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Publié le 17/10/2015 - Par la rédaction

Salons Solutions : dématérialisation, cloud et e-achat, le trio gagnant

L’édition 2015 qui s’est tenue pour la première fois Porte de Versailles a fermé ses portes sur 6 202 visiteurs dont près de 3 500 inscrits aux 67 tables rondes organisées. Si les réunions consacrées à la dématérialisation et au cloud avec en point d’orgue le big data ont fait salle comble, celles dévolues au e-achat n’ont mobilisé qu’à la hauteur d’un domaine plus confidentiel mais avec de beaux échanges tout de même…

Côté e-achat, les tables rondes avaient l’ambition de parler du risque fournisseur, de co-innovation, de gestion des contrats, de reverse factoring, etc.  Des sujets ambitieux. La session inaugurale a démarré tambour battant. Sur le plateau, trois éditeurs de solution « source to pay » : Patrick Chabannes (b-Pack-Selectica), Patrick de Coucy (Bravosolution) et Gérard Dahan (Ivalua). A leur côté, la fondatrice d’un cabinet spécialisé en conduite du changement, Fatimé Gosse-Gardet (Zak Consulting). Les trois premiers ont rapidement bousculé le cadre d’un échange un peu trop convenu, du moins au moins au départ. C’est qu’ils se sont joyeusement écharpés. Une fois expédié le constat d’un marché plutôt porteur (la plupart des grandes entreprises seraient équipée d’au moins un module de e-achat, les ETI constitueraient la prochaine vague de projet, etc.), montré leurs muscles, à savoir des chiffres d’affaires en croissance (Bravosolution (70 millions d’euros, + 10%), b-Pack-Selectica (40 millions d’euros, après la réunion de Selectica, Iasta et b-Pack), Ivalua (18 millions d’euros, +40% et une implantation outre atlantique en plein boom) et convenu d’une certaine effervescence de la demande, l’affrontement (à fleurets mouchetés et néanmoins amical tant ces hommes se connaissent) se déroula en trois temps…

Premier temps : sur le thème du cloud ou plutôt du SaaS. Vrai SaaS (application unique pour tous les utilisateurs avec même release sur le mode service en ligne type Google messagerie) ou hébergement distincts selon les volontés des clients (au mieux) voire des versions successives utilisées par ces derniers (au pire). Le plus offensif sur ce sujet : Patrick Chabannes qui souligne les contradictions pour ne pas dire les distorsions entre présentation et réalité. Passé un temps par sa propre société de conseil, Cyrenac, la question lui  tient à cœur (voir ses chroniques dans La Lettre des Achats, en 2014). Derrière cette interrogation, il y a celle du déploiement de ces solutions dans les entreprises que ce soit en termes d’outils, d’utilisateurs, de typologies d’achats couvertes, voire d’ampleur géographique. Pour que ces outils donnent leur pleine mesure, il faut un fort niveau d’utilisation. Autre point soulevé : l’ergonomie. Quoique des progrès aient été accomplis au cours des dernières années, nous serions loin d’un fonctionnement Google like ! La comparaison avec le grand public s’impose parce que derrière les experts, il y a les utilisateurs dont dépend le taux d’adoption… Les éditeurs en sont-ils conscients ?

Deuxième temps : ensemble, Patrick de Coucy (Bravosolution) et Gérard Dahan (Ivalua) repoussent la charge. Ils trouvent  leur contradicteur trop pessimiste. D’abord, les outils ont progressé. Sinon  de nouveaux acteurs seraient intervenus. Or ce sont plutôt les plus installés qui progressent. Pour Gérard Dahan, les entreprises autant que les éditeurs poussent le marché vers le haut. Les clients sont de plus en plus matures. Leur contexte ne cesse d’évoluer. S’il y a eu dans un passé récent des objectifs non atteints par des solutions insuffisamment déployées, c’est  de moins en moins vrai. Ce sont maintenant des projets d’ensemble qui s’imposent avec des couvertures de dépenses de plus en plus larges… Patrick de Coucy lui fait écho. Pour lui, le contexte n’a jamais été plus propice. Les entreprises affichent désormais des objectifs solides au sein d’organisations de plus en plus distribuées. Les organisations sont plus mûres et expriment mieux leurs exigences. Les systèmes d’information s’installent partout avec les mêmes référentiels, process et méthodes. Le consultant perce sous la carapace de l’éditeur. Exit l’argument du SaaS même si le sujet est de mieux en mieux compris par les clients. Parlons d’abord objectifs et méthodes. Il n’y a pas que l’outil lorsque l’on veut approvisionner ( !) les acheteurs en données pertinentes. Et s’il faut rassurer sur le stockage et la disponibilité des données, le chaland sera noyé de détails sur les centres de données (des normes, des audits, des certificats, etc.), leur localisation (sur chaque continent), etc.  Attention : si les européens sont très sensibles au sujet, les américains ne leur cèdent rien du côté des audits ! En clair : c’est pas nous (les éditeurs) mais eux (les clients) qui nous dictent leurs exigences et restent en deçà de ce que nous pourrions faire… Les exigences les plus partagées : les processus, la sécurité des données et les échanges avec ERP. Un vrai changement !
Elle avait peu parlé jusque-là mais elle se rattrape : Fatimé Gosse-Gardet, forte de son expérience d’un déploiement de SI achat (pour le compte du groupe Total), nuance un peu : si les sièges sont bien dotés, les équipes en région (quelle que soit la zone géographique) sont encore un peu les parents pauvres. Or les outils doivent faciliter l’adhésion avec un vrai reporting, des engagements. L’ergonomie en net progrès (confirmation) accélère ce déploiement. Ce ne sont d’ailleurs plus les directions achats qui poussent mais les utilisateurs eux-mêmes ! Mise en place et adhésion s’en trouvent facilités justement. Les circuits d’approbation sont plus courts. Enfin, les étudiants au sein même des formations achats veulent travailler sur ses systèmes.

Le monde a basculé. L’e-mail, c’était hier. Place à la mobilité, aux tablettes, aux montres connectées, aux notifications. Les apps évoluent. Alors, ce marché ? Full suite or not full suite ? Quelle nouvelle road map pour les éditeurs demain ? « Fumisterie ! » tacle Patrick Chabannes (b-Pack-Selectica). La question du nombre d’outils utilisés dans des solutions toutes très complètes n’est pas la bonne. Les taux d’utilisation sont invérifiables. Seul le ROI calculé soit servir de juge suprême. « Il faut fixer des objectifs ! » martèle le contradicteur qui ne lâche rien. Le débat masque aussi sans doute la question des revenus des éditeurs. La guerre des prix aurait sévi un temps comme celle des difficultés à déployer les solutions, faute de troupes tant chez les éditeurs que chez les intégrateurs.

Troisième temps du débat. A force d’agiter le chiffon rouge, les arguments définitifs finissent par tomber : les baisses de prix sont compensées par un volume d’affaires en hausse (Bravolution), le marché croit maintenant plus vite mais attention, nous sommes très vigilants à ce que cette croissance soit rentable (Ivalua). Qui n’exclut pas de faire appel à des investisseurs pour soutenir une croissance internationale forte. Une réponse à tous ceux qui s’interrogent sur de nouvelles opérations de consolidation. Tout le monde n’a pas les mêmes méthodes. Et de l’argent, pour financer de l’innovation, il y en aurait (Ivalua toujours)… A suivre.

Publié le 17/10/2015 - Par la rédaction

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