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La Lettre des Achats - Janvier 2005 N°124
Janvier 2005

Interview

Alain Gautier - P-DG, - Alençon Plastic
« 80 % de nos achats sont réalisés à travers un GIE »

Paulo Rato - Responsable des achats - CETAM Automatismes
« Rationaliser les achats nous a valu la certification »

Christelle Obambo - Responsable des achats de la production - IMMOTEC Systèmes
« Être présente plus en amont dans les processus »

Fabrice Zamparutti - Responsable des achats - Potain
« Mettre plus de matière grise dans les achats »

Denis Forgues - Responsable des achats - DEHOUSSE Industries
« Acheter 70 % à 80 % du produit fini à terme »

Par la rédaction

Alain Gautier - P-DG, - Alençon Plastic

« 80 % de nos achats sont réalisés à travers un GIE »

Dès 1996, la PMI de la plasturgie Alençon Plastic a compris l'intérêt de regrouper ses achats en co-fondant un GIE. Les contrats-cadres négociés représentent aujourd'hui plus de 80 % de ses achats. Outre de meilleures conditions tarifaires, l'échange d'informations entre des PMI similaires transforme la structure en outil de veille économique. Et la forte concurrence pousse à trouver des solutions de délocalisation.

Quelle politique d’achat avez-vous mise en place pour votre entreprise ?

En 1996, Alençon Plastic a co-fondé, avec trois autres PMI, un GIE de la plasturgie, Alliance Plasturgie. Nos objectifs sont de faire face à des fournisseurs grands comptes, tels les spécialistes de la pétrochimie, de négocier en commun les conditions d’achat pour obtenir les meilleurs tarifs et assurer le développement de chaque membre. Ce GIE représente environ 700 salariés cumulés et un volume d’achat dix fois supérieur à celui d’Alençon Plastic. Les gains financiers réalisés ne sont pas faciles à estimer. Pour ne citer qu’un exemple, sur les emballages, nous pouvons chiffrer l’économie à plus de 15 % en moyenne pour les membres. Nous comptons aujourd’hui sept adhérents dans un rayon de 150 km autour d’Alençon. Le recrutement de nouveaux membres, des PMI indépendantes situées dans le grand Ouest, se fait par cooptation. Par expérience, il est souhaitable qu’elles aient une activité pas trop éloignée de la plasturgie.

Quelles sont les missions de ce GIE ?

Il recueille les informations des marchés, permet aux membres d’échanger des informations achats entre eux et de négocier des contrats-cadres applicables à tous. L’apport d’informations est très important : auparavant, nous n’avions pas de visibilité sur les prix du marché, les cours et indices. Sans cela, nous n’aurions pas pu y voir clair dans le contexte actuel d’augmentation des prix, avec des matières premières de 10 % à 40 % plus chères. Le recoupement d’informations entre membres est très utile pour la veille sur le marché des fournisseurs. Avec des résultats parfois surprenants, comme avec les factures EDF… Naturellement, certains de nos fournisseurs n’ont pas apprécié ce regroupement et y ont vu un risque de  perdre des parts de marché. Mais ceux qui ont proposé une offre cohérente et attractive en termes de prix ont été retenus.

Comment fonctionne cette structure, avec quelles ressources ?

Un acheteur à mi-temps est chargé d’assurer la négociation de ces contrats et d’animer la communauté des membres. Cette petite structure est financée par les cotisations des adhérents. Nous nous réunissons mensuellement mais naturellement, les échanges se prolongent en dehors de ces rendez-vous. Pour faciliter le fonctionnement, chaque PME se voit attribuer une famille d’achats dans laquelle l’acheteur se spécialise pour la recherche de nouveaux fournisseurs, le suivi, etc. Dans notre cas, il s’agit de l’emballage.

Pour les membres, y a-t-il une obligation de passer par le GIE ?

Chaque PME adhérente est libre de passer par les fournisseurs et les contrats-cadres préconisés. Il existe au moins un autre groupement de PMI de l’industrie plastique en Rhône-Alpes mais avec une structure plus lourde ; surtout, il y a obligation pour ses membres de passer par ses services. Au sein de notre groupement, en principe, les PME achètent donc indépendamment les unes des autres aux conditions négociées par le GIE. Mais pour de petits volumes de matières premières, la revente entre membres est possible. Une PMI ayant besoin de 100 kg d’un produit pourra s’approvisionner auprès d’un partenaire qui en a acheté 10 tonnes, avec un tarif nettement plus avantageux.

Les contrats négociées par le GIE  représentent-ils une part importante  de vos achats ?

Au total, Alençon Plastic effectue plus de 80 % de ses achats avec des contrats négociés par le GIE. Tous les types d’achats ont été négociés par cette structure : les matières premières sont prépondérantes mais sont aussi concernés les fournitures de bureau, la maintenance, les transports, l’emballage, les palettes ou les investissements. Le reste correspond à de petits volumes d’achats parfois non négociables ou du moins non mutualisables, comme la commande d’un moule, une pièce unique.

Dans ces conditions, pouvez-vous  vous passer de responsable des achats ?

Le travail du GIE n’empêche pas notre responsable des achats de faire ensuite le tri parmi les trois à cinq fournisseurs recommandés, de rechercher des fournisseurs à meilleur coût ou de renégocier des conditions spécifiques. Nous avons créé ce poste il y a deux ans. Nous avons recruté notre responsable des achats en interne pour sa connaissance du sujet et son bon contact commercial. Tout a été centralisé auprès d’elle. Notre responsable assure également un travail de suivi.

Utilisez-vous d’autres solutions  pour baisser vos prix d’achat ?

Oui. Nous travaillons sur la substitution de matières plastiques ou l’introduction de nouvelles références. Un changement important dans la fonction achats de notre entreprise est la demande répétée de travailler dans les pays à bas coûts, en particulier les pays de l’Est. Nous avons été sollicités à ce sujet. À relativement court terme, nous préparons un projet où il s’agira de partager les risques avec une ou deux autres PMI. Cette délocalisation est vitale, nous devons suivre notre client principal qui représente une large part de notre chiffre d’affaires.

PORTRAIT
Alain Gautier (48 ans, formation technique, formation en gestion d'entreprise) a fondé en 1987 Alençon Plastic dont il est le P-DG. Auparavant, il avait exercé différentes fonctions au sein de PMI à des postes techniques et commerciaux.
EN CHIFFRES
Alençon Plastic
Conception et fabrication de moulages plastiques
Chiffre d'affaires 2004 : 6,5 millions d'euros
Effectif : 72 personnes
Montant des achats : 2,5 millions d'euros
Effectif achats : 1 personne en interne

Par la rédaction

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