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La Lettre des Achats - Juillet-Août 2005 N°130
Juillet-Août 2005

Interview

Annick Gentès-Kruch - Directrice B to B - PSA Peugeot Citroën
« Un moyen d'accompagner la croissance du groupe »

Sandrine Laur-Harel - Directrice des achats groupe - Segula Technologies
« Nous avons centralisé nos demandes de voyages »

Christophe Koch - Responsable performance et support achats - Aéroports de Paris
« Accroître la part des achats sous contrat »

Par la rédaction

Christophe Koch - Responsable performance et support achats - Aéroports de Paris

« Accroître la part des achats sous contrat »

Devenu société anonyme début 2005, ADP a entamé deux chantiers majeurs autour de l'e-business : l'e-sourcing et l'e-procurement. Le premier, passant par la plate-forme AirportSmart mutualisée avec les aéroports de Londres et de Copenhague, assure un retour sur investissement très rapide. L'e-procurement monte en puissance et devrait couvrir 50 % à 70 % des dépenses. Tour d'horizon d'une démarche d'e-achat d'à peine deux ans.

Après deux ans d’utilisation, quel bilan tirez-vous de l’e-sourcing ?
Nous l’utilisons pour des enchères inversées, pour un montant inférieur à 100 millions d’euros par an, de l’ordre de 4 % à 5 % des dépenses (soit 1,5 milliard d’euros). Nous ne pensons pas dépasser un taux d’usage de 7 % à 8 % : le prescripteur a des fournisseurs préférentiels et certaines catégories d’achats sont quasiment en situation de mono-fournisseur. Au total, une vingtaine d’enchères ont été menées en 2003, une trentaine en 2004, un peu plus en 2005. Nous sommes client de Procuri depuis six mois ; auparavant nous passions par un autre prestataire.
Pouvez-vous détailler les gains dus aux enchères ?
Les gains de temps sont très nets, tant sur la durée de l’enchère que sur la gestion du planning : de cinq réunions, nous sommes passés à une seule. En moyenne, le gain d’achat par rapport au coût historique se situe autour de 10 %. Il faut y ajouter le gain de temps libérant de la disponibilité pour que l’acheteur se consacre à d’autres dossiers. Sachant que l’outil revient annuellement de 20 000 à 30 000 euros, le retour sur investissement s’avère très rapide. Le coût intervient de 60 % à 70 % dans la sélection du fournisseur mais n’est pas toujours un élément déterminant : il passe en particulier après la sûreté.
Vous utilisez AirportSmart avec les aéroports de Londres et Copenhague. S’agit-il d’un groupement d’achat ?
Il ne s’agissait pas de monter une centrale d’achat pour grouper des contrats mais de mutualiser les coûts de la plate-forme. Les coûts de lancement s’élèvent à environ 80 000 euros partagés entre aéroports (42 % Londres, 40 % ADP et 18 % Copenhague), auxquels il faut ajoutàer un coût variable de formation et d’assistance. Le coût d’utilisation se monte à 2 000 à 3 000 euros de licence par acheteur. Nous avons acquis dix licences, correspondant à autant d’acheteurs gérant des catégories d’achats classiques. Les synergies entre les services achats des aéroports s’exercent en amont mais les enchères inversées sont menées indépendamment. À quelques exceptions près, comme les fournisseurs de passerelles qui sont mutualisés. À l’avenir, il est possible que nous partagions avec nos partenaires un planning des charges permettant alors des synergies de sourcing. Nous aurions pu développer seuls l’outil mais les bénéfices d’une mutualisation apparaissent : cela devient un outil de communication avec nos partenaires.
Le bilan de l’e-procurement est-il aussi positif ?
Nous avons fait le choix du tout SAP avec le module EBP opérationnel depuis novembre 2004. Nous hébergeons une vingtaine de catalogues aujourd’hui et près d’une centaine de fournisseurs sont référencés. Nous réalisons une cinquantaine de millions d’euros via l’e-procurement, soit 3 % à 4 % de nos achats. Nous intégrons actuellement la version 2 de notre outil pour y inclure les prestations comme l’intérim ou les travaux. En termes d’organisation, il n’était pas possible d’équiper immédiatement toutes les personnes concernées par les approvisionnements : de 300 utilisateurs actuellement, l’outil devrait atteindre les 2 000. La conduite du changement est un volet majeur de la mise en œuvre de l’e-procurement. Le coût total du projet, y compris sa version 2, est de 1 million d’euros facturés.
Quels objectifs visez-vous avec ce déploiement récent ?
Ils sont de deux ordres : accroître la part des achats sous contrat et favoriser le zéro papier pour fluidifier le processus de commande. Contrairement à l’e-sourcing, nous pensons couvrir 50 % à 70 % des achats traités dans les deux ans. La mesure des gains se fait selon différents critères : le taux de précision avec EBP – afin de s’assurer que le prescripteur a le plus de chance de trouver le bon produit –, le volume de ce qui passe par l’outil, l’évolution du panier moyen de commandes. Nous observons ainsi une forte hausse des commandes qui entraîne celle du nombre de factures. Pour prévenir le phénomène, nous négocions avec des fournisseurs comme Guilbert.
Travaillez-vous à l’analyse de vos dépenses ?
Nous n’avons pas d’outil dédié. Nous réalisons un reporting achats avec des outils de bureautique. Nous extrayons des données de l’ERP SAP à partir de requêtes définies sur les engagements, les nouveaux contrats, les dates d’échéance, etc. Nous y ajoutons des informations en provenance de la DSI ou de la DRH qui se rapportent à la fonction achats et également des données issues de la mesure de la performance achats. Par exemple, le nombre de fournisseurs qui représentent 90 % des dépenses de telle catégorie. Nous effectuons un reporting mensuel sous Powerpoint avec les contrôleurs de gestion. Avec eux, nous établissons aussi des plans de deux ans pour valider les périmètres des dépenses et les formules de calcul afin de bâtir un compte de résultat. 


Portrait

Christophe Koch (37 ans, Ensam Paris, MBA HEC) est responsable du service performance et support achats d'ADP. Auparavant, il a notamment été directeur de missions achats dans le conseil.
 

En chiffres

ADP
Gestion d'aéroports
Chiffre d’affaires : 1,821 milliard d'euros
Effectif : 8 203 personnes
Montant des achats : 1,5 milliard d'euros
> e-sourcing : moins de 100 millions d'euros,  plus de 30 enchères annuelles (Procuri)
> e-procurement : environ 50 millions d'euros (SAP EBP), une vingtaine de catalogues

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