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La Lettre des Achats - Février 2012 N°202
Février 2012

Tendances

Chronique

Le théâtre des trois A

Par la rédaction

Le théâtre des trois A

Que pourrait-on se souhaiter de mieux pour 2012 à la LDA (La Lettre des Achats) ? De l’Actu, des Abonnés, des Annonceurs ! Un triple « A ». Charité bien ordonnée commence par soi-même. Mais pourquoi cette précaution ? Tout près de chez nous, les entreprises du CAC 40 se portent plutôt bien. A peine refermé notre dossier Top 200 (LDA 200 – décembre 2011) qui se fondait sur les chiffres 2010, les premiers bilans du 1er semestre 2011 en attestent déjà. Le bénéfice net des 40 sociétés de l’indice parisien a augmenté de près de 10 %, à 46 milliards d’euros. En bonne logique, nous devrions, nous et tout l’écosystème des fournisseurs, être optimistes sur l’activité à venir. En se plaçant du seul côté des achats, nous aurions raison. Ces bons résultats seraient notamment le fruit des politiques de réductions des coûts menées depuis plusieurs années… Pas si simple, pourtant. Depuis, mi-2011, c’est la « re-crise »(1) avec son cortège d’annonces de plans de restructurations et de nouvelles mesures d’économies. Le point culminant, c’est l’annonce – la confirmation, plutôt – de la perte du triple A par neuf pays de la zone Euro, dont la France.

« Nous sommes à l’os », résume joliment un analyste financier. Ce poète anonyme souligne ainsi les limites du genre en matière de recherches de gains de productivité et donc d’économies. Argent plus cher, embauches freinées, hausse des coûts dans les pays émergents tentés d’alimenter leurs marchés intérieurs, si tous les moteurs ralentissent, la deuxième partie de 2011 et plus encore 2012 seront plus difficiles à négocier. Les profits engrangés seront loin… D’une étude à l’autre, disons-le avec tact, le sentiment de prudence domine. Dans un nouvel exercice de prédiction AgileBuyer et le groupement achats HEC ont sondé pour la deuxième année consécutive des responsables achats. Que ce soit pour éclairer l’avenir ou mettre en lumière les derniers mois écoulés, leurs réponses témoignent d’une remarquable constance : leur priorité n° 1 en 2012 reste la réduction des coûts (82 % des sondés, cinq points de mieux qu’en 2011), de même 70 % ont fait de la gestion du risque fournisseurs un objectif (contre 66 % un an plus tôt). Pas plus d’originalité dans les  points livrés ici en vrac : pour 54 % des répondants, les effectifs achats devraient rester stables, ils sont presque la moitié (49 %) à ne pas rechercher de réductions (supplémentaires ?) de fournisseurs (contre 46 % à l’envisager) et presque autant (48 %) à affirmer « un manque d’intérêt (systématique ?) pour les pays à bas coûts (mais 40 % à l’inverse veulent y aller plus). Les auteurs évoquent « une ruée qui s’atténue ». Une progression notable tout de même : le taux de couverture achats se révèlerait (enfin ?) un enjeu majeur pour 62 % des sondés (contre 56 % un an plus tôt).
Toujours dans le même sondage : si la Charte des bonnes pratiques achats est connue de près de 70 % des répondants, ils ne sont que 30 % à en faire un objectif pour 2012. Soit la plupart sont bien au-delà en termes de pratiques (possible), soit il faut en parler davantage (probable) et mieux (sûrement). Ce ne sera pas facile : la dernière cérémonie de signature (la quatrième du genre) organisée par la Médiation de la sous-traitance industrielle s’est déroulée à huit-clos. « La presse n’a pas été conviée », nous a-t-on dit après. Dans ce cas… Ce mois-ci, nous consacrons notre dossier aux contrats cadres. Ceux que l’on élabore en collaboration avec l’interne, ceux dont on garantie la bonne application aux fournisseurs. Pour que cela fonctionne, il faut beaucoup de communication, là aussi.

(1) Une expression lue dans Le Monde économie du 17 janvier 2012.

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