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Publié le 03/11/2015 - Par la rédaction

Apeca : la dématérialisation, grande cause nationale

Forte d’une nouvelle équipe dirigeante, l’Apeca entend relancer la dynamique en faveur de la dématérialisation des échanges commerciaux, avec en ligne de mire la généralisation en 2017 de l’obligation de la facturation électronique.

L’Apeca a réuni mardi 3 novembre à Bercy près de deux cents acheteurs (essentiellement du secteur public) ainsi que de grands fournisseurs tels que Loxam, Manutan ou encore Rexel pour proclamer à nouveau sa foi dans les bienfaits de la dématérialisation des échanges commerciaux et annoncer un nouveau départ : nouveau président, Eric Duverger (directeur commercial de Manutan), nouvelle secrétaire générale, Sandrine Bailly (voir son profil dans La Lettre des Achats n°243), et presque un nouveau nom puisque les lettres du sigle Apeca signifient désormais « acteurs pour la promotion des échanges commerciaux et achats dématérialisés ».

Exit donc le terme de carte d’achats ? Pas tout à fait. Sandrine Bailly a d’ailleurs profité de l’événement pour rendre public un Livre Blanc dressant un panorama des cartes de paiement. Mais le champ d’action de l’Apeca est résolument plus large. Elle consiste selon les mots de son président à « aider les acheteurs et les fournisseurs du privé et du public à mettre en place des solutions dématérialisées... Dématérialisation de la commande, du paiement – effectuée avec une carte d'achats ou tout autre mode de paiement – de la facture et de tous les documents administratifs nécessaires dans le cadre de ces flux ».

 

La France en précurseur

En revendiquant ainsi un champ d’action élargie à tous les projets de dématérialisation, l’Apeca entend s’inscrire dans la dynamique que la contrainte législative ne manquera pas de générer. La France a en effet pris une position de précurseur en Europe, en rendant la facturation électronique obligatoire dans les échanges commerciaux avec des donneurs d’ordres publics dès 2012, obligation étendue au secteur privé en 2017.

Mais alors que l’échéance couperet s’approche à grand pas, la très lente progression de la carte d’achats laisse croire que la révolution se fait attendre. Selon les données présentées par Laurent Fabregat, chef de secteur à la DGFIP (Direction générale des finances publiques), si le nombre de programmes de déploiement de cartes d’achats a continué à progresser entre 2013 et 2014 de 15 %, cette progression ne cesse de baisser en intensité. En 2015, elle diminue encore, entre 10 et 15 %. En 2014 662 programmes ont été déployés, dont 392 pour le seul secteur public local (collectivités). Le total des transactions par cartes d’achats s’est élevé à 84 millions d'euros au lieu de 61,7 millions d’euros en 2013.

Représentant le SAE, qui pilote les programmes de déploiement de cartes d’achats dans les ministères, Jean Philippe Pourtier (responsable achats fournitures, prestations générales et intellectuelles) a affiné ces données en les détaillant ministère par ministère. Certains progressent, tels que le ministère de l’intérieur, mais d’autres, au contraire voient leur usage de la carte d’achats s’éroder faute d’un soutien et d’un pilotage hiérarchique fort.

 

60 % d’économies sur les process

Infatigables promoteurs de la dématérialisation, les membres de l’Apeca ne manquent pourtant pas d’exemples pour illustrer les bienfaits de l’usage des cartes d’achats. « Orange a obtenu 30 millions d'euros de gains en couplant cartes d'affaires et cartes logées, avec au total 25 000 cartes déployées. En moyenne l’économie de process sur l'ensemble de la chaine de traitement est de 60 %, dont 80 % sur la chaine amont », rappelle Sandrine Bailly… sans oublier les gains indirects tels que l’amélioration du reporting et du contrôle, ou encore la fluidification des paiements.

Les utilisateurs appelés à témoigner n’ont cela dit pas caché les défauts de cet outil de paiement dématérialisée, à commencer par le fait qu’il reste nécessaire de produire des factures papiers à la comptabilité dans le cas de paiements par cartes, les relevés d'opération bancaire (ROB) ne donnant aucune indication sur la nature de la dépense effectuée.

Pour aller de l’avant, le SAE s’est fixé des objectifs en juin dernier : systématisation de l'usage de la carte d'achat (notamment pour 85 % des paiements de papiers, fournitures de bureau et consommables d'impression) ; systématisation des 2016 de la dématérialisation des ROB (expérimentée actuellement par la Défense) ; élaboration d'une doctrine interministérielle d'usage des cartes ; et extension du marché interministériel de l'Etat concernant les cartes aux établissements publics et aux cartes d'affaires.

Reste que comme le suggère le directeur marchés publics de Rexel, Christian Rouvière, la contrainte réglementaire est un stimulant irremplaçable. « Je me réjouis de voir que nous sommes en train de passer à une vitesse supérieure et tant mieux si nous n’avons plus le choix », déclare-t-il, en rappelant au passage que même si le cap de la dématérialisation des factures sera particulièrement difficile à franchir pour les PME et TPE, c’est aussi pour elle qu’il sera le plus utile. « C'est une demande du marché, affirme-t-il. Nous avons 100 000 clients dont plus de la moitié sont des entreprises PME et artisans locaux et une de leur principale préoccupation consiste à gagner du temps ».

Publié le 03/11/2015 - Par la rédaction

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