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La Lettre des Achats - Février 2019 N°279
Février 2019

Éditorial

Grand débat

Par la rédaction

Grand débat

C’est presque en catimini, qu’au tout début de l’année, une étude réalisée par Verminem.net, un site spécialisé dans l’enseignement de la finance(1), révélait que les grandes entreprises du CAC 40 avaient versé 57 milliards d’euros à leurs actionnaires en 2018 (47 milliards en dividendes, 10 milliards en rachat d’actions). Un montant qui s’explique par une année record de bénéfices en 2017 (année de référence pour ces versements) soit 92 milliards d’euros.

 Soit dit en passant la meilleure année depuis dix ans, en attendant la suivante que l’on promet encore meilleure. Effacée la crise de 2008 ! Dans le détail, il apparait que sept entreprises seulement ont contribué à 51% des fonds redistribués : Total, Sanofi, BNP-Paribas, AXA, LVMH, l’Oréal et Schneider. Les autres entreprises sont moins… performantes. « Même au sein du CAC 40, les inégalités sont criantes ! » auraient conclu les auteurs de l’étude. Tout est relatif, bien sûr.
Tout ceci ne sera de nature ni à rassurer ni à calmer les Gilets Jaunes qui ont toujours la question de leur pouvoir d’achat – et donc de leurs rémunérations – comme base à leurs revendications. Quant aux autres entreprises, beaucoup redoutent plutôt de rencontrer des difficultés. La conjoncture internationale s’est nettement tendue (guerre commerciale sino-américaine, Brexit sans accord, élections européennes, etc.). Avec comme corollaire, un risque de défaillance accru en particulier pour les grandes PME comme le note Altares (2). Ainsi, entre 2017 et 2018, les entreprises de plus de 100 salariés affichent des défaillances en hausse de 11.5% (environ 135 entreprises) avec le risque d’inquiéter à leur tour leurs fournisseurs. Le ruissellement tant espéré de la reprise se transformerait en cascade de mauvaises nouvelles… Coface se montre plus nuancé (voir l’Entretien ). Ce spécialiste de l’assurance-crédit reconnait la fin d’un exceptionnel cycle de croissance de la production industrielle (60 mois) mais selon lui, les défaillances d’entreprise en 2019 ne devraient progresser que de 1%. Un autre chiffre intrigue : le digital n’aurait qu’un faible effet sur la croissance. Celle-ci a affiché l’an passé au mieux 2.3% contre 3% dans les années au fait de la 1ère vague internet. Le « choc de productivité » serait moindre. Où sont passées les promesses d’une innovation sur-vitaminée (IA, la 5G, la blockchain) ?
D’où vient aussi ce pessimisme que l’on croit lire dans les conclusions de l’enquête AgileBuyer-CNA ? Une majorité des sondés (54%) se plaint cette année de « relations déséquilibrées et défavorables » avec leurs fournisseurs en raison… de la conjoncture. Jusqu’à redouter à la fois des ruptures d’approvisionnement et des hausses de prix. Y compris dans le digital où les grands, en rachetant de prometteuses startups, veulent remonter la chaine de valeur. L’avantage compétitif a un coût. Les fournisseurs ont-ils de réelles difficultés ou bien choisissent-ils leurs clients ? Pour contourner ces écueils, les Achats savent qu’ils doivent travailler toujours plus en amont en mode coopératif avec leurs partenaires, internes et externes. De quoi aboutir à ce drôle de paradoxe : de l’innovation, oui, mais sans rupture. (1). Les Echos du 9 janvier 2019
(2). Les Echos du 24 janvier 2019

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