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Publié le 02/07/2018 - Par la rédaction

Région IDF : Acheteurs et fournisseurs ensemble sur l'innovation

Lors du forum Innov'achats organisé par le Conseil régional d'Ile de France, les acheteurs publics ont réaffirmé la nécessité d'aller vers les entreprises, mais en rappelant que l'inverse est aussi nécessaire.

Le 26 juin dernier, la Région Ile-de-France organisait Innov'achats, une conférence sur l'innovation dans l'achat public, suivie de rencontres acheteur fournisseur. Ouvrant la journée, Stéphane Salini, vice-président finances du Conseil régional a repris la maxime de Steve Jobs : « l'innovation, c'est ce qui distingue un leader d'un suiveur ». Et il a jouté : « la région veut être un leader ».

Mais pour qu'une institution publique puisse s'emparer de ce sujet, elle doit faire évoluer sa vision des achats. « Pour le donneur d'ordres public, l'innovation est un changement de paradigme culturel », a affirmé Maïka Aubry-Ngatsing qui a quitté la direction de la commande publique des Hauts de Seine le 18 juin dernier pour intégrer l'équipe achat du ministère des armées.

Marc Sauvage, directeur général adjoint en charge des achats à la région Ile de France a abondé : « il nous faut changer de logiciel car nous avons plutôt tendance à standardiser. Mais l'innovation reste un moyen au service des franciliens et des entreprises du territoire, ce n'est pas une finalité. » Le directeur francilien a ainsi rappelé l'engagement de Valérie Pécresse de 100 millions d'euros d'économie par an (voir La Lettre des Achats n°272).

 

Des segments d’achats laissés de côté

Au CEA, l'innovation est déjà fortement intégrée dans la culture de l'institution. « Nous réalisons 11 % d'achats d'innovation, a rappelé Nathalie Blouet, consultante en qualité, sécurité, environnement, achats responsables au CEA. L'innovation est notre cœur de métier. » Toutefois, certains segments ne bénéficient pas de cette culture de l'innovation comme les moyens généraux, le bâtiment, la maintenance, ou le nettoyage. « C'est là où nous allons focaliser notre plan d'action », a assuré Nathalie Blouet.

Les intervenants se sont tous entendus pour affirmer que la première étape pour pouvoir réaliser des achats d'innovation est de structurer sa fonction achat. « Il faut d'abord sortir de la culture juridique, a assuré Maïka Aubry-Ngatsing. Aujourd'hui, tout en conservant la dimension juridique, nous sommes dans une nécessité d'évolution. Maintenant que les achats du Département se professionnalisent, ils peuvent aller plus loin et interroger les entreprises sur leurs innovations. »

Chez les voisins de Seine et Marne, le Département est en pleine structuration de sa fonction achats. « Nous allons recruter huit acheteurs, a annoncé Benoit Rochas, directeur général adjoint du Conseil départemental. L'innovation sera un axe de recrutement. »

 

Former les acheteurs et sensibiliser les fournisseurs

Pour capter l'innovation, même sur des achats peu porteurs d'innovation en eux-mêmes, le CEA mise sur la formation et l'information de ses équipes déjà en place. « Avec les achats récurrents, il est plus facile de reprendre l'ancien cahier des charges que de chercher à innover », a souligné Nathalie Blouet. Outre la diffusion d'information, le CEA cherche également à former ses acheteurs « au même titre que les achats responsables, les deux sujets sont liés. Ils connaissent la même évolution », a analysé Nathalie Blouet.

A l'image d'Innov'achats, les acheteurs publics organisent des événements, tels les Hackathons, les rencontres fournisseurs, ou des journées thématiques pour connaître le champ des possibles avant de rédiger le cahier des charges. Toutefois les intervenants ont regretté que le mouvement soit à sens unique. « A côté des rencontres, il faut que les entreprises n'aient pas peur de venir à nous, a résumé Maïka Aubry-Ngatsing. Le dialogue doit être permanent. » Benoit Rochas a abondé : « pendant longtemps nous ne sommes pas allés vers les entreprises, mais l'inverse est vrai. »

Le Resah, qui achète pour 1 milliard d'euros par an, cherche à aller plus loin avec, notamment, des projets ad hoc soutenus par la Commission européenne. La centrale d’achats hospitaliers s'est également rapprochée d'autres acheteurs de santé publique européens pour échanger sur les bonnes pratiques et ouvrir son sourcing à divers pays. Mais plus que le sourcing, « la vraie difficulté est l'évaluation de l'innovation, a rappelé Charles-Edouart Escurat, directeur général adjoint du Resah. Nous avons de la chance d'avoir un réseau pour la mutualiser. »

L'innovation semble donc emblématique de la transformation des achats publics : outre l'ouverture sur l'extérieur, elle nécessite professionnalisation et mutualisation.


Lire la suite de cet article dans la LDA n°274

Publié le 02/07/2018 - Par la rédaction

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