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La Lettre des Achats - Octobre 2018 N°275
Octobre 2018

Marchés

Conjoncture

Risques politiques : les économies émergentes dans la spirale d’une crise monétaire

Les économies émergentes dans la spirale d’une crise monétaire

Témoignage

Véronique Riches Flores - Présidente - RF Research
« Des pays où le crédit s’est substitué à la croissance réelle »

Par la rédaction

Véronique Riches Flores - Présidente - RF Research

« Des pays où le crédit s’est substitué à la croissance réelle »

Comment expliquer le net accès de faiblesse des devises émergentes ?

En sifflant la fin de sa politique monétaire accommodante, la Réserve fédérale américaine a coupé les vannes de l’investissement dans les pays émergents. Or, ces économies étaient déjà en crise de croissance depuis 2012, après le réajustement de la politique monétaire de Pékin. Cette décision avait sonné comme un véritable coup de frein aux importations chinoises, vitales pour nombre de pays émergents. Leurs recettes à l’exportation ont par ailleurs été durement pénalisées par la chute des prix des matières premières, hors pétrole. Les mesures protectionnistes de Donald Trump pourraient être un nouveau choc. Fragilité économique et fuite des capitaux, dans des pays où le crédit s’est substitué à la croissance réelle, sont en résumé les principaux ingrédients de la déprime des devises émergentes.

Tous les pays émergents sont-ils impactés ?

Les pays émergents exportateurs de biens manufacturés, essentiellement asiatiques, font figurent de cas particuliers. Leurs excédents courants favorisent au contraire l’appréciation de leurs devises. Mais face à la faiblesse du yuan chinois, ces pays pourraient être tentés d’assouplir leur politique monétaire pour regagner en compétitivité. En revanche, les pays comme le Brésil ou l’Afrique du Sud, exportateurs de matières premières, avec des cours en berne, quand les prix des biens manufacturés importés se renchérissent sous l’effet de la dépréciation de leur monnaie, pourraient rentrer dans une spirale inflationniste, conduisant à une remontée des taux d’intérêt, avec un risque de récession.

La parité de l’euro est-elle actuellement favorable aux économies européennes ?

Le taux de change de l’euro a pratiquement renoué avec ses plus hauts historiques, si l’on se fie au panier de 38 devises suivi par la BCE. Face au dollar cela tient du paradoxe tant les écarts des taux d’intérêt à deux ans entre les Etats-Unis et la Zone euro se sont creusés depuis trois ans. Sans compter les écarts de croissance. En réalité la manne pétrolière masque la détérioration structurelle de l’économie américaine, plombée par ailleurs par l’envolée de ses déficits. Au-delà du dollar et des devises émergentes, l’appréciation de l’euro est aussi significative face aux devises du nord de l’Europe, comme la Suède et le Royaume-Uni, soumis à des tensions politiques, comme le Brexit.

Par la rédaction

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