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Publié le 27/09/2017 - Par la rédaction

Solutions e-achat : de nouveaux outils pour les millennials ?

La rentrée e-achats a eu lieu. Les Salons Solutions ont ouvert leurs portes hier après-midi. Le débat inaugural de la partie e-achat a voulu voir dans toute la palette des solutions disponibles sur le marché une formidable opportunité d’attirer sinon garder une nouvelle génération d’acheteurs. Sujet décalé, original mais pourquoi pas…

 Tout était dans l’intitulé de cette table ronde. Solutions collaboratives, réseaux sociaux BtoB, plateformes d’innovation partagée, groupement, mobilité, intelligence artificielle (IA), RSE, ce catalogue se concluait d’une question définitive : « Etes-vous prêts à accueillir les acheteurs milennials ? » Diable, que venaient-ils faire dans cette galère ? Sur le plateau, Julien Nadeau (Determine), Fabrice Ménelot (Crop and Co), Béatrice Lamourette (Axiscope) et Eric Dubrac (Performances achats), avaient pour mission de faire le lien entre la poussée continue des technologies, ses retombée sur les systèmes d’information e-achats dont ils sont, eux, éditeurs ou prestataires de services, l’exact reflet du besoin des entreprises en la matière à l’ère du tout-digital qui les emportent vers de nouveaux territoires, de nouveaux consommateurs, de nouveaux collaborateurs… Ils s’en sont bien tirés.

Interrogée la première, Béatrice Lamourette (Axiscope) a finement résumé l’époque : les millennials, en gros la génération 25-30 ans, n’auraient pas comme leurs ainés de plans de carrière arrêtés. « Leurs attentes sont à la fois fortes et étonnantes » nous dit-elle. Ils cherchent avant tout du sens à ce qu’ils font, ils veulent s’impliquer, coopérer, partager. Ils travaillent en mode projet ! Dans des organisations plates et non pas hiérarchiques, transversales et non pas verticales. S'ils sont intéressés et motivés, ils restent. Si ce n’est pas le cas, ils s’en vont à l’autre bout du monde, rejoindre d’autres projets. Et voilà le lien avec les outils. Tout milite pour ses plateformes en mode SaaS, facilement et rapidement déployable, ouverte, non seulement à une communauté métier mais à d’autres intervenants dans l’entreprise. Cela tombe bien. Axiscope, petit éditeur apparu en 2015 (une dizaine de références aujourd’hui), défend une solution achats collaborative associant acheteurs, prescripteurs, fournisseurs dans le cadre de projets. Justement.Premières conclusions : il faut des outils qui invitent au partage dans une ergonomie de type smartphone. Aujourd’hui, toutes les générations pilotent leur vie au bout de leur écran de téléphone, pourquoi procéder différemment derrière un bureau ou sur le terrain ?

Hyper connecté, hyper convivial 

Son voisin, Eric Dubrac confirme. Performance achats qui propose une plateforme d’externalisation et de mutualisation des achats (achats indirects) a développé cette offre, il y a quatre ans, avec une équipe de jeunes acheteurs d’un client ! La solution s’est perfectionnée depuis mais les bases étaient là d’une solution de partage, de collaboration, qui a permis d’intégrer de plus en plus de contenus, de références, de la vidéo, le support qui monte dans les entreprises quels que soient les usages sous les effets d’une génération You Tube. Il faut être désormais mobile, connecté et convivial. Eric Dubrac est catégorique : nous avions du mal à nous faire entendre par les directions achats quand les acheteurs eux poussaient pour l’adoption de nos outils. Pari gagné ? Pas si simple. Encore faut-il combattre le manque de budgets criant des entreprises lorsqu’il s’agit d’investir dans leurs achats… Mais c’est un autre sujet.

