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Publié le 04/12/2016 - Par la rédaction

SAP Ariba : achats, finances, innovation, le cocktail du 20e anniversaire

Rachetée par SAP en 2012 et désormais bien intégrée dans la panoplie de l’éditeur allemand, la plateforme Ariba a fêté ses 20 ans, le 24 novembre dernier, lors d’un Aribalive parisien. Au menu, deux tables rondes : la première, sur ses solutions de supply chain finance, la seconde, sur l’innovation. Et les achats ont soufflé les bougies…

Faut-il voir un signe, à les voir souffler ainsi sur les bougies du gâteau d’anniversaire de la plateforme Ariba, que les achats, largement représentés dans l’assistance, ont vocation à tenir la chandelle entre les finances et l’innovation ? Non, seuls de mauvais esprits pourraient le penser… Mais plaisanterie mise à part, la crise financière qui sévit depuis bientôt une décennie a largement souligné la difficulté, d’abord les banques, ensuite des entreprises, à se financer comme à avoir confiance dans les créances présentées. Dans le même temps, rupture technologique ou besoin de trouver sans cesse de nouveaux débouchés, jamais autant les entreprises n’ont eu besoin d’innover et de financer leurs développements. « Cash is king ou It’s economy, stupid ! », dites en anglais, les deux formules claquent d’évidence : les entreprises doivent gérer au mieux leur trésorerie. Les politiques de quantitative easing (injection de liquidités) et de taux négatifs des banques centrales poussent les établissements financiers à redoubler d’imagination : la taxation des dépôts figure parmi les solutions – c’est la plus en cour – tout comme le développement de nouveaux services tels que le dynamic discounting ou le supply chain finance (reverse factoring). Pour cela il faut des outils, mieux tout un écosystème de partenaires (technologie, services, finances, etc.). Et là, SAP Ariba met en avant… Ariba network qui relierait aujourd’hui plus de deux millions d’entreprises entre elles (pour une  large part en Amérique du Nord tandis que l’Europe reste plus que jamais un objectif).

Il y a un an déjà lors du précédent Aribalive parisien, le management SAP (de mémoire, largement représenté) avaient impressionné en déroulant l’ensemble des services que leurs équipes greffaient autour d’Ariba en promettant une parfaite intégration entre le leader des ERP et la plateforme e-achats. Rachetés en 2014, Fieldglass (gestion d’intérimaires) tout comme Concur (gestion des voyages) apparaissaient comme autant de satellites d’un éditeur décidé à couvrir le plus largement possible tous les champs de transaction des entreprises. D’autres interactions étaient également présentées (connexions avec des plateformes logistiques, d’e-commerce comme ebay, ou encore des bases de données). De même, le concept Aribapay apparaissait lui aussi (après sa présentation américaine en 2014 toujours). Champion de l’intégration des données de gestion, SAP s’était converti aux plateformes et au… Cloud. La digitalisation des échanges pointait déjà, qui allait réduire les temps de transactions, les délais de paiement (de 30 à 5 jours) et par-dessus tout, faciliter la mise en relation des entreprises, grandes ou petites.

Cette année, à Paris, une première table ronde réunissait des spécialistes des flux financiers et notamment Yann Guyomar, Senior Manager, Mazars ; Emmanuel Lemoine, Director Regional Trade Sales, ING Wholesale Banking ; Cyril Broutin, SAP Ariba. Avec précisément comme sujet : le cash au cœur des échanges entre donneurs d’ordres et fournisseurs. Comment les uns peuvent-ils désormais utiliser au mieux leur trésorerie et garantir dans le même temps de meilleurs délais de paiement à leurs fournisseurs ? Ce que promet la plateforme, c’est un échange d’information à la fois rapide et sécurisée réduisant de près de 80% des opérations qui auraient jusque là mobiliser des ressources humaines. Rien ne peut se faire bien sûr sans des établissements financiers eux-mêmes connectés au réseau via d’autres plateformes (qui servent elle aussi d’interface aux deux mondes les entreprises et leurs banques (voir plus bas les différents modes de fonctionnements selon les outils financiers utilisés). Pour résumer, le schéma de fonctionnement est le suivant (reverse factoring) : le banquier porte la trésorerie, le fournisseur est payé plus vite et l’acheteur règle plus tard. En échange, pour ce dernier, de meilleurs conditions de ses fournisseurs et sans doute de ses établissements financiers lesquels avantageront plutôt des créanciers dont la taille et les volumes traités présenteront plus garanties. « Selon que vous soyez riche et puissant… » ou « on ne prête qu’aux riches », voilà deux expressions qui peuvent résumer le tableau. Y-at-il un perdant dans l’affaire : oui, le banquier du fournisseur ! Son client fera moins appel à lui…

Plus sérieusement, les banques ont trouvé une nouvelle cible à qui vendre des produits financiers : les acheteurs ! A charge pour eux de mesurer les coûts complets de ces opérations – ils auront les financiers à leur côté – et d’en évaluer aussi les risques. A quelles catégories d’achats ou de fournisseurs vont-ils pouvoir s’appliquer ? Des achats volumes à faibles risques ? Des achats à forte valeur ajoutée mais conclus auprès de fournisseurs ayant de fort besoin de financement voire des trésoreries fragiles ? Voilà en tout cas une panoplie d’outils à manier avec précaution tandis que les plus audacieux s’en tiennent à l’argument suprême : ils peuvent servir à développer un avantage compétitif en sponsorisant au bon moment les fournisseurs clés… Cette table ronde ne s’achevait pas sans un rappel d’évidence : mettre en œuvre de telles démarches suppose avant tout un projet d’entreprise associant les achats, les finances, le juridique, la communication, les ressources humaines et la DSI. Une plateforme ne sera jamais que la partie émergée de l’iceberg.

