Publicité

Publié le 08/11/2016 - Par la rédaction

Les Rencontres de Plaine Commune Promotion : 22e édition pour promouvoir les fournisseurs locaux

Les Rencontres de Plaine Commune Promotion (association regroupant des entreprises et des collectivités territoriales) et de la MIEL (association d’appui aux TPE) mettent en contact chaque année grands donneurs d’ordres et petits fournisseurs de ce territoire de Seine-Saint-Denis. Objectif : promouvoir sinon favoriser l’offre locale…

Organisée au Stade de France, sur le territoire de Plaine Commune (associations qui regroupe neuf communes au Nord de Paris*), cette nouvelle édition a tenu toutes ses promesses. Cette année encore, les candidats se pressent autour des tables. Une douzaine de grandes entreprises a répondu à l’invitation lancée par les deux associations, Plaine Commune Promotion et la MIEL. Un, parfois deux acheteurs acceptent de rencontrer des fournisseurs potentiels. Près de deux cents rendez-vous ont été ainsi organisée. Pas forcément tous avec des acheteurs. L’évènement doit aussi servir à tisser des liens d’une entreprise à l’autre. Il y a des opportunités d’affaires à tous les échelons.

Et puis, les 540 inscrits à cette journée ont été sans doute attiré par la conférence organisée en point d’orgue de la matinée avec son accroche prometteuse « Grands projets, grandes entreprises : quels bénéfices pour le développement des TPE/PME et de l’emploi du territoire ? » et ses têtes d’affiche : Jean-Paul Duport, aujourd’hui Préfet de région honoraire mais qui dans ses anciennes fonctions supervisa l’aménagement du territoire autour du Stade de France, Pierre Pelouzet, Médiateur des entreprises. D’ailleurs, la matinée était aussi l’occasion d’une séance de signature de la Charte Entreprise-territoire pour une dizaine d’entre elles.

Du côté territoire, l’actualité s’accélère. Il y a certes tous les chantiers liés au Grand Paris. Soit au bas mot 12 milliards d’euros d’investissements prévus (infrastructures essentiellement) pour les dix prochaines années au moins… « En réalité, nous en avons au moins pour vingt ans, assène tranquillement Francis Dubrac, le Président de Plaine Commune Promotion, après avoir passé en revue les premières vingt années qui ont débuté avec l’aménagement du grand stade. D’autant qu’en septembre prochain, sait-on jamais, Paris pourrait être choisie pour l’organisation des Jeux Olympiques de 2024. Le budget évoqué plus haut devrait croître à la proportion de cet événement…

Du côté des élus, le débat se résume à cette question : quelles retombées pour les entreprises locales et du même coup pour l’emploi ? David Proult, Président de la MIEL (qui accompagne chaque année près de 500 entreprises) n’y va pas par quatre chemins. Pour lui, les relations avec les grandes entreprises de Plaine Commune sont insuffisantes. Entre les plans de rationalisation des achats et autres réductions de coûts, les TPE voire les PME restent trop souvent oubliées par les acheteurs. Comment valoriser le « dynamisme entrepreneurial » qui s’exprime dans ces cités ? Comment responsabiliser les grands acteurs du territoire ? Faudra-t-il un jour définir une clause de préférence… locale ? L’idée fait écho immédiatement avec la position, quelques jours plus tôt, de Christian Estrosi qui veut lui aussi pour sa région Provence-Alpes-Côte d'Azur (Paca) favoriser ses 440 000 entreprises dans la commande publique ( voir Les Echos du 3 novembre 2016). La même question pourra sans doute être posée à son homologue pour la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, qui doit installer le futur siège de la région à Saint-Ouen  fin 2018.

En attendant, Francis Dubrac (Plaine Commune Promotion) qui se souvient des luttes passées à la fois avec les équipes ministérielles et les grandes entreprises du BTP pour favoriser l’emploi local, note à son tour « un écart entre l’emploi et les retombées locales des marchés passés auprès des entreprises ». Il faut « réveiller la mobilisation ». Expression on ne peut plus claire ici… Plus précisément, pour répondre aux besoins des chantiers annoncés, la région a besoin de fournisseurs et manque tout autant d’outils pour évaluer son potentiel. Un « embryon de cellule économique » vient quand même d’être constitué. Sa mission : analyser plus finement la structure économique de la Plaine Saint-Denis et élargir le plus possible le périmètre de l’offre actuelle. Un état des lieux dont on attend qu’il suggère des pistes sérieuses aux acheteurs opérant sur le domaine.

Du côté du Médiateur des entreprises qui reçoit brut de décoffrage ce cahier de doléances, les éléments de réponse n’ont pas tardé : préférence locale ? Impossible dans le cadre actuel des marchés publics et peu d’espoir d’ailleurs qu’ils évoluent dans ce sens. On ne peut ni déroger aux règles en vigueur ni envisager une quelconque évolution réglementaire. Pour autant, la bataille n’est pas perdue ! Que les pouvoirs locaux, les entreprises elles-mêmes, se mettent à raisonner en coûts complets. Pour mieux mesurer, par exemple, les coûts induits par une fourniture lointaine de biens ou de services comme les coûts logistiques, les coûts administratifs (traduction, règlements, etc.) qui entrent dans tout calcul économique. Pierre Pelouzet n’en démord pas : il faut que les politiques s’emparent de la démarche et incitent leurs administrés à mieux construire leurs demandes ou, c’est selon, leurs réponses. Il faut aussi établir de solides liens de confiance entre les donneurs d’ordres, publics ou privés, vis-à-vis de leurs fournisseurs. Des attentes mieux définies, mieux anticipées, mieux communiquées pour provoquer le minimum de confiance dont les chefs d’entreprises ont besoin. D’autres sujets ont affleuré : l’emploi toujours, qui pour se développer, aura besoin d’efforts soutenus en matière de formation et la question récurrente de la taille idéale des entreprises. Les aider à se créer, c’est bien, à condition de les aider de la même façon à grandir. Un territoire morcelé de petits fournisseurs dépendants serait-il viable ? Le représentant de la puissance publique n’avait dans sa besace que le rappel précieux de quelques règles de bon sens. Mais les achats, quels qu’ils soient, peuvent aussi obéir à ce principe. A suivre…


* Plaine Commune - Grand Paris regroupe Aubervilliers, Epinay-sur-Seine, L'île-Saint-Denis, La Courneuve, Pierrefitte-sur-Seine, Saint-Denis, Saint-Ouen, Stains, Villetaneuse.



Les entreprises qui recevaient :
AEQUS AEROSPACE FABRICATION

 AFNOR

AGENCE DE LA BIOMÉDECINE

CREDIT AGRICOLE ILE DE FRANCE

KREMLIN REXSON

NOVOTEL PARIS SAINT DENIS STADE BASILIQUE

NOVOTEL SUITES PARIS STADE DE FRANCE

SALVIA DEVELOPPEMENT

SIEMENS

SNCF DIRECTION DES ACHATS GROUPE














Publié le 08/11/2016 - Par la rédaction

Soyez les premiers à régir à cet article

Réagir à cet article

Les réactions sont réservés à nos lecteurs ayant un compte.
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur et tout visiteur pourra signaler un contenu de nature à présenter un caractère illicite à l’adresse suivante : contact@lettredesachats.fr

Le dernier numéro

Dernier numéro

N°277 - Décembre 2018

Les indicateurs

Les indicateurs Commoprices

Le catalogue

Le catalogue Silex

Nos partenaires

Retrouvez la revue en format tablette

Apple store Google Play