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Publié le 29/04/2015 - Par la rédaction

Journée achats Allianz : traduire le made in France dans les process achats

La dernière journée achats d’Allianz a montré les difficultés pour les acheteurs de suivre une démarche made in France. Ils doivent surmonter les ambiguïtés du concept, le manque d’indicateurs et les contradictions de leurs objectifs.

Le 14 avril, la direction achats d’Allianz France organisait une journée achats « hors série » consacrée au made in France. Une thématique surtout portée par les responsables politiques, qui n’est pas si facile à définir et à traduire concrètement dans les process achats.

 

Ambiguïté et multiplicité des critères

Auteur du « Guide des produits made in emplois », Charles Huet a souligné l’ambiguïté du concept, puisqu’aucun bien ou service ne peut se targuer d’être 100 % tricolore. Face à la multiplicité des critères (pourcentage du prix de revient ou de la valeur ajoutée, étapes de production réalisées dans l’Hexagone…) employés par les entreprises et les labels nationaux, régionaux, sectoriels ou thématiques, il défend le recours au nombre d’emplois directs et à un dispositif de certification en amont de la commercialisation. « Au-delà des intérêts pour l’emploi local, l’empreinte carbone ou le droit du travail, les acheteurs doivent convaincre les opérationnels sur le coût complet, la maîtrise des risques de qualité et de contrefaçon, le marketing et l’image de marque de l’entreprise à l’intérieur et à l’extérieur des frontières », estime Charles Huet.

Le directeur achats de Bouygues Construction a justement mis l’accent sur le pragmatisme de la politique de soutien aux fournisseurs français à l’international, qu’il mène depuis un an et demi. Alors que son entreprise réalise désormais la moitié de son chiffre d’affaires hors de France, Franck Le Guillou considère les achats sur les chantiers étrangers comme une priorité pour participer à la stratégie du groupe. « Face à la forte croissance de certains pays, aux impératifs de qualité et surtout de délais dans notre secteur, nous favorisons les fournisseurs que nous connaissons bien. Dans cette optique de maîtrise des risques, nous encourageons et aidons les PME hexagonales de notre panel à nous suivre à l’international ».

 

Pas de protectionnisme

De son côté, Olivier Quindos, directeur achats du site Alstom Transport de Petite-Forêt, a souligné l’intérêt de plus en plus sensible au made in France de la part des décideurs politiques, des clients SNCF et RATP, mais aussi de leurs usagers. D’où de nombreuses sollicitations de la direction communication pour connaître la part d’achats auprès des fournisseurs tricolores (près de 70 %) et pour mettre en avant des projets valorisants. « Toutefois, nous ne sommes pas évalués sur cette dimension. Acheter français doit rester synonyme de compétitivité, d’innovations, de qualité et de respect des engagements. Il ne s’agit pas de tomber dans le protectionnisme », insiste-t-il.

A l’instar des autres composantes des achats responsables, s’il n’est pas intégré dans la stratégie de l’entreprise, le made in France risque de tomber dans les effets d’annonce non suivis de faits – le « French washing » après le « green washing ». Les différents intervenants de la journée le reconnaissaient volontiers. D’ailleurs, aucun d’entre eux n’a mis en place d’indicateurs précis sur le sujet. Sans mesure fiable, pas d’objectifs clairs à fixer aux acheteurs, ni de résultats solides à présenter à la direction générale et au client final.

Publié le 29/04/2015 - Par la rédaction

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