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E-achat Evénement

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Publié le 05/10/2017 - Par la rédaction

Solutions e-achat : le salon où tout le monde parle avec tout le monde

Les chiffres de fréquentation des Salons Solutions 2017 sont tombés : plus de 6 200 visiteurs et 3 592 participants aux conférences pour les cinq pôles thématiques (ERP – e-achats – Démat – BI et Big Data – CRM et Marketing). Peu ou prou, les mêmes chiffres d’années en années. Selon l’organisateur. Selon les exposants, le bilan est plus contrasté : peu de monde le mardi, beaucoup le mercredi, et moins le jeudi… Des salles de conférences plus ou moins remplies. Et du bruit tout autour. Beaucoup de choses quand même à retenir sur les stands et dans les allées.

A-t-on entendu un jour des exposants spontanément satisfaits de trois jours passés à arpenter un stand ou à s’acharner dans le bruit à présenter une solution à des visiteurs assis en rang clairsemés ? Râler, c’est réflexe. C’est du vécu. Le salon a vingt ans. Bon pied, bon œil malgré tout. Côté e-achats, le plateau était presque complet. Une quinzaine de prestataires. Les plus grands, les plus anciens : Bravoslution, Determine, Ivalua, Oalia, Oxalys, PerfectCommerce/Proactis, Synertrade, etc. Les plus récents, les plus petits : Axiscope, Okaveo (Crop and Co), Per Angusta, Performance achats, Sievo (le retour), Silex, etc. Les encore plus gros mais ailleurs (côté ERP) : SAP-Ariba, Qualiac, etc. Les outsiders de l’achat via la dématérialisation des factures (à ne pas négliger) : Basware, Esker, Itesoft, Pagero, Yooz, etc. Bilan des courses : 60 visiteurs sur les trois jours en moyenne par exposant, peut-être 25 projets plus ou moins concrets (les mêmes ?). Des projets… sérieux (bankable) ? « Ah, ça, on verra plus tard… » nous lâche, résigné, un des prestataires présents. Au fil des mois, les projets s’étiolent toujours un peu.

Les portails fournisseurs encore et toujours

Pour rester optimiste : Determine a rencontré Monoprix lors de l’édition 2015. C’est cette année seulement que le client intervient avec son éditeur. Celui qui a opté pour l’outil, Hugues de Planta occupe aujourd’hui le poste de directeur des achats indirect chez Kingfisher. C’est son adjointe de l’époque, aujourd’hui en titre, Krystel Cauwet, qui présente désormais l’application avec l’administratrice du portail, Malika Burguière. Monoprix (6 enseignes, 600 magasins, 5 milliards d’euros d’activité, 21 000 collaborateurs) gère maintenant avec sa nouvelle plateforme d’achats indirects, 1 600 fournisseurs, 7000 articles, 123 catalogues multifournisseurs hébergés, 3 en punch out, 1 422 utilisateurs soit un volume d’achats annuel de 23,5 millions d’euros pour 74 600 commandes. Determine, c’est du cloud collaboratif distribué. L’application a permis à l’enseigne d’adopter une démarche « tout catalogue » pour les références, de canaliser les demandes, de faire le lien avec la comptabilité, de réduire les factures sans bon de commande (encore 7 000 en 2016 pour 500 millions d’euros). Une solution plus rapide qui procure une plus grande autonomie aux équipes, des chargements de catalogues plus fluides. Quelques écueils encore ? Améliorer le taux d’adoption par les utilisateurs, réduire les écarts entre les recherches par mots clés et leur traduction dans les référentiels (un classique), constater une certaine inhibition des fournisseurs à utiliser par eux-mêmes le portail. C’est l’administratrice qui s’en charge le plus souvent d’où l’importance de disposer d’une solution facile et solide. Une charge à prévoir pour les donneurs d’ordres.

