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Publié le 26/05/2016 - Par la rédaction

Universités des Achats : dirigeants d’entreprise et achats, encore du travail

Témoins des deux tables-rondes introductives des Universités des achats du Cdaf, quelques dirigeants d’entreprises ont donné leur vision de la fonction achats. Certains oscillent entre méfiance et désintérêt, d’autres heureusement placent la barre plus haut.

Récemment rebaptisé Conseil national des achats, le Cdaf a organisé lundi 23 mai une riche journée d’échanges et de débats. Une douzaine d’ateliers animés par des consultants et des patrons d’achats de grandes entreprises telles que Bouygues Construction, Orange, la SNCF, Airbus, Alstom, Eiffage ou encore AXA ont en particulier constitué l’épine dorsale de cette journée couronnée par une remise de Trophée ressuscitant les Cristal’s des achats. Censées introduire cet événement en beauté, deux plénières réunissaient des grands témoins, directeurs généraux et créateurs d’entreprises, invités à donner leur vision de la place des Achats dans l’écosystème économique. Une vision, ou plutôt des visions, rarement nette et abordant le plus souvent les Achats par le biais de leur pouvoir de nuisance supposé.

 

Ne pas nuire à l’image

Ainsi à propos de la digitalisation de l’économie, le fondateur du journal L’Opinion, Nicolas Beytout, a saisi l’occasion qui lui était donnée de s’exprimer devant des acheteurs et responsables achats pour leur adresser une mise en garde . « La digitalisation, c’est à la fois une chance et un risque potentiel pour la fonction achats. Car aujourd'hui avec la viralisation instantanée d'une réputation, toutes les fonctions de l'entreprise et en particulier les Achats doivent veiller aux conséquences de leurs actions sur l’image de leur entreprise. Nous devons gérer des abonnements et la manière dont nous sommes traités par certains acheteurs nous donne une vision différente de leur entreprise », a-t-il témoigné avec un soupçon d’amertume.

Intervenant lui-aussi dans une première table-ronde sur « les achats au cœur de l’économie de la croissance, de la compétitivité et de l’emploi », le vice-président du Medef en charge des PME et TPE, Thibault Lanxade, a choisi d’associer ce thème avec la « difficulté française à donner du sens à la stratégie interentreprises ». Thibault Lanxade a rappelé la mobilisation des structures patronales pour l’apaisement des relations entre donneurs d’ordres et fournisseurs. La dernière initiative allant dans ce sens étant la publication par le Medef et l’Afep d’un guide de bonnes pratiques sur les relations clients fournisseurs (voir La Lettre des Achats n°248). « Pour une jeune entreprise, la première commande est bien plus importante qu'une levée de fonds », a-t-il indiqué pour souligner la responsabilité de la fonction achats vis-à-vis du tissu économique national.

 

Pas besoin d’acheteurs !

D’une vision négative, d’autres témoins ont pour le coup fait basculer la discussion vers une absence de vision, en particulier Pierre-Henri Deballon, le créateur de la startup Weezevent, qui en dépit des quelques 110 millions d’euros de chiffre d’affaires qu’il devrait réaliser cette année, ne voit pas l’intérêt de disposer de fonction achats. « Nous n’avons pas de fonction achats parce que la seule priorité aujourd'hui c'est de gérer notre croissance », explique-t-il, considérant que l’enjeu principal de ses achats est de « ne pas bloquer ». « Nous sommes dans l'instantanéité, cela change le process. Nous n'avons pas le temps d'aller expliquer le besoin à un acheteur », explique-t-il, confessant au passage gérer lui-même les achats d’importance. Pour ce qui est de la performance achats, ce jeune créateur d’entreprise s’affranchit des fondamentaux de la fonction, fort de cette conviction : « nous sommes de la génération internet, habituée à tous comparer. » Pas sûr que cette conviction résiste au-delà d’une certaine taille (voir à ce sujet notre dossier sur les achats dans les PME dans La Lettre des Achats n°250).

 

Innovation et connaissance de l’écosystème

Aux antipodes de ces témoignages, le directeur général de Siemens France, Christophe de Maistre a heureusement recentré le sujet. Avec 750 millions d’euros d’achats, la filiale française du groupe allemand ne se pose bien sur plus la question de l’utilité d’une fonction achats, mais elle l’a également fait sortir d’une vision focalisée sur la réduction des coûts. Pour Christophe de Maistre, le rôle des achats déborde désormais sur l’innovation et consiste à « faire en sorte que les entrepreneurs s'organisent entre eux pour faire aboutir l'innovation ». Cette conception se traduit naturellement dans les critères de mesure de la performance achats observés par le groupe. Le directeur général de Siemens France regarde ainsi avec attention l’enquête de l’association Pacte PME sur la qualité de ses relations fournisseurs.

La directrice Innovation et RSE du groupe Bouygues Construction, Marie-Luce Godinot a également contribué à restituer aux acheteurs témoin de ces débats une vision plus conforme aux efforts qui leur sont demandés au quotidien, rappelant que les Achats sont partis prenante des objectifs innovation et RSE de son groupe. « Les gens qui travaillent sur l'innovation ne sont pas forcément des spécialistes de l'écosystème, a-t-elle rappelé. Les acheteurs doivent être capables de faire la synthèse entre leurs missions premières et la gestion des relations entre l’interne et l’externe dans les projets. »

Seul représentant de la fonction dans ce panel, le président du Cdaf, Marc Sauvage a tout de même tenté de donner aux Achats leur juste place en rappelant : « Une direction achats performante c'est bien, mais une entreprise performante a l'achat, une entreprise capable d'aligner toutes ses BUs pour aller chercher les fournisseurs les plus performants, c’est mieux. »

Publié le 26/05/2016 - Par la rédaction

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