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Publié le 16/02/2018 - Par la rédaction

Risques : les grands patrons à l'aise dans l'incertitude

Les 26es rencontres nationales de l’Association pour le management des risques et des assurances de l'entreprise (Amrae) se sont déroulées du 7 au 9 février dans un curieux mélange de confiance envers la conjoncture économique et d’alerte quant à la variété des risques qui pèsent sur les entreprises.

En ce qui concerne les bonnes nouvelles, c’est le patron de l’assureur Generali, Philippe Donnet, qui s’est chargé de les ramener du sommet de Davos, à commencer par le retour de la croissance en Asie, mais aussi en Europe, où le leadership du président français laisse à ses yeux augurer d’une dynamique positive. Mais sa spécialité n’est pas de couvrir ses clients contre les bonnes nouvelles et il est plus disert quand il s’agit de dresser la liste des risques qui pèseront sur les entreprises en 2018.

 

Des risques entraînant d’autres risques

Les premiers sont les risques géopolitiques, avec en particulier les deux préoccupations majeures que sont l’Iran et la Corée du Nord. Viennent ensuite les risques climatiques : réchauffement climatique, ouragans, sécheresse, inondations et enfin les risques démographiques, en particulier le vieillissement de la population dans les pays développés. « Des risques qui, combinés, en entraînent d’autres, telle la pression migratoire qui attise les mouvements populistes dans les démocraties qui sont susceptibles d’être déstabilisés par ces derniers », analyse Philippe Donnet, qui cite le Brexit comme une traduction directe de ce phénomène de boule de neige et regarde avec inquiétude vers les élections générales italiennes du mois de mars.

Alors que dans la semaine où se déroulaient ces Rencontres Amrae, les principaux indices boursiers avaient connu des chutes importantes, Philippe Donnet se déclarait raisonnablement serein concernant les risques de marchés : « je ne pense pas que cela ait un niveau de gravité majeur », confiait-il. Mais il n’en a pas moins rappelé la fragilité de la situation dans de nombreux Etats, « loin d’être dans une situation de plein-emploi et dont la dette est loin de pouvoir supporter une hausse des taux d’intérêt », estime-t-il. Et de conclure : « cette croissance ne sera durable que si elle est solidaire et inclusive ».

 

Les Etats-Unis optent pour un déficit accru

L’économiste Philippe Dessertine (membre du Haut Conseil des Finances Publiques) s’est associé à ses préoccupations concernant la fin du Quantitative Easing. « Les États Unis ont pris un certain nombre de décisions qui vont accélérer cette phase de transition », a-t-il ainsi annoncé, s’appuyant sur les témoignages de la volonté du président américain de recourir au déficit : réforme fiscale en cours, crédits supplémentaires accordés à l’armée. « Nous allons peut-être réussir à sortir de cette période d’intervention des banques centrales. Mais nous ne savons pas comment cela va se passer, nous n’avons jamais connu ce niveau d’intervention », prévient Philippe Dessertine.

Pourtant, pour le professeur de finances et gestion de l’IAE Paris, l’essentiel n’est pas là. Il ne peut se percevoir qu’en observant ce que la conjoncture a de particulier avec un siècle ou deux de recul. « En 2018, nous sommes au tout début de la troisième grande révolution industrielle » a-t-il affirmé, rappelant les promesses de l’intelligence artificielle, du Big Data ou encore de l’internet des objets. « Il n’y a jamais eu une aussi bonne époque pour penser risque », a expliqué Philippe Dessertine, rappelant que pour tirer tout le bénéfice de cette révolution, les entreprises en particulier vont devoir changer : « l’échec est intrinsèque au risque, il va falloir repenser cela. »

« Il n’y a jamais eu de meilleur moment pour être dans l’assurance, mais il n’y jamais non plus eu de moment plus difficile pour être dans cette industrie », a confirmé Tod Jones, responsable Corporate Risk and broking, de la compagnie d’assurance Willis Towers Watson résumant la situation ainsi : « L’incertitude est la nouvelle norme » Pour lui, c’est bien dans le capital humain des entreprises que se fera la différence. « Les risques viennent la plupart du temps d’erreurs humaines. Les meilleures organisations sont donc celles qui ont les meilleures ressources humaines », analyse-t-il.

Publié le 16/02/2018 - Par la rédaction

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