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Publié le 03/12/2012 - Par la rédaction

Osez nos compétences : une deuxième édition pour adapter les achats au secteur adapté

La deuxième édition du Salon du secteur protégé et adapté de Paris Ile-de-France s’est déroulée au Centquatre (Paris XIXe). Elle a accueilli une nouvelle fois près de 2 000 visiteurs. Parmi eux, des acheteurs de grandes entreprises. Une table ronde a permis de montrer que sur ce sujet, aussi, les achats pouvaient jouer un rôle moteur.

Elle n’est pas venue ! Marie-Arlette Carlotti, ministre déléguée, en charge des personnes handicapées et de la lutte contre l’exclusion a fait faux bond à l’organisateur, le Gesat (réseau national du travail protégé et adapté). Elle a délégué sa participation à... son directeur de cabinet. Dommage, à un moment où d’autres ministres mettent l’accent sur des critères d’achats publics plus favorables aux PME, et encore plus orientés responsabilité sociale. Mais il n’y avait pas que des entités publiques venues rencontrer plus de 60 exposants réparties en 12 pôles métiers : prestations en entreprise, prestations industrielles, entretien et propreté, production artisanale et épicerie fine, espaces verts, bureautique et informatique, imprimerie et routage, communication, recyclage, logistique, art et culture, restauration et traiteur.

Un débat a ainsi réuni Karine Ondet, responsable méthodes achats du groupe La Poste, et Germain Rivaux, responsable du pôle achat logistique de la Société générale. Sur le plateau figurait aussi Sabine Dubois, directrice commerciale Elise, une entreprise spécialisée dans le recyclage papier et autres éléments de conditionnement créée en 1997 et déployée depuis sur 9 sites. Côté fournisseur, l’intervenante reflète le dynamisme d’un secteur sous l’effet d’une double impulsion : environnementale et sociale. Les entreprises ont des besoins, des projets et les réponses de l’entreprise adaptée ne sont pas exemptes d’innovation (nouvelle offre de collecte de gobelets, gestion des tournées optimisées, etc.). Les donneurs d’ordres doivent, certes, satisfaire aux dispositifs de la loi sur le handicap (obligations faites aux entreprises, administrations et collectivités de plus de 20 personnes d’employer 6 % de personnes en situation de handicap ou à recourir à des entreprises du secteur adapté jusqu’à 50 % de leurs obligations) comme à d’autres critères RSE, mais ils ne se dispensent pas pour autant d’objectifs de qualité et de coûts…

Tant du côté de La Poste que de la Société générale, le message a été clairement délivré. A la Poste, il y a des familles d’achat à forts enjeux comme le bâtiment, le transport et la logistique, l’informatique et les télécoms ou encore les frais généraux. Les achats ne s’adressent pas uniquement aux grands groupes. Ils visent aussi les plus petites entreprises. Une part de cette sous-traitance va aussi au secteur adapté. Les achats à ce secteur représenterait près de 8 millions d’euros par an. L’entreprise y est très sensibilisée. Les acheteurs particulièrement, d’autant que les utilisateurs, voire les commerciaux (au contact d’entreprises comme de collectivités), remontent de plus en plus de demandes sur ce plan. Des guides existent, des réunions sont organisées, mieux, il s’agit aussi de détecter de nouvelles offres possibles sur des secteurs, jusque-là, peu adressés. Ainsi, le sourcing achats s’est-il déplacé sur la gestion documentaire, la réparation vélo, les centres d’appels pour sondage, le recouvrement créance, le nettoyage véhicule, nettoyage de graffitis sur les immeubles, le tri des colis. Il n’existe plus de… domaines protégés. Comme le souligne Karine Ondet : « c’est une volonté stratégique, rien ne bloque, il faut simplement que ça se fasse ! »

A la Société générale, les achats se considèrent comme un vecteur essentiel de sensibilisation.  Au cours des cinq dernières années, la progression a été très forte. L’équipe (effectif total : 200 personnes dont 110 en France) possède une ressource dédiée sur le sujet. Les acheteurs travaillent très en amont auprès des utilisateurs. En matière de RSE, l’entreprise a deux critères : le recours aux PME et le secteur adapté. Un marché décrit comme « très ouvert et très souple ». L’entreprise vise une approche multiple : elle peut travailler en direct ou en liaison avec des filiales dédiées de grands fournisseurs qui jouent alors le rôle de fournisseur rang 1 chargé de piloter de plus petites entreprises. Elle parle alors de cotraitance. Dans tous les cas, les typologies de contrats sont très variées. Les panels sont de plus en plus larges, les segments d’achats de plus en plus variés. La Société générale cite un marché (tri de courrier) non reconduit en 2011 auprès de La Poste ( !) et confié depuis à une entreprise du secteur ou encore cette société de service informatique qui vient d’être référencée à l’égale de ses consœurs, et c’est la première du genre (contrat de référence sans engagement de commande).

Dans le public, les remarques abondent aussi sur les difficultés qu’il y a pour une petite entreprise quelle qu’elle soit d’accéder aux appels d’offres des grands groupes, le temps que cela prend, donc les coûts que cela suppose, sur les  effets de standardisation et de globalisation de ces derniers qui poussent les acteurs du secteur adapté à se regrouper en réseau,  sur la réputation faite au secteur adapté d’être plus cher… Aucun de ces arguments n’a été contesté par les deux grands donneurs d’ordres. Oui, le critère prix existe et pèse dans les appels d’offres (jusqu’à 40 %) mais, par expérience, non, on le comprend bien, les entreprises du secteur adapté, ne sont… handicapés ni en termes de compétitivité ni en termes d’innovation. Elles peuvent être aussi des concurrentes de qualité. C’est ce que veulent et constatent les acheteurs qui revendiquent leur rôle pédagogique. Sur le salon, les exposants leur faisaient échos. Tous ceux que nous avons interrogés témoignaient que, de plus en plus, les acheteurs étaient leurs interlocuteurs privilégiés et plus seulement les missions handicap. Une preuve supplémentaire de la maturité des uns et des autres. Prochain rendez-vous pour le Gesat : les 2e trophées en juin 2013 à l’occasion de ses trente ans. L’appel à candidature des donneurs d’ordres-fournisseurs est lancé. Partenaire de l’opération, La Lettre des Achats fait aussi partie du jury !

Publié le 03/12/2012 - Par la rédaction

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