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Publié le 01/10/2018 - Par la rédaction

Salons Solutions 2018 : une fonction achats plus ouverte

L’ambition affichée par les éditeurs de SI Achats, sur l'édition 2018 des Salons Solutions : faire sortir la fonction de sa bulle. Les éditeurs souhaitent accompagner les achats à devenir une fonction transverse, collaborant avec la finance, le juridique, la R&D ou encore la production.

Malgré l'ambition martelée des éditeurs d'épauler les Achats dans leur course au statut de fonction stratégique, les stands e-achats n'ont pas enregistré une affluence record pour ce cru 2018. Les directeurs des achats et les staffs achats sont apparus quelque peu discrets. Petit lot de consolation, les allers des Salons Solutions pour les ERP, le CRM ou le BI n'avaient pas de quoi faire rougir le monde de l'e-achats. A l'heure du digital, un exposant s'interrogeait même sur la pertinence d'un tel rendez-vous, soulignant que les deux dernières années, avec une fréquentation en hausse, le bilan n'avait finalement pas été particulièrement probant pour le portefeuille clients.

Dans les rangs des éditeurs e-achats, les acteurs historiques n'ont pourtant pas manqué à l'appel, avec quelques nouveautés, BravoSolution étant passé sous le pavillon Jaggaer, et Perfect Commerce ayant adopté la marque Proactis. Determine, Ivalua et Synertrade ou le spécialiste de la dématérialisation Basware étaient également venus en force. Seul Coupa manquait une fois de plus à l'appel, Qualiac ayant pour sa part rejoint le giron Cegid dans le carré réservé aux ERP, avec toutefois dans sa road map l'ambition de proposer une solution S2P en best of breed. Peut-être dès 2019. Les petits nouveaux, pour certains plus vraiment tout jeune, comme Axiscope, Per Angusta, Okaveo etc ; ou les spécialistes du mid-market, comme Oxalys, qui regarde désormais aussi vers les grands comptes ; ou encore du spend management (Sievo), côtoyait un nombre croissant de startups comme Silex , ou des acteurs de niche comme iBat, la solution e-achats dédiée aux chantiers BTP, et Opteamis, spécialisé dans la sélection de prestataires.

 

La fonction achats sera digitale ou pas

Ce foisonnement grandissant de l'offre globale ou de niche s'apparente à une génération cloud et digitale. Signe des temps et pilier de la transformation de la fonction achats, la digitalisation était justement au cœur de la table ronde inaugurale des éditeurs e-achats. Mais plus que la digitalisation des processus achats à l'œuvre depuis une décennie, l'enjeu est désormais de définir les contours d'une fonction achats digitalisée. Une question qui ne taraude plus uniquement les grands comptes. Tous les éditeurs présents lors de la table ronde – des plus petits comme Per Angusta ou Oxalys, aux acteurs historiques comme Determine ou encore Basware – ont souligné l'émergence d'une forte demande des ETI, voire des PME, dans tous les secteurs d'activités, et du privé au public.

Si les débats entre les tenants de la full suite et du best of breed sont restés feutrés, l'accent a été mis sur les efforts déployés par les éditeurs pour démocratiser leurs solutions. « La nécessité pour les éditeurs est de s'adapter aux besoins des entreprises de toutes tailles, avec l'obligation de développer des offres plus standards pour répondre à la demande des ETI et PME » a expliqué Nicolas Gudin, Directeur de Basware France. « Les solutions source to pay full suite permettent de couvrir avec un seul prestataire tous les processus achats, sans avoir à déployer plusieurs solutions, ce qui est bénéfique pour les entreprises, y compris les plus petites » a tout de même souligné Julien Nadaud, chief product officer, Determine.

 

Le prérequis de la maturité des process en question

Le prérequis sur la maturité des process et des organisations a en revanche fait apparaître des différences d'approches entre éditeurs ou plus vraisemblablement selon la taille et le type de projets. « Déployer des solutions globales sur tout un segment du SI Achats pour des grands comptes ne peut s'entendre sans une maturité des process, des organisations et sans une donnée de qualité, ce qui représente aujourd'hui un vrai challenge face à des clients disposant parfois de dizaines d'ERP. Disposer d'un référentiel commun est primordial » estime Anne Tessier-Chenebeau, Sales Director, Synertrade. Pour sa part, Laurent Guillot, Directeur général des opérations chez Oxalys Technologies indique pouvoir répondre aux demandes de clients en manque de maturité : « Avec nos solutions prépackagées et préparamétrées, s'appuyant sur des bonnes pratiques, nous pouvons dans un premier temps déployer notre application pour des organisations pratiquement sans projet, et en se concentrant sur les process d'approvisionnement avec un contrôle des factures, ».

Pour assurer la réussite d'un projet de digitalisation, le dialogue entre l'éditeur et son client reste incontournable, avec une nécessaire bonne dose de confiance. « Les éditeurs ont la responsabilité d'apporter des bonnes pratiques. Mais, les donneurs d'ordres ont aussi la responsabilité de nous faire confiance, ainsi qu'aux consultants et intégrateurs, pour les aider à déterminer ce qui fait du sens dans leur métier. Dans la digitalisation, il y a une notion de simplification et de ramener du sens à chaque action menée. Il ne faut pas hésiter à remettre en cause les anciens processus » insiste Pierre Laprée, fondateur de Per Angusta, tout en ajoutant « un éditeur doit avoir pour sa part le courage de supprimer des fonctionnalités dans sa solution qui encombre le processus. Mais pour cela, il faut un dialogue avec le client ».

