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E-achat Etude

Actualité

Publié le 18/03/2015 - Par la rédaction

e-achats 360° : le potentiel du marché reste important…

La sixième édition de cette étude réalisée par les salons Solutions et l’IMA de l’institut Léonard de Vinci vient de paraître. Elle confronte la vision des entreprises sur leurs outils et celles des éditeurs sur les attentes de leurs clients. Si les seconds reconduisent d’une année sur l’autre leurs prévisions de croissance toujours optimistes, les premiers mènent tranquillement leur révolution. La conduite du changement retarde sans doute plus le marché que les évolutions technologiques.

Cette année, l’étude s’appuie sur les réponses complètes de 37 entreprises (issues d’un panel initial de 165). Du côté de l’offre, 16 entreprises ont été identifiées aux profils plutôt variées puisqu’on trouve là, mélangés, des éditeurs (Ivalua, Synertrade, B-Pack, Qualiac, Perfect Commerce, Oxalys, Itesoft,  DDS Logistics, Kimoce, Adoria, etc.), des conseils en systèmes d’information achats (CKS, Effixens, Meotec., etc.), des « opérateurs tiers » (Mercateo, Accelya, Neoditel, etc.). Les uns et les autres présentant des offres voire des maturités assez diverses sur le marché de l’e-achat, c’est un panel sans doute moins homogène mais avec une promesse de vision plus large… C’est ce que les promoteurs ont dû rechercher pour tenter de le renouveler. D’une part les concentrations se poursuivent et d’autre part les nouveaux entrants sont quasi inexistants…

Sur leur façon de s’informer, les répondants placent cette année les réseaux professionnels (associations, écoles, think tank, etc.) en tête (81% des réponses) devant la presse spécialisée (54%). C’était l’inverse l’an passé (46% pour la presse contre 41% pour les réseaux). Mais les proportions progressent fortement et dans la réponse se profile sans doute le besoin d’un retour d’expérience direct, hors des effets miroir ou des effets d’annonce. Avec aussi de plus en plus d’utilisateurs avertis à mesure que ces outils se déploient.

 

Les achats prescripteurs

Autre indication de cette maturité croissante, les directeurs achats s’affirment bien comme les principaux prescripteurs de l’investissement e-achat (78% des réponses) d’autant que dans 68% des cas il s’agit d’un prescripteur unique (32% des entreprises font état de prescripteurs multiples). Loin derrière figurent les DSI (46%) et les finances (8%). Bien sûr, seuls les achats répondent… En revanche, lorsqu’il s’agit in fine de décider, les DG reprennent la main (54%) devant les achats (41%) et les DAF (32%). Mais les choix multiples étaient possibles. En tout cas, celui qui pointe désormais loin du premier rang, c’est bien le DSI. Les achats ont sans doute gagné (en partie) leur indépendance dans la définition de leur besoin voire du choix des solutions technologiques (à mesure que le SAS se développe ?) mais pour les budgets, rien à faire, ils restent solidement encadrés par la DG et la DAF. Toutefois, si le besoin est correctement défini et le choix parfaitement démontrable, les apparences sont sauves…

Du côté des solutions installées, les outils de gestion d’un référentiel articles et/ou fournisseurs dominent tandis que les outils du marché (environ 50% des réponses) devancent les solutions maisons (environ 20% des réponses). Ce qui interroge, c’est que 30% des répondants disent ne pas disposer de tels outils… Mais répétons-le : dans le cadre d’une solution achats. Les données figurent forcément ailleurs (ERP, base comptable, etc.). Les auteurs fournissent ensuite une longue liste d’applicatifs (infocentre achats, gestion des contrats, gestion des projets Achats, gestion des informations et indicateurs, dématérialisation des factures, gestion des plans d’actions, plans de progrès, cartes achats, gestion des consultations, gestion des catalogues et commandes en ligne, évaluation fournisseurs, enchères inversées, etc.) ou les taux de réponse sont bien en-dessous. Conclusion de cet inventaire à la Prévert en langage expert : « Le potentiel de primo-équipement en modules applicatifs e-achats reste important.». Autrement dit, marché plan-plan, bougez-vous ! Il y loin de l’acheteur au geek forcené !

 

Besoin de plus d’informations

Et le pire, si l’on peut dire c’est que 80% des modules vedettes installés ont (bien) plus de trois ans d’âge. Sauf les modules de  gestion des enchères inversées, des catalogues et commandes en ligne, de dématérialisation des factures et de gestion des informations et indicateurs. Et si les besoins des entreprises étaient beaucoup plus basiques ? Avant de s’attaquer aux processus achats métiers complexes (consultation, notation de fournisseurs, gestion de projets, etc.), ne fallait-il pas commencer par le quotidien (gestion des catalogues, commandes, traitement des factures) ? La simplification « administrative » avant la gestion de l’innovation ? Nos auteurs parient sur une nouvelle jeunesse des enchères inversées, ce module figurant aussi parmi les plus récemment installés dans certains cas. Pourquoi pas (sous la pression du tout-financier ?) mais ne pas oublier aussi que c’est un marché de renouvellement pour ce que certains considèrent comme une commodité. Il suffit (presque) de débrancher une solution pour se connecter à une autre…

A noter que les entreprises recourent de plus en plus (69 %) à des services e-achats externalisés, en premier lieu l’enrichissement de bases de données fournisseurs (44 % des réponses) et ensuite la dématérialisation des factures. Pour résumer : plus d’informations, moins de papiers ! Cet appel à des prestataires aurait doublé depuis 2013 (35 % des réponses deux ans plus tôt). Il semble que les services d’hébergement de documents fournisseurs (déclaration URSSAF, dépôt des comptes, etc.) expliquent pour une large part cette progression.

