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Publié le 14/11/2017 - Par la rédaction

Assises des délais de paiement : encore plus d’un donneur d’ordres sur deux en retard

Le passage historique sous la barre des onze jours de retards moyen a détendu l’atmosphère des quatrièmes Assises des délais de paiement, mais pourrait n’être que conjoncturel. L’expérience des lauréats des prix des délais de paiement montre que si des progrès sont possibles ils exigent un réel engagement.

En quatre éditions, les Assises des délais de paiement ont vu défiler plusieurs ministres et secrétaires d’Etat, le dernier en date, l’actuel président de la République, ayant plaidé pour un renforcement des sanctions et notamment du « name and shame » et, par la loi qui porte son nom, permis l’extension des activités de contrôle de la DGCCRF aux entreprises publiques (voir La Lettre des Achats n° 251, juillet août 2016). Et, de fait, les sanctions se sont multipliées avec 2 500 contrôles effectués en 2016 et 10 millions d’euros levés auprès des entreprises sanctionnées. Une politique qui semble porter ses fruits puisqu’un quart des dirigeants d’entreprises – la moitié des dirigeants de grandes entreprises – déclarent avoir changé leurs comportements depuis le renforcement des contrôles.

 

Le financement des entreprises en jeu

Pour cette quatrième édition des Assises des délais de paiement, qui se tenait à Bercy le lundi 13 novembre, il aura fallu se contenter d’une communication vidéo du secrétaire d’état Benjamin Griveaux et d’un témoignage du vice-président de la commission des finances, Jean-Noël Barrot. Pourtant, étant donné le profil de ce dernier, député Modem des Yvelines, mais surtout professeur d’économie financière au MIT et chercheur associé au Center for Economic Policy Research de Londres ayant notamment travaillé dans le cadre de sa thèse de doctorat sur la question des délais de paiement, personnes n’a eu le sentiment d’y perdre au change.

Avec la fondatrice de la start-up The Family, Alice Zagury, il travaille désormais sur la question des délais de paiement, dans le cadre de la préparation d’un projet de loi sur les entreprises qui doit être présenté en avril prochain à l’Assemblée. Les retards de paiement et leur incidence sur le crédit de trésorerie sont un des sujets qu’ils étudient dans la partie de leurs travaux portant sur le financement des entreprises, au même titre que le crédit bancaire et l’amorçage. « La question des délais de paiement est un champ de la recherche en expansion, a confirmé le vice-président de la Commission des finances. Jusqu’ici on ne pensait pas que c’était un enjeu de financement des entreprises, les chercheurs restaient en général concentrés sur les questions de financement des investissements. »

 

635 Mds d’€ de crédit interentreprises

Malgré une amélioration de la situation en matière de retards, qui a vu au deuxième trimestre le retard moyen en France passer sous la barre des 11 jours (10,9 jours) pour la première fois depuis neuf ans, il est vrai que l’impact des retards de paiement sur la trésorerie des entreprises demeure colossal : le crédit interentreprises s’élèverait au total à 635 milliards d’euros. Pour Alain Gerbier, à la tête de la direction des entreprises à la Banque de France, l’encours des dettes fournisseurs a non seulement « un poids majeur en termes prudentiel », mais il rappelle également qu’« une partie des crédits bancaires ne serait pas nécessaire si les entreprises payaient leurs fournisseurs correctement ».

D’ailleurs en dépit de la réduction des délais de paiement les entreprises payant leurs fournisseurs en retard sont toujours plus d’une sur deux (56,7 %). « C’est une situation qui demeure inacceptable, notamment pour les grands groupes qui restent des mauvais payeurs et souvent pas pour des bonnes raisons », s’est indignée la présidente de l’Observatoire des délais de paiement, Jeanne-Marie Prost.


Célébrer les bons plutôt que brusquer les mauvais

Jouant le rôle nécessaire de l’empêcheur de célébrer en rond François Perret en a profité pour souligner les limites de la politique de sanction et du « name and shame » : « attention à ne pas susciter de surréaction de la part d’entreprises internationalisées qui ont les moyens de déplacer leurs services achats et leurs centres de paiement en dehors de France ».

Ce n’était cela dit pas le lieu ni le moment de pointer du doigt ceux qui l’ont déjà fait, mais plutôt de célébrer ceux qui au contraire donnent l’exemple, le « name and fame » étant l’indispensable contrepoint du « name and fame », avec comme porte-drapeaux les lauréats du prix des délais de paiement : le groupe Michelin (prix grand groupe, 85 % des paiements dans les temps), Gutenberg Networks (prix ETI, passage de 45 à 38 jours), Ideal Meetings & Events (prix PME, délais de paiement médian de trois jours ouvrés), le Ministère des armées (prix organisme public, 22,8 jours de délai moyen de paiement), le conseil général des Hauts-de-Seine (prix territoire, délai moyen de 26,4 jours) et le CHI de Créteil (prix coup de cœur, mise en place de l’affacturage inversé).

(Lire la suite de cet article dans le numéro de décembre de La Lettre des Achats)



Publié le 14/11/2017 - Par la rédaction

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