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Publié le 19/06/2018 - Par la rédaction

12e Trophées des Achats : acheteurs et bien d’autres rôles

La douzième édition du Trophée des Achats consacre le CHU d’Amiens, le ministère des Armées, Clarins, Carglass et tous les acheteurs qui ont réussi à transformer leur métier en autre chose qu’un simple acte d’achats

Les douze projets achats qui ont concouru sur la scène du théâtre Mogador, en lice pour les Trophée des Achats version 2018, ont montré tout ce qu’il est possible de faire dans cette fonction. Il est possible d’y endosser beaucoup d’autres costumes que celui d’acheteur à commencer par celui de communicants, voire de femmes et d’hommes de spectacles.

Long courrier

Embarquement immédiat pour la conduite du changement impulsée par les Achats avec quatre acheteuses de Covéa en mode hôtesses de l’air, Claire Ferraton, Morgane Grisard-Rottier, Vanessa Heurtebize et Mélanie Thiriet. Une présentation scénarisée et chorégraphiée pour revenir sur les sept premières années d’existence de la direction des achats groupe, première entité transverse, concrétisant le mariage entre Maaf, MMA et GMF. Ces quatre porte-drapeaux de la direction des achats n’ont pas surjoué le dynamisme et l’agilité, puisque ce sont deux qualités qui leur ont permis de devenir acteur de la transformation du groupe et de réussir, entre-autres à déployer un SI achats sur lequel se connectent aujourd’hui 3 000 utilisateurs pour 20 000 demandes d’achats par an (voir l’interview de Sylvie Noël dans la LDA n°223).

Aux petits soins

Autre projet de transformation présenté en équipe et en tenues, celui de la direction des achats du CHU d’Amiens, conduite par Magali Tassery, la directrice des achats du GHT Somme Littoral Sud, avec ses consœurs en blouses, Ophélie Dabonneville, Cassandra Baltazar et Laurianne Nombo. Pas étonnant qu’elles soient reparties auréolées du très gratifiant Prix du public tant le virage qu’elles ont impulsé est radical : concrétiser les synergies entre dix établissements de santé unis en GHT (groupement hospitalier de territoire) en six mois, avec une passation de marchés et un contrôle de gestion centralisés pour 3 % de gains achats engrangés et la promesse du double attendu lorsque convergence sera achevée.

Au pas de l’oie

Une présentation sobre cette fois pour l’équipe du Ministère des armées emmenée par le chef de service achats et marchés, Laurent Pellegrin… mais un projet tout aussi fou : expliquer la commande publique aux prescripteurs sous la forme d’un jeu de plateau, un jeu de l’oie en l’occurrence, qui promet de faire comprendre 80 % de la commande publique en une heure et quart. A l’heure du digital et dans un secteur où la fantaisie n’est pas une valeur cardinale, il fallait oser ! La réussite est visiblement au rendez-vous ; produit pour l’instant à 200 exemplaires, les coffrets de jeu ne sont pas loin de la rupture de stock. Le jury lui aussi applaudit et Laurent Pellegrin, Jean-Robert Martinot et Valérie Bertroux repartent avec la médaille d’or du Trophée des Achats 2018.

Des poids lourds moins pesants

Transformation toujours et retour du show off, avec l’équipe achats de Colas, Laure Frigout, Laura Dampeyroux, Thibaut Avard, André Chartier, grimés en candidats du célèbre jeu « qui veut économiser des millions », bien connu des acheteurs. Leur recette ? très simple ! A ceci près qu’elle implique une révolution des usages métiers – passer de l’investissement à l’achat d’usage – et la constitution d’un marché fournisseurs jusqu’ici inexistant. Le résultat de cette démarche qui concerne actuellement 150 camions payés en euro au kilomètre, c’est non seulement un BFR allégé pour le plus grand bonheur de la direction financière mais une variabilisation des coûts de bon aloi dans un secteur bousculé par une succession de chutes et pics d’activité. (voir l’interview de Daniel Righetti dans la LDA n°270)

L’innovation sur des rails

Pas de casque de chantier ni de gilet réfléchissant à la SNCF avec Christine Domingues et Fabrice Pastor, mais des enjeux en milliard d’euros… 1,4 milliard pour être exact, avec le projet de rénovation de 2 200 postes d’aiguillage d’ici à 2035. Un projet pour lequel SNCF Réseau n’a pas hésité à s’emparer d’un nouvel outil du code des marchés publics, le partenariat d’innovation multiatributaire. Un marché préparé pendant pas moins de deux ans en mode plateaux associant ingénieurs, mainteneurs, juristes et acheteurs, Avec notamment la création d’un poste de « cost teneur », garant de l’objectif en TCO du projet : 15 % moins cher.