 

Gains financiers et ROI

Les principaux bénéfices apportés par la mise en œuvre de solutions e-achats sont, dans l’ordre : l’harmonisation des processus (17 %),  le partage de l’information (16 %) et les gains financiers (15 %) qui remontent de la cinquième à la troisième place. Là encore, choix multiples exprimés d’où la faiblesse des chiffres avancés. Cette remontée des gains financiers supposés masque mal la difficulté du ROI à trouver pour ces investissements. Ainsi, les coûts d’acquisition (22 %), les difficultés d‘intégration (20 %) et la réticence des utilisateurs (15 %) s’avèrent les principaux freins au développement de ces projets. Du même coup, 75 % des entreprises se déclarent peu ou faiblement avancées en termes de déploiement. Et ce serait plus encore que les années précédentes.

Autant d’insatisfaction latente sur un périmètre fonctionnel assez réduit pourrait inquiéter à terme les utilisateurs, les observateurs (DG ? DAF ? DSI ?) voire les fournisseurs de solution ! D’ailleurs les perspectives de projet s’en ressentent : à court terme, les développements paraissent concerner des modules déjà en cours (référentiel fournisseurs) et une majorité de réponses évoque plutôt un horizon de projet supérieur à 18 mois ! Mais avec des projets ambitieux puisqu’il s’agit de modules achats projets ou veille marchés !

En termes de nouvelles dépenses, l’enrichissement fonctionnel (31 % des réponses) et l’élargissement du périmètre (25 %) devancent les évolutions de version (19 % des réponses), loin devant le changement d’éditeur (10 %). On pourrait parler d’un marché plutôt conservateur… Les répondants estiment pourtant que l’e-achat absorbe 58% du budget annuel de leur fonction (acquisition, formation, conseils, etc.). Ce qu’ils attendent enfin d’évolutions technologiques ? Plus d’ergonomie, de mobilité et de cloud. Rien d’original. Les achats expriment ici la vox populi…

 

Une foi d’airain

Passons très vite sur la 2ème partie de l’étude consacrée aux prestataires. Les principaux items sont bien connus : un chiffre d’affaires moyen encore « modeste » (ce sont les auteurs qui parlent) soit 8 millions d’euros. Toutefois, n’apparaissent pas dans ce panel les poids lourds mondiaux (Ariba/SAP, IBM/Emptoris auxquels pourraient être rajoutés d’autres acteurs du BPO…). Leurs clients sont dans l’ordre des grands comptes (48 %), des ETI (38 %), le secteur public (9 %) et des PME (5 %). Sans surprise, les prescripteurs restent les DHA (largement) suivi des DAF et des DSI (presqu’à égalité) et ceux qui décident, les DG. Pas trop d’écart non plus de perception avec leurs clients : l’ergonomie, la mobilité et le cloud seraient les principales attentes des utilisateurs. Rien d’original, c’est dans l’ère du temps.

Ils sont en ligne avec leurs prévisions de chiffre d'affaires (60 % ont réalisé en 2014 leurs prévisions de l’année précédente, 33 % ont fait mieux) et ils reconduisent leurs objectifs optimistes pour 2015. Donc, ils prévoient des embauches (54 %), plus que des réductions d’effectifs. D’ailleurs, ils manquent plutôt de consultant et de commerciaux. Attention : c’est bien de vendre, c’est encore mieux de délivrer… Or, ce serait là que le bât blesse le plus (Ndr)… Interrogés aussi sur la fin de la crise, la plupart pensent qu’il n’y aura pas de reprise (40 %) et que cela aura sans doute un (petit) impact (66 %) sur leurs activités. Ah les braves gens ! Allons-y dans les poncifs : achats et crise feraient donc bon ménage. Or les achats, c’est un investissement et mieux vaut le faire quand tout va bien (Ndr).

Quoi qu’il en soit, si les prestataires affichent « une foi d’airain » (dixit les auteurs) dans leurs perspectives d’activité (62% plutôt optimistes), ils semblent avoir compris que leurs clients souhaitent des projets plus courts, avec un ROI plus affirmé et une plus grande intégration de ces outils dans l’organisation des activités de l’entreprise. Mais si les seconds imaginent encore vendre plus de modules complémentaires et de nouveaux applicatifs (67% des réponses) que les premiers n’en veulent réellement (45% des réponses), cela signifie qu’il y encore quelques écarts de perception entre offres et demandes. Il reste un an pour confirmer ou infirmer. Laissons le mot de la fin aux auteurs qui osent cette périphrase : « la maturité des solutions autorise certainement des périmètres fonctionnels, organisationnels et géographiques étendus». Il reste donc beaucoup à faire !

Publié le 18/03/2015 - Par la rédaction

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