Chez Oxalys Technologie, Laurent Guillot, directeur des opérations et Paul Martin, responsable SI Engagement de Bouygues Construction, client historique de l’éditeur, ont fait de la gestion du catalogue fournisseurs le sujet d’une présentation commune. Pour la filière achats de Bouygues Construction (3 milliards d’euros gérés, 35% à l’international, 2 400 fournisseurs, 30 familles d’achats, plus de 500 contrats cadres, 350 collaborateurs dans 35 pays, 7 000 opérationnels qui engagent 600 000 commandes par an), la solution doit permettre le déploiement catalogues et de contrats cadres (plus de 500), leur accès par des outils mobiles (smartphones, tablettes), la professionnalisation des achats, une augmentation de la productivité. Et une maîtrise de la sécurité financière et juridique. Autre exemple de déploiement d’outils mais cette fois plus axé sur le pilotage des actions achats : Per Angusta avec la direction des achats de Hop !, la filiale à 100% d’Air France (qui regroupe Régional, Brit’Air et Airlinair, avec une flotte de 85 avions d’une capacité de 50 à 100 places, 400 vols quotidiens, 800 millions d'euros de chiffre d'affaires, 3 000 personnes), au fonctionnement autonome avec une petite équipe de six acheteurs. Pour Pascal Le Quemener, directeur des achats depuis avril 2015, l’objectif est d’insuffler aux équipes une culture achats commune, faire le lien avec les prescripteurs comme avec le contrôle de gestion et la direction financière (validation des gains, coûts évités, etc. ). Per Angusta en profitait aussi pour annoncer une alliance technologique avec Dhatim (spend analysis et IA) après un autre accord avec l’anglais Market Dojo (e-sourcing).

Full suite ou not full suite

La conclusion de ces alliances entre (petits) acteurs, chacun spécialiste de sa brique fonctionnelle, alimentait d’ailleurs une partie des échanges dans les allées du salon. Per Angusta a visité Silex (sourcing) qui a vu Determine. Sievo (analyse financière) a lui aussi parlé avec Per Angusta. Axiscope, et sa solution collaborative orientée projet, installé entre Determine et Bravosolution, a dû intriguer ses deux puissants voisins. Ne feraient-ils pas plus ou moins la même chose, en étant capables aux aussi de réunir (hors outils procurement) des équipes achats-prescripteurs-fournisseurs) autour de solutions hébergées, en SaaS, paramétrables et ouverts aux échanges avec d’autres briques de solutions (en mode API) ? Okaveo (pilotage achats) proposé au terme de ses missions de conseils achats par Crop and Co comme Oalia (e-achats en mode SaaS également), avec ses plateformes Oalia Excellence et Oalia Marchés Publics parient aussi sur un mode de fonctionnement souple et évolutif avec une architecture ouverte revendiquée par ce dernier (notamment les principaux éditeurs ERP du marché).

Petit éditeur deviendra-t-il grand ? That is the question. Les grands anciens et aujourd’hui leaders du marché présentent tous des suites intégrées complètes, ne collaborant qu’à la marge avec d’autres acteurs et/ou éditeurs de contenus. Seuls les intégrateurs de solutions ont leur faveur en termes de partages. C’est le cas d’Ivalua (présent avec ses partenaires OJC Conseil, Clarans Consulting et Flucticiel) qui se concentre sur des projets industriels ambitieux, de Bravosolution qui a achevé d’absorber sa dernière acquisition (Puridion) dans BravoAdvantage, sa solution Source-to-pay, sans doute aussi de Determine qui fait monter en puissance sa nouvelle plateforme full web, conçue autour d’un BPM (Business Process Management ou Gestion de Processus Métier), un moteur autour duquel viennent se greffer autant d’applications dédiés (des aps type sourcing, gestion des fournisseurs, des contrats, du procurement, de l’analyse financière, etc.) et paramétrables selon les besoins du client et la taille de son projet.

