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Publié le 20/01/2017 - Par la rédaction

EBG Oliver Wyman : cinq chemins pour acculturer les Achats à l’innovation

Avec cinq exemples différents – BPCE, La Poste, Safran, Sagemcom et Invivo –, la matinale organisée par l’EBG et Oliver Wyman a indiqué différents chemins pour intégrer l’innovation dans les Achats. A chacun selon son niveau de maturité et le caractère plus ou moins impérieux du sujet pour son activité.

Pour sa matinale consacrée à l’innovation aux Achats, l’EBG, a réuni jeudi 19 janvier, au siège parisien de son partenaire Oliver Wyman, un panel de directeurs achats suffisamment varié pour pouvoir embrasser le plus grand nombre possible de cas de figure. Tous ces directeurs achats se sont emparés du sujet de l’innovation, chacun de manière différente, mais avec en partage la conscience du caractère vital de ce sujet pour leur entreprise.

Depuis le directeur des achats de Sagemcom, Jean-Claude Barberan, qui affirme : « dans l'électronique on ne peut survivre que si l’on sort des ruptures technologiques » ; jusqu’au directeur des achats de la branche services, courrier, colis de La Poste, Florent Picq, qui rappelle la nécessité permanente du groupe de trouver des relais de croissance ; en passant par le directeur des achats de BPCE, Pascal d’Orlandi, qui accompagne la transformation du modèle de la banque pour particulier (moins de clients en agence, développement des services en ligne, émergence de challengers) ; ou encore Alain Frehring, directeur des achats de la division Landing Systems de Safran, qui planche sur l’intégration de ruptures technologiques dans une nouvelle génération de produits, tout en travaillant à la compétitivité de son entreprise dans le secteur très concurrentiel de la maintenance et des services.

 

Invivo : une marketplace pour le monde agricole

Et que dire du secteur agricole, dans lequel évolue le cinquième invité de cette matinée, le directeur des achats du groupe coopératif Invivo, Emmanuel Delcourt, qui, face à la diminution constante de la population agricole doit réinventer sa manière d’acheter. C’est précisément ce que vient de faire le groupe en créant Ouifield, une plateforme digitale d'achats de biens et services lancée le 1er février, au service des coopératives et des exploitants agricoles.

 

BPCE : acculturation par étapes

Pascal d’Orlandi (BPCE) a lui aussi porté le projet de développement d’une plateforme web, mais interne au groupe et dédiée à l’open innovation. Conçue par la société Yoomap (voir article en page 55), cette plateforme permet de recenser et qualifier toutes les sociétés innovantes rencontrées par les collaborateurs de BPCE et les expériences passées ou en cours avec elles. « N'empêchons pas les prescripteurs de faire leur sourcing, mais mettons un outil à leur disposition », propose Pascal d’Orlandi, qui a également élaboré des outils contractuels adaptés à l’achat d’innovation. « Nous avons recensé les règles un peu en rupture par rapport aux process d'achats traditionnels, dans un document intitulé Small Business Act. Ce sont des questions qui doivent être anticipées parce que, sur ces sujets, il faut pouvoir aller très vite », rappelle-t-il.

Passé ce cap d’« acculturation » des Achats à l’innovation, son objectif est désormais de renforcer le contact entre la fonction achats et les personnes en charge de l'innovation au sein du groupe. C’est notamment la mission à laquelle sont dédiés deux postes en charge de l’innovation créés au sein de la direction des achats.

 

La Poste : une cellule innovation achats en quête des nouveaux usages

Pour La Poste, le travail d’acculturation des achats à l’innovation est à un stade supérieur d'avancement. « Nous sommes associés spontanément à des projets innovants en dehors de nos périmètres traditionnels, se réjouit Florent Picq. Parce que nous avons démontré notre capacité à travailler en mode projet et à rencontrer les fournisseurs et dialoguer avec eux en dehors de relations contractuelles. »

Au sein des Achats de la branche services, courrier, colis du groupe, quatre acheteurs travaillent dans une cellule open innovation. Cette cellule a été constituée pour capitaliser sur la réussite du projet Facteo – notamment en termes de time to market – qui a consisté à équiper les facteurs en smartphone grand public servant de support à de nouveaux services aux usagers. Elle a naturellement été constituée avec certains des catégories managers achats tertiaires qui ont mené ce projet. Une équipe « orientée usages et nouveaux produits », explique Florent Picq, qui précise qu’elle ne préempte pas le sujet de l’innovation aux Achats : « cela n'enlève rien à l'acheteur catégorie qui a aussi de la rupture à trouver. »

 

Safran : objectivés sur les Tech Day

Pour le directeur des achats de Safran Landing Systems, Alain Frehring, la culture du secret et du développement en interne propre aux secteurs de l’aéronautique et de la défense freine encore la maturité des Achats sur le sujet de l’innovation. Cela n’empêche pas la direction des achats de s’engager résolument dans cette voie, par exemple en objectivant ses acheteurs sur le nombre de rencontres Tech Day organisées entre la communauté interne et des fournisseurs. Et si le support de l’innovation par les Achats se fait aujourd'hui à la fois par les acheteurs catégories et les acheteurs programmes, une réflexion est en cours sur la création d’un poste d’acheteur innovation « pour être plus en amont, au contact de la communauté qui s'occupe de l'innovation en interne », indique Alain Frehring.

 

Sagemcom : une question de survie

Pour Sagemcom, dont le directeur des achats Jean-Claude Barberan rappelle que « le métier consiste à intégrer des technologies », rien ne s’oppose culturellement à ce que les Achats s’impliquent dans l’innovation. Au contraire, leur apport dans la détection et la sélection des partenaires technologiques du groupe est crucial… voire vital, comme ce fut le cas quand Sagemcom a choisi avant ses concurrents de miser sur la technologie de décodeurs 4K il y a quatre ans. « Le prix n'avait pas d'importance, l'important étant de choisir le bon partenaire pour survivre sur le marché des décodeurs », insiste Jean-Claude Barberan.

Au sein de la direction des achats de Sagemcom, travailler sur l’innovation est tellement évident que les acheteurs n’ont pas d’objectifs particuliers sur ce sujet. Et il y a encore moins d’acheteurs innovation, mais plutôt des acheteurs « délocalisés au sein d’équipes pluridisciplinaires » avec lesquelles ils partagent tous les objectifs et où ils apportent notamment leur savoir faire en matière de négociation et de sécurisation contractuelle.

Un signe démontre l’intégration du sujet innovation par les Achats : contrairement à une majorité de ses confrères Jean-Claude Barberan ne s’est fixé aucun objectif de réduction du panel fournisseur et il affirme sans ambiguïté : « quand on recherche de l'innovation, je ne vois pas l'intérêt de vouloir réduire le nombre de fournisseurs ! »

Publié le 20/01/2017 - Par la rédaction

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