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La Lettre des Achats - Février 2017 N°257
Février 2017

Marchés

Enquête

Les Achats attentifs aux débouchés

Gestion des déchets : les Achats attentifs aux débouchés

Embellie sur le marché des déchets en 2017 et 2018

Témoignage

Johan Bogren - Consultant associé - Euklead
« La nomenclature des déchets est une jungle »

Par la rédaction

Johan Bogren - Consultant associé - Euklead

« La nomenclature des déchets est une jungle »

à chaque segment de produits peut correspondre une filière spécialisée, encore faut-il la trouver et s’assurer que le prestataire retenu valorise au mieux le déchet.

Quel est votre regard sur l’offre fournisseurs ?

Il y a deux grands opérateurs, Veolia et Suez Environnement, mais on pourrait aussi citer Séché et Saur. Ce sont de grands généralistes. Et puis il y a les spécialistes comme Urbaser et Sepur (déchets ménagers), Chimirec (déchets dangereux) ou encore les prestataires spécialisés dans les DASRI (déchets d’activités de soins à risques infectieux). Au niveau logistique, les déchets spécialisés requièrent une organisation à part. Les grands prestataires traitent les DASRI mais ne sont pas organisés de la même façon partout sur le territoire. Enfin, on compte un grand nombre de petits prestataires, notamment dans les métaux. Il faut savoir que les grands travaillent parfois ensemble : l’un a un incinérateur dont l’autre se sert. Cela dépend des zones géographiques. Veolia a par exemple un bon maillage en région PACA.

Comment s’y retrouver lorsque l’on a des déchets très variés ?

La nomenclature des déchets est une jungle : déchets forestiers, pétroliers, etc. Dans chaque catégorie, il y a des segments. Chaque segment de déchets a ses filières de récupération valorisation et ses contraintes juridiques. En fonction des déchets que vous générez il y a beaucoup d’aspects complexes à prendre en compte. Sur certaines matières particulières il existe parfois une multitude d’acteurs du retraitement spécialisés. Et sur ces segments, les grands sont moins performants, ils se positionnement plutôt sur les classiques comme le carton, le plastique, l’électrique et les DEEE (déchets d’équipements électriques et électroniques).

Est-il difficile de faire son choix dans cette offre découpée en généralistes et spécialistes ?

Je ne pense pas qu’il y ait de problème pour trouver un bon prestataire de récupération. Le problème c’est de trouver un prestataire qui valorise correctement le produit. Certains peuvent enfouir alors que d’autres arrivent à valoriser et même à recycler vos produits. Il faut donc être regardant sur l’exutoire que propose le prestataire.

La tarification est-elle suffisamment lisible ?

Au départ elle est relativement simple, vous payez en fonction de trois facteurs : la location de containers, le traitement des déchets et leur transport. Si nous voulons comptabiliser les coûts complets (TCO), il faut penser aux coûts supplémentaires – frais d’installation, de maintenance, de réparation, d’arrêt de production, dépenses d’énergie – qui ne ressortent pas forcément sur le poste déchets. Un de mes clients avait calculé cette partie : le cout du prestataire représentait 20 % et les autres postes que je viens de citer représentaient 80 % du TCO.

Quels sont les points de vigilance pour les donneurs d’ordres ?

Il faut d’abord faire attention à la pesée de vos déchets. Le prestataire récupère vos déchets (bennes, balles, containers, palboxes) et déclare une masse. Plus d’une fois j’ai vu les balances qui n’indiquaient pas le bon poids : elles indiquent parfois une masse plus grande que la réalité ! Et les donneurs d’ordres ne pèsent pas souvent leurs déchets au préalable. Cette pratique concerne les petits comme les grands. Une fois je suis monté sur la balance d’un grand prestataire et j’avais 5 kg de trop ! Vu mon poids, ça fait 6 %. Rapporté à la tonne, cela fait beaucoup !

D’autres conseils aux acheteurs ?

Il faut faire particulièrement attention au forfait que proposent certains prestataires : ils font payer par benne ou par enlèvement, quel que soit le poids ; de fait, traitement et transport sont facturés ensemble. Vous êtes gagnant si vous mettez un maximum de déchets compactés dans chaque benne. Dans ce cas, cela peut être rentable d’investir dans un compacteur ou un broyeur pour que la densité soit maximale. Mais de façon générale, je n’aime pas le forfait parce que la notion de poids devient brouillée.

Par la rédaction

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