L’enjeu, ce n’est plus seulement le métier, c’est la donnée. Une donnée « propre », reconnaissable, traçable, homogène, qui circule de bout en bout, sur chaque Aps et qui bénéficie d’autant d’interactions que nécessaire (entre une commande et des éléments contrats, par exemple). C’est la vision de Julien Nadaud, responsable produit Determine, qui se projette sur un système d’informations en trois étapes : acquisition de données, prospective à partir de l’existant et enfin, vision prédictive. La question de l’intelligence artificielle dans les futurs SI achats est dans tous les esprits. Patrick de Coucy, directeur général de Bravosolution France, revendique-lui aussi la force d’une full suite : « la force de ces solutions, c’est l’intégration de données de bout en bout que l’on peut croiser et analyser à tout moment. Les entreprises sont de plus en plus interconnectées. Nous sommes à l’avènement des données fournisseurs. Elles peuvent provenir d’une multitude d’ERP. Elles sont souvent peu homogènes voire très pauvres. C’est une des principales difficultés que nous rencontrons. L’arrivée de l’IA va nous obliger à enrichir et structurer ces données. Ce sera essentiel si nous voulons enrichir l’expérience utilisateurs – c’est notre stratégie en tout cas. ».  De ce point de vue-là, la question des petits éditeurs reste posée. « C’est un peu un mystère pour moi », avoue Patrick de Coucy. « D’un côté, nous assistons à une course à la taille pour les plus grands avec des acquisitions, Coupa/Trade Extensions, des rapprochements, Perfect Commerce/Proactis, des levées de fonds, Ivalua, de l’autre, nous voyons l’apparition de petits acteurs plus focalisés sur certains aspects métier. Il y a aura sans doute d’autres rapprochements, c’est inévitable. Pour financer à la fois le développement commercial et les évolutions technologiques. Mais je crois plus à des alliances de contenus à terme. S’il y a complémentarité. ».

Editeurs-intégrateurs, des alliés objectifs

Après le débat inaugural, un autre s’est tenu le dernier jour sur la question des cabinets de conseils et des éditeurs e-achats. Comment interviennent-ils les uns par rapport aux autres ? Avec sur le plateau : Driss Rachdi (Axiscope) et un de ses clients, Pascal Bernardon, Innoprag (cabinet de transformation dédié aux DSI) et son application MySherpa (plateforme de recherche d’experts basée sur la solution Axiscope), Gabriel Giret (Ivalua), Pierre Laprée (Per Angusta), Sole Cionini-Sordi (Basware) et Renaud Rebitz (Achats ADP). Trois éditeurs versus deux clients. Pourquoi faut-il passer par un conseil ? Pour de l’aide au choix en amont et/ou de l’intégration après avoir opté pour telle ou telle solution ? Choix libre ou figure imposée ? Qui choisit qui et pourquoi ? Ce n’est un secret pour personne : la montée en puissance des projets e-achats dans les entreprises s’est accompagné de son lot de dérapages, en termes de délais, de déploiement, de taux d’utilisation quand il ne s’agissait pas de projets plus ou moins bien calibrés. Dans les grands projets Procure-to-pay qui appellent un grand nombre d’utilisateurs, passer par un intégrateur s’impose. « Dans tout projet de dématérialisation, il faut prendre en compte le capital humain, rappelle Sole Cionini-Sole (Basware). Il n’y a pas que l’équipe projet, il y a aussi les utilisateurs et les fournisseurs à intégrer. » Elle précise aussi l’enjeu : le taux d’utilisation des outils et le suivi de l’amélioration des usages dans le temps. Les éditeurs n’ont pas souvent les équipes suffisantes en interne pour accompagner les usages sur le terrain. En réalité, le duo éditeur et intégrateur s’avance de concert. Ils s’apportent mutuellement. Le donneur d’ordres a-t-il le choix ? Le plus souvent l’éditeur propose.