La 2ème table ronde portant sur le rôle des achats dans l’innovation a eu le mérite d’évacuer toute référence aux plateformes quelles qu’elles soient. C’était le discours sur la méthode et cela valait autant sinon plus. Animée par Eric Salviac (consultant SAP Ariba), elle réunissait Alain Lecarpentier, Directeur des Achats Groupe, Axens ; Pierre-Alexandre Goulmot, Directeur des Achats Groupe, NRJ Group ; Jérémie Chauvin, Chef de projet Value Added Services, Manutan ; Bertrand Vignier, Partner Strategy & Operations, KPMG ; Hubert Delatte, Directeur Achats & R&D, Faurecia ; Philippe Demangeot, Directeur Achats (management de transition) ; Thiery Bourany, Directeur Achats, Nexans. Seule petite allusion au lancement du sujet : quel apport peuvent avoir les nouvelles technologies dans les relations BtoB ? Un chiffre a circulé : pour 77% des CEO, les réseaux BtoB seraient désormais essentiels dans les modes de collaboration entre les entreprises. Les dirigeants d’entreprises se seraient-ils plus vite convertis aux digital qu’aux… achats ? Autre tendance lourde rappelée par KPMG, partenaire de la table-ronde : l’externalisation croissante de la chaine de valeur pour capter au mieux l’innovation. Avant, les entreprises parlaient de se recentrer sur leur cœur de métier, aujourd’hui elle recherche partout chez leurs fournisseurs des « avantages compétitifs », des « éléments différenciant ». La consolidation des volumes a montré ses limites. D’une part, parce qu’elle a produit l’essentiel des gains promis et d’autre part, parce que les effets de concentration ont généré aussi quelques étranglements dangereux… Pour espérer des gains en coûts comme en valeur, il faut aller plus loin. Autres question lancée en pâture : à qui appartient la relation fournisseurs ? Au marketing ? Aux métiers ? Aux bureaux d’études ? Aux… achats ? Aux… fournisseurs de 1er rang alors même que les donneurs ont tendance à court-circuiter les premiers pour aller vers les seconds et troisième rangs quand ce ne sont pas les starts up qui captent une bonne part de l’attention ? Sur le plateau, diverses expériences se comparent :  dans l’automobile part exemple, pour les uns, sur un montant d’achat représentant 50% du chiffre d’affaires, une bonne part du risque repose sur de très gros fournisseurs matières premières, pour d’autres, dans un secteur d’activité ou les équipementiers assure l’essentiel de l’innovation, celle-ci s’affiche de plus en plus ouverte et les achats de plus en plus à la manoeuvre d’un processus hautement collaboratif qui démarre très en amont. D’autres secteurs d’activité, les médias par exemple, au moment où une forte digitalisation de leurs activités les conduit à jouer les intégrateurs pour développer à partir d’un puzzle d’intervenants et de technologies leurs propres outils de production. Autre exemple :  quand un distributeur également concepteur de ses produits mobilise ses fournisseurs pour les aider à optimiser une approche conjointe maitrise des coûts et innovation. Une attention sans doute motivée par la pression de ses propres clients. Dans tous les cas, les achats ont apporté leur capacité d’évaluation et de conduite de projets. A l’heure de la conclusion, quelques uns soulignent le rôle des systèmes d’informations dans le déploiement de process standardisés. Ils mettent à la disposition de leurs utilisateurs des données en augmentation croissante tandis que leurs capacités de traitement et de transmission d’informations, elles aussi en hausse, détournent les acheteurs de tâches récurrentes au profit de contributions plus significatives.

Juste avant de découper son gâteau d’anniversaire, SAP Ariba lâchait quelques chiffres pour sa partie plateforme : 150 nouveaux clients en production tous les 3 mois, 125 000 nouveaux fournisseurs rejoignent dans le même temps l’Ariba network lequel représenterait mille milliards de dollars de transaction dans une année… Une belle part du gâteau…

 

ENCADRE

Ariba network : Les différents modules de règlement des fournisseurs

Discount Professional : Solution de « Dynamic Discounting » développée historiquement par Ariba pour le marché US, elle et en cours d’adaptation aux contraintes européennes, principalement pour enrichir sa capacité de gestion multidevises et son adaptation au traitement automatisé des Avoirs dans les pays soumis à TVA.

Ariba SCF : Solution de « Supply Chain Finance » (ou « Reverse Factoring ») opérée en partenariat avec PrimeRevenue ; ce partenaire apportant principalement sa plateforme de communication avec les partenaires financiers impliqués dans les programmes.

AribaPay : Solution de Paiement Fournisseurs, historiquement développée avec Discover aux US et au Canada. Cette solution est aujourd’hui en cours de déploiement en Europe (EMEA) avec un autre partenaire : First Data.

Publié le 04/12/2016 - Par la rédaction

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