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Publié le 26/04/2018 - Par la rédaction

Pacte PME : Les grands comptes s’efforcent d’être plus accessibles aux PME

L’association Pacte PME a rendu public le 23 avril les résultats de la cinquième édition de son observatoire qui mesure la qualité des relations entre les grands comptes adhérents de l’association et les PME françaises.

31 grands comptes (groupes privés, entreprises publiques et collectivités publiques) ont participé à l’édition 2018 de l’Observatoire Pacte PME, dont Sanofi, Air France, Toulouse Métropole ou encore EDF. Pacte PME a interrogé les 38 000 fournisseurs PME et ETI de ces adhérents. « En 2017, la part des achats des grands comptes dans les PME a atteint 26 %, contre 24 % lors du précédent exercice réalisé il y a deux ans », s’est félicité Agnès Bricard, vice-présidente de Pacte PME. Autre élément de réjouissance : la qualité de la relation fournisseur a progressé de 9 points, pour atteindre 76 %.

Du côté des délais de paiement, les grands comptes paient en moyenne à 42,7 jours. Le taux de satisfaction des fournisseurs quant à ces délais est resté stable, à 80 %. 89 % des PME interrogées se sont également dites satisfaites du respect des engagements contractuels mais également du niveau d’exigence exprimé par le grand compte en matière de RSE. Sur le volet d’aide au développement, le respect de la propriété intellectuelle (85 % de satisfaction) et l’engagement du grand compte dans la durée (71 % de satisfaction) font partie des points forts.

Certaines questions restent cependant à améliorer. Par exemple, 59 % des PME interrogées ont pointé un manque de visibilité sur la stratégie achat du grand compte. De même, la mise en relation avec d’autres clients et les structures d’accompagnement à l’international (interne ou externe au grand compte) ne remportent respectivement que 28 % et 24 % de taux de satisfaction. Sur ce dernier point, Pacte PME prévoit justement de lancer fin mai une nouvelle plateforme digitale de co-exportation. « Celle-ci va permettre d’aider à développer à l’export les grands comptes partenaires de l’association et les PME », souligne Philippe Luscan, président de Pacte PME.

 

Adapter les process achats aux PME

Après la lecture des résultats, six grands comptes partenaires de l’association ont pris la parole pour exposer quelques initiatives prises en faveur des PME. La direction des achats de la Société Générale (6,5 milliards d’euros d’achats en 2017) a par exemple récemment mis en place un programme dédié. « Nous avons d’abord identifié les catégories d’achats les plus adaptées aux PME. Après avoir sensibilisé les acheteurs, nous avons ensuite créé un mode opératoire dédié à ces PME pour chacune de ces catégories, comme des aménagements contractuels, une incitation à travailler en groupement momentané d’entreprise, ou encore la mise en place d’un dispositif pour le traitement de la dépendance économique », raconte Françoise Guillaume, la directrice des achats.

De son côté, la direction des achats d’Air Liquide a formé l’an dernier des acheteurs en France sur l’innovation, la propriété intellectuelle et la gestion des relations avec les PME innovantes. « Nous avons également constitué un portefeuille de 70 PME que nous considérons comme stables. Ce portfolio a été partagé avec l’ensemble des filiales en France d’Air Liquide pour promouvoir cet écosystème en interne », ajoute Jean-Louis Coudrillier, directeur de l’immobilier et directeur des achats du groupe jusqu’en septembre 2017. 50 de ces PME ont également été ajoutées à la base Premium de Pacte PME, qui vise à partager des fournisseurs clés entre les grands comptes adhérents.

 

des partenariats longue durée

Pour sa part, Harold Van Den Bossche, responsable de la politique industrielle et du management de la supply chain de MBDA, explique : « depuis environ cinq ans, nous visons à créer une supply chain s’appuyant de plus en plus sur les start-ups, les PME et les ETI afin de gagner en agilité, en innovation et en compétitivité ». Pour cela, le constructeur de missiles a mis en place le programme E-cube (Explore, Engage, Endure) qui vise à identifier et cibler des PME innovantes, formaliser et créer des conditions de partenariats de co-développement et de partage de propriété intellectuelle avec ces PME et pérenniser leur activité. « La durée de vie de nos produits est assez longue. Nous devons donc nous assurer que les PME peuvent fournir des technologies sur le long terme », précise Harold Van Den Bossche.

Safran est également confronté à la même problématique. « Nous avons besoin de nos fournisseurs dès la phase de conception d’un moteur d’avion mais également durant sa livraison et pour l’entretien. Nous sommes, pour chaque étape, sur des cycles de plusieurs années », précise François Sireyjol, directeur des relations fournisseurs de Safran. Le groupe mène donc régulièrement des actions visant à améliorer la qualité de ses relations avec ses fournisseurs et notamment les PME. Fin 2016, il a par exemple organisé des réunions avec des dirigeants de PME partenaires sur les délais de paiement. Inspiré par leurs remarques, Safran a travaillé sur l’amélioration de la plateforme d’échange des factures du groupe.

 

Favoriser l’accessibilité aux marchés publics

La notion de partenariat longue durée avec les PME est un peu plus difficile à appréhender pour les acteurs publics, qui sont tenus de mettre en concurrence leurs fournisseurs à chaque fin de marché. « Mais nous arrivons tout de même à mettre en place des partenariats avec des PME pendant la durée de nos contrats », souligne Laurent Cacheux, directeur délégué aux méthodes d’achats et aux relations institutionnelles d’EDF. La direction des achats d’EDF (10 milliards d’euros en France hors combustibles) accompagne par exemple certaines PME à l’export, notamment sur des chantiers en Chine. La direction des achats propose également l’affacturage inversé à ses fournisseurs PME. Elle offre aussi la possibilité, pour les PME, de former des groupements momentanés d’entreprises pour répondre à ses appels d’offres. De son côté, le CEA (2,6 milliards d’euros d’achats) utilise depuis juillet 2017 Place, la plateforme des achats de l’Etat. « Cela permet à l’ensemble des opérateurs publics de publier leurs marchés sur une plateforme unique, et d’être plus accessibles pour les PME », explique Franck Léna, directeur des achats et des partenariats stratégiques du CEA.

Publié le 26/04/2018 - Par la rédaction

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