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La Lettre des Achats - Avril 2012 N°204
Avril 2012

Management

Actualités

France Télécom - Deutsche Telekom
« Nous avons un niveau de similarité très fort dans nos achats »

Veolia Transdev
Deux cultures achats en fusion

RFF
Plus de 6 milliards d’euros d’achats externalisés

Par la rédaction

France Télécom - Deutsche Telekom

« Nous avons un niveau de similarité très fort dans nos achats »

Cyril Pourrat, directeur de l’excellence achats de la joint-venture constituée en octobre 2011 par France Télécom et Deutsche Telekom pour gérer en commun un tiers du montant total de leurs achats, présente ses objectifs et son organisation. Dans trois ans, elle devra générer 1,3 milliard d’euros d’économies.

Quel est le périmètre d’action de Buyin ?

France Télécom et Deutsche Telekom mettent en commun 13 milliards d’euros d’achats au sein de cette joint-venture. Ce sont nos familles cœur de métier : équipements de réseaux, équipements terminaux, services plates-formes (télévision sur ADSL, SMS, MMS). Ont été exclues quelques catégories d’achats locales, comme les travaux publics qui représentent chez les opérateurs des montants significatifs ainsi que les achats indirects et les achats de capacité de réseaux auprès d’autres opérateurs.

Comment va fonctionner cette joint-venture d’achats de production ?

C’est une centrale de négociation. Son objectif est de négocier des contrats groupes pour le compte des maisons mères, et d’intervenir en support des filiales dans leurs négociations locales. Nous servons au total 50 filiales, principalement en Europe, mais aussi en Afrique et aux États-Unis. Contrairement à d’autres modèles de centrale, nous ne pratiquons pas l’achat pour revente.

Conjointement avec le président de Buyin, Volker Pyrtek, vous définissez la stratégie achats. Quelles sont vos priorités ?

Notre principal objectif consiste à délivrer 1,3 milliard d’euros d’économies en année pleine dans trois ans. Pour cela, nos leviers sont classiques. Le premier consiste à comparer nos prix. Chacun possède ses atouts au regard de la stratégie commerciale des différents fournisseurs. Deutsche Telekom peut profiter de sa présence sur le marché américain, sur lequel les marges sont importantes par rapport à l’Europe. France Télécom, de son côté, bénéficie de ses positions sur le marché africain, qui est en fort développement. Nous allons également jouer sur nos volumes et sur une potentielle convergence technique à laquelle travaillera, notamment, l’équipe de procurement engineering.

En quoi consistera précisément le travail de cette équipe ?

Elle travaillera sur la redéfinition du produit, sur les processus, et mettra en place les méthodes les plus en pointe en matière de design et redesign to cost, et d’analyse de la valeur. Elle fonctionnera de manière très proche de ce qui se fait dans l’automobile, en particulier chez BMW, où près de 200 ingénieurs sont consacrés à cette fonction. Dans le monde des opérateurs télécoms, c’est une nouveauté. Cette approche initialement développée par Deutsche Telekom, il y a un an, va être déployée au sein de Buyin. Sa partie française reste à recruter pour constituer, à terme, un groupe d’une quarantaine de personnes qui travaillera sur des dossiers avec une temporalité assez longue, de six à huit mois pour les projets les plus complexes, tout en constituant des équipes multidisciplinaires (marketeurs, techniciens…) et en réunissant, si nécessaire, des fournisseurs en mode plateau, afin de réfléchir sur la redéfinition des spécifications par rapport à l’évolution des usages.

La législation interdit une convergence de vos offres. Comment allez-vous gérer cette contrainte ?

Buyin s’est doté d’un compliance officer chargé de piloter les aspects liés à la réglementation en la matière, et aussi de soutenir et de former les acheteurs à ces contraintes. Cela dit, nous ne sommes nulle part en concurrence frontale, sauf avec trois pays (sur un total de cinquante) : la Pologne, la Roumanie et la Slovaquie où nous partageons parfois nos réseaux via des accords de type network sharing. Paradoxalement, le marché des télécoms est un marché local, notre réseau se situe là où sont nos antennes. En Angleterre, nous coopérons déjà au sein d’une joint-venture.

Dans quelle mesure vos panels fournisseurs convergent-ils ?

Notre marché fournisseurs est très concentré, ce qui nous permet d’avoir un niveau de similarité très fort dans nos achats. Moins d’une vingtaine de fournisseurs représentent 80 % des dépenses présentes dans le périmètre de Buyin. Nous n’avons pas de rationalisation du panel en perspective.

Comment la création de la joint-venture a-t-elle été annoncée à vos fournisseurs ?

Un road show a été organisé fin 2011, au cours duquel Volker Pyrtek et l’ensemble des directeurs de domaines sont allés rencontrer un par un les fournisseurs. Il s’agissait d’expliquer personnellement à leurs différents CEO les sous-jacents de notre rapprochement.

Quelle a été leur réaction ?

Nos fournisseurs sont habitués à composer avec un panel clients peu étoffé, notamment en Amérique du Nord ou en Chine, où une poignée d’opérateurs sont présents. En Europe, le jeu est plus ouvert et nous observons des mouvements similaires aux nôtres parmi les principaux opérateurs entraînant dans leur sillage des opérateurs locaux.

Y a-t-il des perspectives d’élargissement du périmètre de Buyin ?

L’informatique fait l’objet d’études et de discussions pour estimer l’intérêt d’appels d’offres communs. En ce qui concerne les achats indirects, nous n’avons pas prévu de les inclure dans le périmètre, le premier levier d’économies sur ces catégories étant d’agir sur la demande.


Organisation
Principes d’union du couple franco-allemand
Buyin est fondé sur le principe de la stricte égalité entre collaborateurs français et allemands. L’équipe de direction comprend quatre personnes issues de France Télécom et quatre autres de Deutsche Telekom. À l’issue d’un processus de recrutement, c’est néanmoins l’ancien patron des achats de l’opérateur allemand, Volker Pyrtek, qui a été désigné. Les organisations achats de France Télécom et Deutsche Telekom lui rapportent de manière fonctionnelle sur les familles de Buyin. De nouveaux directeurs achats ont été désignés par les deux opérateurs pour gérer les familles non prises en compte par Buyin. À terme, Buyin emploiera 276 personnes, recrutées autant que possible par mobilité interne.
Réparties entre Bonn et Issy-les-Moulineaux (92), ces acheteurs travaillent pourtant ensemble en permanence et sont accompagnés dans la gestion des problématiques interculturelles par un cabinet spécialisé (Plateau Consultants). Par ailleurs, un responsable du change management en titre rejoindra Buyin le 1er avril. Il pourra s’appuyer sur une équipe d’intégration déjà constituée. Un baromètre trimestriel a été mis en place pour mesurer le degré de satisfaction des collaborateurs de Buyin. Cette personne sera aussi responsable de la mise en place d’une université achats. Un élément qui existe déjà chez France Télécom, mais pas chez son partenaire allemand.



Portrait


Cyril Pourrat

Directeur de l’excellence achats

En chiffres
Buyin
Joint-venture achats
Montants cibles Buyin : 13 milliards d’euros d’achats
Montant cumulé des achats France Télécom et Deutsche Telekom : 40 milliards d’euros
Hors périmètre Buyin :
Achats informatiques, achats indirects, achats locaux et achats de capacité de réseau
Effectif cible : 276 personnes, dont une soixantaine de personnes dans des fonctions support
Effectif au 20 février : 144 personnes

Par la rédaction

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