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Publié le 03/10/2018 - Par la rédaction

Han10Formelles : La co-traitance passage obligé pour le STPA

Pour les 10 ans d’Handeco et Pas@Pas, grands donneurs d’ordres, acteurs de l’insertion, entreprises et établissements du STPA se sont réunis au siège du groupe La Poste, le 28 septembre pour un événement mêlant débats et remise de trophées pour les Esat et EA les plus innovantes.

Dans la catégorie innovation digitale, l’entreprise adaptée Cèdre Argenteuil, spécialisé dans la collecte, le tri et la revalorisation des déchets a développé deux applications mobiles ; l’une pour ses chauffeurs collecteurs et l’autre pour ses clients, afin de leur permettre de suivre leurs déchets et de disposer d’une base documentaire, en particulier pour leurs documents réglementaires. En compensation des tâches de reporting supplémentaires que l’usage de cet outil imposera à ses chauffeurs de l’entreprise a, mis en place en parallèle un programme d’intéressement.

L’Esat APF Jean Muriel reçoit le trophée de l’innovation technologique pour le développement d’équipements biodégradables destinés aux volailles de chasse, commandés par des Fédérations des chasseurs dans une quinzaine de départements.

Le troisième et dernier trophée, celui de l’innovation sociale, revient à la toute jeune agence de communication BBird. Créé en avril 2017, cette société de quatre salariés a conçu une application de réalité virtuelle utilisée lors de stages en entreprises pour sensibiliser les collaborateurs à différents handicaps. Plusieurs scénari sont proposés autour de la dyslexie, de l’autisme, de la cécité, ou encore des maladies chroniques telles que le diabète

 

Des acheteurs sans préjugés

Changer le regard des collaborateurs en entreprises reste encore un des défis les plus importants pour faire progresser les achats au STPA. Une nécessité rappelée par la responsable des achats et des services généraux de Science Po, Delphine Sergent, lors d’une table ronde qui a mis en avant le rôle clef de la co-traitance pour inclure plus d’EA et d’Esat dans les marchés des grands comptes. « Il faut porter un regard vers ce secteur, ce n’est pas évident. Nous avons décidé de le faire systématiquement, au lancement de chaque chantier de consultation. En tant que directions achats nous devons nous positionner comme des facilitateurs, des coordinateurs, à la fois entre l’entreprise ordinaire et le secteur adapté, mais aussi en interne pour mobiliser nos prescripteurs et les collaborateurs qui parfois ont des doutes sur la qualité qui sera fournie », concède la responsable des achats de cette ETI qu’est Science Po, avec ses quelque 1 000 salariés et 3 000 enseignants. Parmi les succès des Achats en la matière, l’organisation des cérémonies de remise des diplômes, organisées par l’agence Inspirience en co-traitance avec des entreprises du STPA, mais aussi un service de support informatique.

« Les acheteurs n’ont pas d’a priori par rapport aux compétences des entreprises du secteur adapté et à la qualité de leur service, ce qui les préoccupe, c’est de répondre à un besoin. Ils doivent pouvoir s’assurer que l’entreprise choisie est en capacités de répondre à ce besoin. Un groupement est en mesure de le rassurer sur ce point », poursuit le directeur des achats de l’Etat, (DAE), Michel Grevoul qui a mis en place une bourse à la co-traitance sur le portail des marchés publics de l’Etat, PLACE. Pour tous les marchés supérieurs à 25 000 euros publiés sur PLACE, toute entreprise peut s’inscrire à cette bourse et cibler un marché particulier en signalant à d’autres entreprises candidates au marché qu’elle est désireuse de s’associer à leur offre dans le cadre d’un GME (groupement momentané d’entreprises). Depuis fin 2016, le nombre d’entreprises inscrites est passé de 1 500 à 3 000 et le nombre de marchés attribués à des GME est passé dans le même temps de 560 à plus de 1 200.

 

Un écosystème vertueux… voire durable

Pour le patron de la DAE, le recours à la co-traitance s’impose également pour une raison de moyens humains. « Beaucoup de PME regrettaient de ne pas avoir accès à un certain nombre de marchés de l’Etat dont les volumes étaient trop importants. Or nous ne pouvons pas aller jusqu’à un niveau d’allotissement trop fin parce que cela nous pose ensuite un problème de ressources. Nous n’aurions pas assez d’acheteurs pour analyser autant d’offres. »

Le parallèle entre inclusion des acteurs du STPA et PME est en effet évident, ce que n’a pas manqué de relever l’ancienne secrétaire d’Etat et actuelle présidente de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie Marie-Anne Montchamps : « la cotraitance est un système vertueux parce qu’il suggère que se crée un écosystème entre des donneurs d’ordres et des entreprises associées qui tisseraient des liens, le temps d’un marché, mais pourquoi pas durables. C’est extrapolable à la situation des PME et TPE confrontées à des marchés complexes »

Autre acteur représenté autour de la table, le groupe Arès, entreprises d’insertion multimétiers (16 établissements en Île de France) a d’ailleurs développé ce concept d’écosystème durable en créant des co-entreprises, des « joint venture à vocation sociale ». Via l’association SocialCOBizz, qu’Arès a co-fondée avec le groupe d’insertion Vitamine T, le fonds d’investissement social Investir&+ et le collectif d’entrepreneurs Yoobaky Ventures, trois JV ont ainsi été créées, respectivement avec XPO Logistics (Log’in), la Fondation Accenture (Acces Inclusive Tech) et le logisticien urbain Star Service (La Petite Reine). Une autre manière de donner des gages de sérieux aux grands donneurs d’ordres.

Autre association active dans le rapprochement entre secteur solidaire et grands comptes, le club Handicap et compétences présidé par le responsable de la solidarité chez Adecco regroupe 26 entreprises. Deux de ses membres en particulier Elior et Sodexo ont mis en exergue le caractère stratégique de la co-traitance pour générer des unités bénéficiaires dans des marchés comme les leurs dans lesquels interviennent de nombreux sous-traitants. Après une première édition en 2015, l’association a édité un nouveau guide de la co-traitance en janvier 2018, avec le concours de juristes de membres du club pour être sûr que le sujet soit bien cadré, dans toute sa complexité. Un guide disponible sur leur site, http://www.club-handicapetcompetences.fr/nos-travaux/les-guides/234-cotraiter-avec-le-secteur-du-travail-protege-et-adapte-aspects-pratiques.

 

 

Du nouveau chez Handeco

En 2019, Handeco inaugure un nouveau site web, avec une nouvelle nomenclature d’activités. Les activités liées aux télécoms seront par exemple sorties des activités administratives pour devenir une activité à part entière. Le nouveau site d’Handeco présentera également des fiches entreprises et établissement simplifiées où toutes les informations seront visibles en une seule page. Les entreprises adaptées pourront par ailleurs demander une recommandation à des clients, avec description et datation des prestations concernées.

Handeco, qui référence à l’heure actuelle 2 100 établissements, s’apprête également à ouvrir son annuaire au travailleur handicapés indépendants.

Enfin, l’association va lancer entre février et mars un baromètre sur le STPA en partenariat avec Opinionway et Humanis.

Publié le 03/10/2018 - Par la rédaction

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