurs pour bénéficier de conditions de prix améliorés. Mais si le marché fournisseurs est réduit – avec par exemple des brevets qui mènent au leadership d’une entreprise dans un domaine – nous savons qu’il serait plus difficile de faire du double sourcing.


En chiffres
Orange
Télécoms
Chiffre d’affaires groupe (2013) : 41 Mds d’€, dont Orange France (20 Mds d’€)
Montant des achats groupe : 17 Mds d’€
Effectif total groupe : 165 000 personnes dont Orange France (102 000 personnes)
Effectif achats groupe : 600 personnes Orange et 250 personnes BuyIn

Par la rédaction

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