Dans les yeux des fournisseurs

Avec la filiale d’Engie spécialisée dans le transport du gaz, GRTgaz, représentée par Bertrand Balducci, responsable achats techniques, il est encore question d’innover dans la relation fournisseur, avec la mise en place d’un baromètre d’évaluation inversée. Un élément de plus dans la démarche RSE de l’entreprise, qui lui a donné au passage la satisfaction de constater que ses partenaires reconnaissent sa capacité à payer dans les temps et ses efforts pour faire progresser les questions de sécurité.

Sourcer les créatifs avec créativité

Innover dans la relation fournisseur, c’est aussi ce qu’a fait la direction des achats de Société Générale et qui plus est sur la catégorie marketing communication, où la valeur ajoutée des acheteurs reste encore rarement reconnue. En s’adjoignant les services de la plateforme de freelances spécialisée dans les créatifs, Creads, Sandrine Rollet et Sophie Chou ont prouvé à leurs clients internes qu’un acheteur est capable de voir au-delà de son référencement. Elles ont du même coup démontré toute la valeur du sourcing et sécurisé des relations part nature délicate avec des travailleurs indépendants.

La RSE fait un carton

Autre secteur d’activité venu en force aux Trophées, la cosmétique était notamment représentée par le groupe L’Oréal, où la direction des achats ne manque pas d’expertise en achats marketing communication. En revanche, elle en a fait un nouveau champ d’action à conquérir pour sa politique d’achats responsables. En particulier la catégorie PLV, où Anne-Laure Chevreteau a conduit un programme d’animation visant faire progresser l’éco-conception sur ces objets de promotion produits localement (six millions d’unités par an) sans centralisation des achats. Résultat de ce programme contenant une boite à outil, des règles d’intervention, ou encore des formations, le taux d’objet de PLV écoconçus est passé entre 2016 et 2017 de 49 % à 63 %.

Les Achats du champ à l’assiette

Toujours dans le groupe L’Oréal et toujours dans la RSE, mais à plus petite échelle, la direction des achats de sa filiale Chimex (Thibaud Juret et Frédéric Defer) a fait passer son restaurant d’entreprise au bio et en circuit court de surcroît. Un projet exemplaire à plus d’un titre, puisqu’il découle de l’orchestration d’une relation tripartite entre le gestionnaire du restaurant Arpège (groupe Eliot) et une association solidaire du Val d’Oise, Plaine de vie, qui pratique des activités de maraîchage.

Les super-pouvoirs de l’innovation fournisseur

Chez Clarins l’innovation achats se pratique en mode super-héros, avec les « Innovengers », une équipe de cinq acheteurs constituée en 2017 et représentée sur scène par Stéphanie Michelini, Nicolas Durand et Jonathan Mauricio. Leur mission : structurer la démarche d’innovation, avec pour première réalisation l’intégration de critères d’innovation dans tous les appels d’offres, l’infiltration d’un acheteur au sein de la direction innovation et la constitution d’une task force de 15 fournisseurs travaillant sur des projets de co-innovation. Leur cible : apporter au groupe un business additionnel de 20 millions d’euros.

Culture intensive avec modération

Retour dans les champs pour la médaille de bronze du jury avec la seconde équipe de Clarins, constituée de Julie Belin, Sophie Gorel et Tiphaine Provost, qui ont travaillé à la source des achats d’alcool de parfumerie, les plus gros achats en volume du groupe. Un alcool issu d’une culture intensive de betteraves, gourmande en eau et peu propice à la régénération des sols. Pour y remédier, l’équipe achats s’est retrouvée au cœur d’un projet de test sur de l’agroforesterie qui a abouti à la transformation d’une parcelle picarde de betteraves sucrières, plantée de 2 200 arbres dont la présence permet de limiter les intrants, la consommation en eau et assure une meilleure régénération des sols.

Entrepreneur, innovant et forcément mobile

Quant à la médaille d’argent, elle revient à un cas d’école de co-innovation, conduit sur la route du succès par le directeur des achats indirects de Carglass France, Pascal Negrevergne. Son projet est parti d’un constat simple : pour gagner des clients, l’entreprise doit augmenter son maillage territorial, mais pour que sa croissance soit rentable, elle doit limiter le coût d’ouverture de ses points de vente. La solution révèle tout le pouvoir d’un acheteur lorsqu’il laisse libre court à son imagination : passer un partenariat avec un fabricant de containers maritimes pour concevoir des centres de pose mobiles, huit fois moins chers deux fois plus rapide à ouvrir que des centres classiques. Parti de France où ils représentent aujourd’hui 12 % des centres de pose ces containers vont bientôt s’étendre à l’Allemagne, à l’Espagne et au Portugal.

Pour le mot de la fin, Christophe Sassolas (voir son interview dans la LDA n°265) a parfaitement résumé la soirée en constatant : « Nous avons vu qu’un acheteur peut être un agronome, c’est aussi un innovateur, un entrepreneur et surtout quelqu’un qui crée du business. »

Publié le 19/06/2018 - Par la rédaction

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