 

Une digitalisation transversale de l'entreprise

La digitalisation de la fonction achats pour être créatrice de valeur doit permettre plus généralement de connecter les achats aux autres métiers de l'entreprise. « Les achats ne sont plus appelés à travailler dans leur bulle. Beaucoup d'entreprises se rendent compte des bénéfices tirés du rapprochement de la commande et de la facture. Nombre de projets naissent de cette volonté de collaboration entre la finance et les achats » analyse Martial Gerardin, Europe Market Director, Proactis. Cette nécessité de transversalité de la fonction achats concerne également l'IT et le juridique, la compliance constituant également un des moteurs de la digitalisation des achats. « La compliance et la relation fournisseurs figurent en tête des nouvelles fonctionnalités sollicitées par le marché, avec le durcissement des régulations. Notre rôle est d'aider nos clients à transformer ces contraintes en opportunités et à mieux gérer leurs relations fournisseurs et leurs risques, non pas tant dans la réaction que dans l'anticipation » avance pour sa part Anne Tessier-Chenebeau.

Seul directeur des achats présent lors de la table ronde, Stéphane Faustin Leybach, directeur des achats et de la supply chain du groupe Naos, a pour sa part insisté sur son besoin de disposer d'une solution redonnant le pouvoir aux acheteurs et une ergonomie à la Amazon pour assurer un taux d'adoption optimale. « Naos enregistre une croissance du chiffre d’affaires de 15 à 20 % par an, avec des achats en hausse dans les mêmes proportions, pour seulement huit acheteurs. Il était urgent de mettre en place un outil commun et qui séduise nos utilisateurs. Avec Oxalys, au-delà de la mise en œuvre de bonnes pratiques, nos acheteurs ont mis en œuvre une démarche SRM aux achats, avec une centralisation de l'ensemble des données achats au sein de l'entreprise ».

 

Une digitalisation étape par étape

En matière de stratégie de digitalisation, procéder par étapes apparaît en outre comme indissociable de la réussite d'un projet. « Il faut surtout faire preuve de beaucoup de pragmatisme. Dans le cadre d'une digitalisation, on va souvent commencer par des tâches à faible valeur ajoutée et mettre par exemple sous contrôle des processus comme la demande et la commande. Les gains de productivité générés peuvent ensuite être réalloués. Au CHU de Montpellier, qui est un gros acheteur, avec un budget d'environ 500 millions d'euros annuels, 80 % des économies du projet purchase to pay ont été réalisées sur l'administratif pour ensuite être réaffectées sur des activités achats coeur de métier » détaille Martial Gerardin.

La digitalisation reste de fait un projet de long terme. « Trois pierres angulaires prévalent à un projet de digitalisation des achats. Disposer d'une gestion fournisseurs, une bonne gestion des contrats et un bon pilotage des achats. Une fois ce socle mis en place, avec les bons référentiels, l'automatisation des processus sur le transactionnel, les appels d'offres et le cycle de vie du contrat peuvent être déployés, ce qui est très long. Après il est possible de rajouter la gestion des savings avec par exemple Per Angusta, ou la gestion automatique des factures avec l'IA chez Dhatim… » détaille Julien Nadaud, tout en insistant sur l'importance d'une plateforme ouverte.

 

La fluidité de la donnée source de richesse

Si un projet de digitalisation peut être chronophage et doit être réfléchi, les bénéfices en terme d'agilité et d'efficacité des processus sont palpables sur le long terme. Mais cela impose également de maîtriser la data. « L'enjeu de la digitalisation est de dépasser le stade de l'aide à la décision. Le sujet qui nous anime maintenant est comment on va un cran plus vite, un cran plus loin. Cela fait appel à des technologies comme l'IA, le RPA ou le chatbot afin de se positionner sur le prédictif et de replacer l'acheteur au coeur des processus » souligne Anne Tessier-Chenebeau.

La digitalisation ouvre également de nouveaux horizons en matière de financement de la supply chain. « Quand toutes les chaînes de traitement des achats vont être automatisées, une facture sera bonne à payer et validée en 24 heures. Cela signifie qu'il y a 44 jours à financer, ce qui constituera une révolution dans toutes les négociations » pronostique Martial Gerardin.

La transformation digitale ouvre ainsi la voie à de nouvelles révolutions dans les achats, avec non seulement le financement de la supply chain mais également un autre regard sur la collaboration en interne, avec les métiers et prescripteurs, et avec le monde externe, des prestataires aux fournisseurs. La multiplication des cas d'usage et des mises en production de l'IA, la RPA ou de la blockchain… devraient amplifier la portée de la digitalisation des processus achats. De quoi prétendre pourquoi pas dès 2019 au statut de best-sellers des technologies e-achats !

Publié le 01/10/2018 - Par la rédaction

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