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Publié le 05/12/2017 - Par la rédaction

Gala des Achats : l'intelligence artificielle, d’accord, mais l’humain d’abord !

Vous voulez attirez le chaland ? Vous mettez un peu de digital au menu et une pincée d’intelligence artificielle ! Pour sa 6e édition, le Gala des Achats ne s’est pas privé. Et ça a parfaitement fonctionné. Lundi 4 décembre, en plein bois de Boulogne (Pavillon Royal), plus de 120 directeurs achats ont abondé au thème de cette soirée networking de fin d’année animée par son initiateur, Marc Dumas.

Avec Marc Dumas, tout va très vite ! A peine arrivés, coupe de Champagne à la main, et déjà assis autour de tables sponsorisées (SAPAriba, Brita, Office Dépôt, Silvera, Atalian, Regus, American Express, Descours & Cabaud, Exela Technologies, Charleston, Neoditel, Valdelia), voilà les directeurs/trices achats (écriture inclusive, forcément) invités à se prononcer sur les tendances de l’année 2018.

Ecouter jusqu’aux fournisseurs

Avec son talent habituel, et tout ce lien qu’il met dans ce qu’il dit, Thierry Bellon, qui préside aussi le club Planète Sourcing soutenant l’évènement, nous embarque (Air France !) avec quelques mots bien vus sur l’attention que les achats doivent apporter aux autres et à leur environnement. Une bienveillance qui devra s’exercer jusqu’aux fournisseurs. Car les entreprises devront mobiliser bien au-delà d’elles-mêmes. C’est ce que cela veut dire. L’orateur se fait sentencieux : « Le monde change ! ». Nul besoin a priori d’étayer pour que chacun comprenne. Un nouvel ordre mondial s’installe. Le transfrontière gagne. De nouveaux leaders s’imposent. Les technologies bouleversent les habitudes. Toute entreprise voit son champ concurrentiel s’affoler.  Plus personne n’est à l’abri. Ils sont deux sur scène pour cette entrée en matière. Pierre-Alexandre Goulmot, président, lui, du club Managers Achats, club jumeau du premier pour couvrir tout le champ des profils achats, lui fait écho (NRJ !). Il entonne le même chant (du départ) et répond au thème de la soirée : à l’heure du digital et de l’intelligence artificielle partout, comment les achats vont-ils s’adapter ? Le deuxième intervenant pousse la note très haut : « L’acheteur (sévèrement) « algorithmé » sera-t-il synonyme d’effacement ou de dépassement ? » s’interroge-t-il ? Jamais aussi bien pourvus d’outils, les mêmes qui profitent à l’ensemble des fonctions de l’entreprise, les achats devront sans doute eux aussi résister au «déterminisme technologique » (joli !), à cette masse de données qui s’abat sur l’entreprise, qu’il convient de collecter, de trier et qui pour certains vise plus à transformer les acheteurs en champions du reporting en chambre (d’écho) avec le risque de les détourner du terrain, de l’écoute de leur environnement, de l’innovation des fournisseurs, de la recherche de valeur ajoutée plus que d’économies.

Troisième présidente d’association (ADRA) de la soirée à s’exprimer, Sylvie Noël nous assure (Covea !) que les achats restent plus que jamais attentifs aux autres. Des hommes, des femmes, tous et toutes, portés à une empathie naturelle avec leurs correspondants, qu’ils soient à l’intérieur de l’entreprise ou à l’extérieur. Ne pas en douter surtout. Mais elle confirme que les contraintes réglementaires (voir La Lettre des Achats n°266 – décembre 2017 « Les donneurs d’ordres sous pression ») pèsent sur les organisations achats. « Nous ne pourrons pas tout faire » dit-elle en substance. Toutes les parties prenantes de l’entreprise devront en prendre leur part et partager les informations collectées. Autre question posée : et pourquoi ne pas partager tous ces efforts avec d’autres entreprises ? La logique de plateformes, l’intelligence artificielle et ses promesses (beaucoup d’effets d’annonces mais peu de réalisations encore) pourraient favoriser l’émergence de nouvelles formes d’externalisation...

Désengagement du répétitif

La nouvelle directrice des achats groupe de Faurecia, Nathalie Saint-Martin, pour sa première apparition publique, marque, elle aussi, les esprits : l’équipementier automobile a de grandes ambitions de croissance, à la mesure des révolutions qui s’amorcent dans l’industrie du véhicule, et le digital devrait précisément aider à aller plus loin dans l’automatisation des processus et le désengagement du répétitif ! Chez Siemens, Olivier Gourmelon, directeur des achats France, veut susciter des leaders digitaux aux achats. Entourés de geeks (diable !), il leur lance un défi : « Etonnez-moi ! ». De nouveaux outils, du prototypage d’intelligence artificielle, on peut faire !  De la technologie à grande vitesse (TGV !). Christophe Sassolas, directeur des achats de Total (voir interview dans La Lettre des Achats 265 – novembre 2017) remet un peu de carburant dans le débat : «  Le big data et les algorithmes apprenants seront une formidable opportunité de rendre du temps : du temps aux acheteurs mais aussi aux fournisseurs, […], du temps pour mieux collaborer et mieux innover ensemble. ». Qui pouvait s’attendre à voir les grands méchants loups (les acheteurs) ainsi transformés en agneaux, apôtres du collaboratif ? L’heure est grave sinon tardive. Les connaisseurs apprécieront ceux qui professent de longue date qu’il n’est pas d’achats optimisés sans coopération. La nouveauté, outre la pression du changement, c’est que la technologie est porteuse de cette nouvelle donne. Des données abondantes, partageables dans des organisations « désilotées ». Quelqu’un a dû suggérer ce néologisme.

Autre grand donneur d’ordres, autres certitudes qui s’interrogent : Renault-Nissan (et Mitsubishi !). David Chemla (Manager des stratégies partenaires) exprime très bien le doute (relatif) qui doit saisir les grandes organisations. Il faut faire toujours plus d’innovation, de la valeur ajoutée. Chez un constructeur automobile, la stratégie achats, « c’est forcément sur des rails… » (sic) mais dans un monde qui bouge, il faut savoir aussi aller chercher… de l’inspiration. Ailleurs… L’ouverture en quelque sorte. A condition de se libérer (un peu). Côté secteur public, au ministère des Armées, Jean Bouverot, RMA, qui lui aussi pousse ses troupes à l’innovation, pose l’équation : digitalisation égale simplification. Chez France Télévision, Olivier Debargues nous montre une image en deux dimensions : l’évolution des médias vers une consommation non linéaire (par opposition à une diffusion à horaires fixes) va pousser tout un secteur à réfléchir à de nouvelles formes de coopération où déjà des plateformes multimédia poussent leurs pions. Les achats accompagnent forcément ces mutations. Retour dans le dur, dans l’industrie : Béatriz Mendes (ex GE), désormais directrice des achats d’Arkema revient à quelques fondamentaux : pour son organisation, la digitalisation est un enjeu pour pousser les processus, mesurer la « compliance ». Mais dans une organisation mondiale, tout ne va pas de soi. Il faut aussi parler de digitalisation à deux vitesses. La diversité culturelle a de beaux jours devant elle. Le mot de la fin revient à Philippe Emprin (groupe Lucien Barrière) : le digital signifie-t-il la fin des achats ? Non ! Et pas davantage des hommes et des femmes qui y travaillent. Le principe est acquis : moins de temps passé dans les tâches à faible valeur, plus de contribution à la valeur. L’intelligence des situations nous appartiendra encore quelques temps. Au moins jusqu’au prochain Gala des Achats…

Publié le 05/12/2017 - Par la rédaction

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