Pierre Laprée (Per Angusta) désamorce le piège (un peu) tendu d’un donneur d’ordres dépendant de ses intervenants extérieurs. « D’abord, soutient-il, c’est vrai, le donneur va devoir faire confiance mais l’intégrateur doit aussi pouvoir défendre sa légitimité, sa vision, avoir le courage de ses positions dans une nécessaire gestion du changement ». Driss Rachdi (Axiscope) s’en tient aux définitions : éditeur, intégrateur, conseil, ce ne sont pas les mêmes métiers ! « Il faut respecter les métiers de chacun et l’éditeur, lorsqu’il choisit de s’appuyer sur un intégrateur, autant qu’il soit expérimenté. Il est toujours difficile de faire passer des partenariats. » Et de de préciser comme une évidence : « si le client doute, c’est que le travail en amont n’a pas été correctement fait et là on peut douter même de la validité du projet… ». En attendant, chez Axiscope, sous couvert d’une plateforme aux paramétrages standards, le recours à des partenaires s’avérera plutôt parcimonieux. Une autre évidence à rappeler ici : les projets sourcing avec un nombre plus limité d’intervenants sont moins gourmands en ressources. Les projets procurement motivent davantage les intégrateurs. Certains projets se chiffrent parfois en milliers d’heures. CQFD.

Chez Ivalua, Gabriel Giret défend les partenariats maisons. « Nous avons une approche 100% intégrateurs, souligne-t-il « il ne s’agit pas seulement de remporter des affaires mais de les déployer avec succès. Les conseils peuvent aider à faire le lien entre l’éditeur et les entreprises. L’intégrateur garantie l’adéquation du projet avec la culture du client. C’est un investissement conjoint. Bien sûr, conclue-t-il, la confiance est nécessaire ! » Parmi les questions qui remuent (un peu) : quelle est la clé de répartition entre l’éditeur et l’intégrateur en termes de facturation ? On se regarde, on noie un peu le poisson : entre 50 jours et mille jours de conseils, ce n’est pas la même taille de projet. Oui, certes, mais encore ? On se risque : c’est du 70/30…

Au bas mot. Renaud Rebitz, un des responsables du projet SI achats d’ADP (350 utilisateurs, 3 500 fournisseurs, un taux de couverture achats 100% pilotés par Ivalua, en place depuis 2011) s’en souvient : « Nous n’avions à l’époque que de l’Access, du Excel et du Word. Nous recherchions une expertise complète depuis le cahier des charges, la gestion du changement, les tests, etc. Nous recherchions dans tous les cas un duo, chacun avec un rôle précis. D’ailleurs, nous avons plutôt constitué un trio ! Il faut être diplomate et prudent dans une démarche de transformation. »

Ici, tous redisent l’importance du soutien dans l’entreprise et au plus haut niveau possible. Ce qui sans hésiter revient à privilégier une aide extérieure, bien documentée et dont l’estampille rassurera. Les grands groupes ont les moyens de leurs démarches, mais les PME ? Une même démarche structurée s’impose : d’abord le contexte et le métier, l’indispensable soutien de la direction générale, l’outil après, à la fin. Et là un conseil en amont s’avérera très utile. Et l’éditeur, avec son concours, pourra prendre le relais. Une démarche agile. Sur le plateau, on souligne aussi les possibilités qu’offrent sur ce plan les solutions hébergées, en SaaS, évolutives et robustes. Agiles, forcément agiles. Identifier, connecter, utiliser, déployer, c’est fait. Se rappeler dans tous les cas, que l’on doit toujours parler d’abord projet et métier. L’outil n’est qu’un support.

Organigrammes

Des nouvelles. Trois jours durant, Gérard Dahan, nouveau CMO et SVP EMEA de Determine en provenance d’Ivalua a assuré une présence forte après de ses troupes. Un sacré quatuor en perspective avec Julien Nadaud, Xavier Pierre-Bez (à l’origine de B-Pack) et Patrick Chabannes. Chez Ivalua, Alex Siric, nouveau CMO groupe lui aussi, s’installera avec une équipe d’une dizaine de personnes dans les locaux de l’éditeur à New-York. Aurélie Lucas pour le marketing et la communication Europe sera elle aussi à la tête d’une dizaine de collaborateurs à Orsay près de Paris. A Londres, ce sont aussi quatre personnes au marketing qui rejoignent de tout nouveaux locaux. L’éditeur enfin, devrait ouvrir un bureau Asie à Singapour. Last but not least, il y aura sous peu un responsable marketing produit au siège américain de la société à Redwood city (Californie). Des centres de décision très répartis pour un secteur toujours prometteur et un terrain de jeu mondial…

Publié le 05/10/2017 - Par la rédaction

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