L’expérimenté patron de Crop and Co, Fabrice Ménelot, acheteur à l’origine, retoque l’argument générationnel : « A 25 ans comme à 45 ans, on veut pouvoir communiquer au travail comme à la maison ! » lance-t-il. Mais lui aussi abonde dans l’idée d’un changement qui doit s’opérer dans les entreprises : passer d’une logique de surveillance, de contrôle à des notions de partage, d’échange. Non pas s’épuiser à mesurer un taux de couverture (souvent théorique) mais l’impact de décisions. Du concret. Crop and Co qui développe depuis peu une solution de pilotage d’actions achats, Okaveo, ne veut pas réduire non plus la question des achats au seul déploiement d’outils. Surtout ne pas oublier l’humain, le métier. Essentiel. Une manière à aussi de faire écho au thème du débat.

Dernier débatteur, Julien Nadaud, Chief Product Officer, de Determine, plateforme Source-to-Pay (née de la fusion de trois éditeurs, les américains Slectica et Iasta, et le français B-Pack) marque aussitôt la différence entre les Etats-Unis (où il est basé) et l’Europe. Là-bas, des entreprises plus ouvertes au digital, des entreprises plus timides. Mais avons-nous encore le temps de nos préventions ? « Aujourd’hui, les entreprises doivent aller de plus en plus vite » assène-t-il. Il faut aussi faire plus de choses et toujours plus vite. Il tente une analogie avec le marché automobile. Avant, dans le choix d’un véhicule, on s’intéressait aux moteurs, à la puissance, désormais c’est la connectivité, les OS (Apple, Android) ou les services d’assistances proposés. Au-delà d’outils collaboratifs et conviviaux, c’est toute l’intelligence que l’on va déverser à terme dans les plateformes qui fera la différence. Sa vision ? Peut-être la fin programmée (sans jeux de mot) d’outils métiers parce que précisément les données seront au centre de tous les systèmes d’informations lesquels produiront de puissantes aides à la décision. Rendez-vous dans trois ans au plus pour une nouvelle génération d’outils davantage basés sur l’intelligence artificielle. Descendu de la tribune, il précise sa conception d’un cycle d’intelligence artificielle qui se déroulera en trois étapes : acquisition de données, restitution (hypothèses fondées sur une base d’évènements), prolongement (de la prospective).

Fin du métier ? Sur le plateau personne n’y croit guère en l’état. Mais la fin des organisations en silo, le partage des informations, le mode collaboratif, sa traduction en mode SaaS, oui, tout le monde s’accorde sur ce point. Après d’autres nuances apparaissent, selon que l’on parle d’achats stratégiques (l’expertise de l’activité prédomine) ou d’achats indirects (par nature plus partageables). La convivialité des achats, l’Amazon like, le référencement Google ? Reconnaissons-le : les outils même ceux d’aujourd’hui révèlent encore un taux d’adoption relativement modeste. Principale raison : leur ergonomie. Nous sommes loin de la convivialité des GAFA (Google-Apple-Facebook-Amazon), du flat design et consort. Vivement de solutions, plus souples, plus intuitives pour tous les utilisateurs. Fabrice Ménelot (Crop and Co) ironise à bon compte. On sourit : l’approvisionnement sera plus facile, plus partagé, mais les achats, les vrais, se décideront toujours en amont. Qui serait contre ?

Hop, hop, hop !

L’animateur du débat se risque à son tour. Se pourrait-il que la fin des achats soit pour bientôt ? La fin des acheteurs ? A coup d’intelligence artificielle ? Des machines qui décideraient à notre place ? Scénario catastrophe ou opportunité de gains de productivité sans précédent ? Des gains de productivité, il y en aura. Gigantesques mêmes. Le qualificatif est de Julien Nadaud (Detemine). Mais les outils viendront surtout aider les achats à aborder de nouveaux territoires. De très (trop ?) transactionnelles, les plateformes devraient devenir de véritables systèmes d’aide à la décision, aux capacités de mémoire d’autant plus décuplées qu’elles s’appuieront sur de l’intelligence. On termine tout de même sur une jolie image employée par Béatrice Lamourette (Axiscope) qui parle de systèmes « nénuphars » pour ces solutions qui s’étendent progressivement à de plus en plus de domaines d'achat, d’utilisateurs, de façon souple, indolore, qui conservent la mémoire des actions passées et la fois d'après éclairent l’avenir. L’humain augmenté aux achats, c’est pour demain. Les achats n’ont pas fini de briller…

 

Publié le 27/09/2017 - Par la rédaction

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