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Publié le 06/11/2015 - Par la rédaction

Obsar : la RSE renforce l’attractivité des achats

Début novembre, le réseau français du pacte mondial de l’ONU (Global Compact) et l’Obsar ont consacré une conférence aux « achats responsables, axe central d’une stratégie RSE ». Leur impact financier et leur capacité à attirer de nouveaux talents dans la fonction ont été soulignés par L’Oréal, Kering et La Poste.

En préambule, le vice-président du Global Compact France, Jean-Pierre Cordier, a rappelé l’importance d’adhérer à cette grande initiative des Nations Unies en matière de droits de l’homme et du travail, de respect de l’environnement et de lutte contre la corruption. Il a aussi insisté sur l’implication des achats responsables dans les dix principes du pacte mondial et dans les 21 critères de son niveau « advanced ». Une table-ronde a ensuite permis d’évoquer plusieurs initiatives structurantes, dont celles des groupes L’Oréal, Kering et La Poste.

Chez L’Oréal, qui détient le statut « advanced » du Global Compact, le programme mondial d’achats responsables, baptisé « Buy & care », a démarré avec des formations obligatoires pour les acheteurs. Il repose également sur des objectifs individuels dédiés et sur l’évaluation de la politique RSE des achats par le contrôle interne. Près de la moitié des fournisseurs sont soumis à des audits sociaux et à la mesure de leur empreinte carbone (par l’ONG britannique CDP). Dans les deux cas, des objectifs et des plans d’actions sont échafaudés. « Le développement durable compte pour 20 % de l’évaluation annuelle du panel, au côté de la compétitivité, l’innovation, la qualité et la supply chain. Cela a radicalement changé le dialogue avec les fournisseurs. Via cet enrichissement, nous avons valorisé les postes d’acheteurs et renforcé leur attractivité vis-à-vis des nouveaux talents », estime la directrice des achats responsables, Magda Carrasco.

 

Un compte de résultats environnemental

Conscient de la rareté et de la vulnérabilité des matières premières naturelles qu’il utilise (cuir, fourrure, or, diamants…), le groupe de luxe Kering s’est engagé en 2012 dans une démarche d’approvisionnement responsable par la voix de son PDG. Pour motiver les acheteurs, des objectifs RSE individuels sont intégrés dans le calcul de la rémunération variable. « L’accent est également porté sur les formations et la communication interne. Un "compte de résultat environnemental" permet par exemple de traduire monétairement les impacts écologiques. Si les coûts obtenus sont trop élevés, alors il faut changer de fournisseur, car son activité n’est pas durable », souligne la directrice des programmes de développement durable de l’ex-PPR, Géraldine Vallejo. En externe, le groupe s’appuie sur l’expertise et la neutralité des ONG. Il insiste également auprès des fournisseurs sur les économies financières générées par la réduction des consommations d’énergie et d’eau.

De son côté, La Poste, qui a adhéré au Global Compact en 2008, s’est d’abord concentrée sur les produits et les prestations, avec une cartographie de ses achats et une quarantaine de fiches famille. Le groupe public s’est ensuite attaqué aux pratiques fournisseurs à travers un outil de sourcing RSE et une charte. Après le suivi des moyens mis en œuvre, les indicateurs de performance ont été orientés sur les résultats obtenus, en termes financiers notamment. « Notre approche reste sujet par sujet, il nous manque encore un système global de management des achats responsables (qui pourrait se concrétiser dans la future norme ISO 20400). Les agences extra-financières nous le reprochent, or leur notation est scrutée de près par la direction générale, notamment en raison de leur impact sur les émissions obligataires », relate le directeur adjoint de la RSE, Antoine Doussaint, qui fut directeur des achats de 2006 à 2014.

Publié le 06/11/2015 - Par la rédaction

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