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Par la rédaction

Isabelle Bailly - Directrice des achats - Panzani

« Je pense qu’une loi est nécessaire pour faire avancer la parité »

Bien qu’elle n’ait pas rencontré le fameux plafond de verre durant sa carrière, la directrice des achats de Panzani croit en la nécessité de légiférer, au moins pour rééquilibrer la composition des conseils d’administration.

Vous êtes-vous heurtée au cours de votre carrière à un plafond de verre ?

Personnellement non. Je n’ai jamais eu l’impression de me heurter à ce plafond. Après avoir fait une formation en école de commerce, je suis entrée chez Mars comme acheteuse et j’ai été nommée directrice achats à 30 ans lorsque je suis entrée chez DS Smith, une société de produits d’emballage. Je trouve plutôt étrange qu’il n’y ait pas encore de parité dans les Achats car c’est une fonction qui reste opérationnelle avec des résultats visibles et mesurables. De ce fait, le profil des personnes se traduit en chiffres.

Pourtant cette absence de parité existe bel et bien… Comment peut-on l’expliquer ?

Les femmes ne sont peut-être pas suffisamment candidates aux fonctions de direction et de ce fait, ne sont pas identifiées comme de possibles ressources. Une analyse réductrice qui pousse certains à conclure à la faiblesse du potentiel de performance chez les femmes. Il ne faut pas oublier malgré tout, que pendant longtemps les profils recherchés aux Achats étaient techniques. Les entreprises recrutaient des ingénieurs. Le vivier féminin était donc moins large. Or aujourd’hui, les acheteurs et les directeurs achats sortent d’écoles de commerce où les femmes sont souvent plus représentées que les hommes.

Avez-vous atteint la parité au sein de vos équipes ?

Absolument. J’ose croire que je fais partie de cette génération où le genre n’est plus différenciant. Je manage une équipe de six acheteurs et d’une cinquantaine de personnes à la supply chain. Et sans le rechercher sur la globalité de mon équipe, les femmes sont représentées à 60 %. Tout est question de compétence et je recrute suivant ce seul critère.

Pensez-vous que malgré tout, une loi soit nécessaire ?

Oui. Car même si je n’ai pas été confrontée à ce type de contraintes, je trouve choquant que les femmes ne soient pas plus représentées dans les comités de direction. Je pense qu’une loi est nécessaire pour faire vraiment avancer la parité et tordre définitivement le cou aux idées reçues. Je verrais plutôt une loi qui accélère la période de transition vers la parité. Elle devrait ensuite ne plus être nécessaire sur la durée car ce seront alors les compétences qui primeront.

Les femmes apportent-elles des gains particuliers dans les comités de direction ?

Je le pense car les femmes sont très pragmatiques et passent facilement de la stratégie aux mises en œuvre de celles-ci. De plus dans leur savoir-être, elles sont davantage dans une posture de facilitation des échanges et d’apaisement sans baisser le niveau d’exigence. Bref, certaines capacités de savoir-être des femmes mettent de la fluidité et de l’efficience dans une société.
Portrait
Après une formation en école de commerce, à l’Essec Business School, Isabelle Bailly est entrée dans la carrière achats dès 1990 avec un premier poste d’acheteur industriel chez Masterfoods qu’elle a quitté cinq ans plus tard pour entrer chez DSSmith Kaysersberg, une entreprise de cartons recyclés, où elle a occupé les fonctions de  responsable des achats puis de directrice des achats. Après quelques mois comme directrice des achats du groupe Installux, elle a rejoint en 2007, le groupe Panzani où elle est aujourd’hui, directrice des achats groupe, Supply chain, Digital & IT.

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