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La Lettre des Achats - Mars 2012 N°203
Mars 2012

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Bedouk - coach omnium
Événementiel : la fête est finie.

Par Maxime Rabillier

Bedouk - coach omnium

Événementiel : la fête est finie.

Le 20e baromètre Bedouk-Coach Omnium des réunions et événements d’entreprises souligne les difficultés du secteur depuis l’année dernière. Et constate un alignement durable des pratiques sur des standards de crise.

L’an dernier, les entreprises établies en France ont consacré 8,91 milliards d’euros à leurs séminaires, conventions, congrès et autres événements (hors coûts de transport). Le secteur affiche une croissance de 1,2 % qui ne saurait faire illusion : le deuxième semestre a vu les dépenses ralentir et l’année 2012 s’annonce sombre, selon les entreprises interrogées en décembre par le cabinet d’études Coach Omnium, spécialiste du tourisme d’affaires. « Les donneurs d’ordres naviguent désormais à vue, sans véritable anticipation », relevait son directeur, Mark Watkins, en présentant son baromètre en février, lors du salon Bedouk.
Les entreprises continuent de réunir leurs troupes, leurs revendeurs, leurs concessionnaires ou leurs clients. Mais en pratique, toute une batterie de leviers est actionnée pour faire baisser la facture de ce périmètre désormais désigné sous l’acronyme MICE (Meetings, Incentives, Conferences and Exhibitions). La réduction du budget par participant est plus que jamais d’actualité, citée par 71 % des sondés. Viennent ensuite l’annulation et la réduction du nombre d’opérations (36 %), et le choix de prestataires moins coûteux ou moins prestigieux (29 %).
Le contexte de rigueur ne fait que confirmer ou accentuer des évolutions de long terme. Par exemple, la part croissante des événements réunissant 10 à 50 participants, formule permettant un travail efficace sans nécessiter de logistique trop complexe. Ou le raccourcissement de la durée des manifestations, entamé il y a une dizaine d’années : « On se réunit moins longtemps et les réunions d’une journée, voire une demie journée, augmentent aux dépens de celles se déroulant sur deux et trois jours », note Mark Watkins, en faisant le lien avec le net recul des activités périphériques (sportives, culturelles ou ludiques). Désormais, les entreprises sont plus attentives à la cohérence entre la nature et le standing de l’événement et le message à faire passer, très teinté austérité ou rigueur. « On évite l’ostentatoire, même si un cadre luxueux peut être obtenu à un prix très accessible », poursuit-il.
L’ancrage d’un réflexe de négociation sera d’ailleurs l’effet le plus durable de la crise. Les donneurs d’ordres sont désormais 90 % à discuter les prix, et 53 % explorent de nouvelles marges de manœuvre sur les conditions de vente (contre 28 % en 2009). Sans compter que 21 % se déclarent à la recherche de nouveaux prestataires. « Pour ces derniers, cela implique un nombre croissant de sollicitations, et un taux d’acceptation des devis passé sous la barre des 20 %. Soit tout un travail amont très consommateur de temps, bien que non indemnisé », relève Mark Watkins. Et la question du prix n’est plus seulement un enjeu commercial, selon lui : c’est devenu l’élément clé dans l’élaboration de l’événement lui-même. Les demandes se font d’ailleurs de plus en plus via Internet.


Par Maxime Rabillier

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