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Publié le 12/02/2017 - Par la rédaction

Pitch Peak : quatre sujets de recherche mêlant achats et innovation

Avec le concours de plusieurs enseignants chercheurs et le soutien notamment de l’UIMM, le cluster Peak lance quatre projets de recherche et de formations actions destinées à développer des référentiels méthodologies dans le champ encore exploratoire de l’implication des Achats dans l’innovation.

Le cluster Peak (Purchasing European Alliance for Knowledge) a présenté début février au siège parisien de l’UIMM quatre projets de recherche sur l’innovation collaborative qui se dérouleront de 2017 à 2020. Les appels à candidature pour les entreprises participantes sont ouverts jusqu’à l’été avec un objectif de démarrer les programmes en septembre. Les quatre projets peuvent s’ouvrir à 18 entreprises au total qui devront s’engager à impliquer des ressources dans la durée sur 9 à 24 mois et s’acquitter d’un ticket d’entrée variant entre 15 000 euros et 35 000 euros par entreprise. En échange, elles repartiront avec des outils méthodologiques sur la mise en œuvre de démarche de co-innovation et bénéficieront dans certains cas d’un accompagnement dans le déploiement de ces démarches. « Nous sommes dans le champ de l'innovation, nous cherchons donc des entreprises pionnières qui ont le goût de l'exploration », prévient Jean Breton, le directeur du programme Peak.

L’ambition affichée derrière ce programme « Peak 3.0 » consiste à développer « un référentiel de compétences collaboratives clients fournisseurs » à travers quatre sujets de recherche : « explorer ensembles les écosystèmes de l’innovation » ; « développer la capacité à open-innover de vos fournisseurs » ; « stimuler l’adoption d’offres innovantes de rupture produits services » ; et « développer les contributions de la fonction achats à l'innovation collaborative avec les fournisseurs ».

 

« Explorer ensembles les écosystèmes de l’innovation »

Porté par Hervé Legenvre, le directeur de la recherche de l’EIPM (European Institue of Purchasing Management), ce projet de formations action pour un groupe de quatre à six entreprises non concurrentes, mobilisera des équipes transverses sur neuf mois. Au menu : cartographie de l’écosystème, recherche de partenaires, ou encore pilotage de collaborations innovantes.

Ce groupe de recherche prévoit de développer différents outils : outil de positionnement des acteurs dans l'écosystème, outil d'analyse des dynamiques à l’œuvre dans les collaborations futures et outil d’analyse de l’évolution des positionnements clients fournisseurs dans ses relations, mais aussi des outils méthodologiques plus simples, par exemple sur les modes d'organisation de rencontres fournisseurs innovants ou encore sur la pratique du Design Thinking.

Pour Hervé Legenvre, qui dirige au sein de l’EIPM l’Observatoire de la création de valeur, l’esprit de ce travail de recherche sur les écosystèmes est une réponse au défi des transformations actuelles de l’industrie : « le processus de personnalisation des produits, le foisonnement de startups, l’internet des objets vont nous amener à repenser nos chaînes de valeur », explique-t-il. « Nous passons d'une logique d'analyse de marchés à une logique d’analyse d'écosystèmes, poursuit-il. On ne s’intéresse pas seulement aux fournisseurs actuels, mais à un périmètre plus large comprenant par exemple les startups en train d'émerger, ou les entreprises qui sont en train de faire évoluer leur offre sur notre chaîne de valeur. »

 

« Développer la capacité à Open-innover de vos fournisseurs »

Porté par Vincent Boly, professeur à l’université de Lorraine et fondateur de l’équipe de recherche sur les processus innovatifs (ERPI), ce sujet requiert la participation de deux entreprises clientes pour effectuer des audits sur leur organisation achats et leur méthode de pilotage de projets, sur l’organisation de leurs fournisseurs et pour travailler sur la mise en œuvre de projets concrets d’innovation avec certains d’entre eux. Vincent Boly évalue la charge à cinq jours par an sur deux ans pour un cadre de l’entreprise cliente qui s’engagera dans ce projet de recherche. En parallèle une thèse sur ce thème sera encadrée par l’ENSGSI (Ecole nationale supérieure en génie des systèmes d’innovation), l’école où Vincent Boly est enseignant chercheur.

Depuis quinze ans, il a développé une méthode d'évaluation de la capacité des entreprises à innover, qui a notamment débouché sur un outil d’évaluation en ligne (www.innovation-on-the-web.com). Les résultats de ces évaluations constituent un benchmark sur ce sujet de plus de 300 entreprises participantes. « Aujourd'hui nous voulons travailler avec des acheteurs pour adapter cette technique à la relation Achats et fournisseurs », explique Vincent Boly.

 

« Stimuler l’adoption d’offres innovantes de rupture produits services »

Conduit par Gilles Neubert, professeur à l’EM Lyon et ancien responsable du mastère achats de l’ESC Saint-Étienne, ce groupe de recherche a pour ambition de répondre à une question centrale : « comment les acheteurs vont-ils participer au développement du collaboratif et de l'économie de la fonctionnalité ? » Leur rôle dans ce phénomène étant à ses yeux évident : « la création de ces offres nécessite que plusieurs entreprises collaborent, puisque cela dépasse en général les compétences d'une seule ».

Ce groupe de recherche sera composé de trois à quatre entreprises, impliquant chacune idéalement un binôme acheteur-marketeur durant 24 mois. Ils seront accompagnés par un thésard, deux enseignants chercheurs et une consultante. Gilles Neubert propose aux entreprises participantes de les accompagner dans l'identification de nouveaux gisements de valeur basés sur l'économie de la fonctionnalité et de développer une méthodologie de déploiement de l’innovation collaborative appliquée à ces nouvelles offres à la frontière entre produits et services.

 

« Développer les contributions de la fonction achats à l'innovation collaborative avec les fournisseurs »

Conduit par le Philippe Portier, lui aussi professeur à l’EM Lyon, responsable du mastère acheteurs manager international, ce projet de recherche a pour objectif d’établir un référentiel des dispositifs d'open Innovation entre l'entreprise et ses partenaires. Seront notamment abordées les questions du positionnement de la fonction achats dans des démarches d’innovation ouverte, de la « captation (externe) et de l’absorption (interne) de l’innovation fournisseurs », ou encore des compétences achats requises.

Le groupe de recherche sera constitué avec trois à six entreprises participantes représentées par des équipes transverses. Les travaux dureront neuf mois, avec deux journées de lancement nécessitant l’implication du management et six journées et demie de formation action avec les acteurs clefs de l’équipe pluridisciplinaire.

Interrogé sur la composition de ces groupes lors de sa présentation, Philippe Portier a eu l’occasion de préciser son point de vue sur le positionnement des Achats sur ces sujets d’innovation. « Pourquoi les acheteurs ne s’impliquerait-il pas sur ces sujets ? », s’est-il ainsi étonné. « On devrait attendre des marketeurs qu'ils connaissent les marchés futurs ? Mais ce n'est pas leur métier ! Leur métier c'est de faire gagner des parts de marché. Ce n'est pas une histoire de fonction, c'est une histoire d'état d'esprit, c'est un sujet collectif. »

Publié le 12/02/2017 - Par la rédaction

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